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Site dédié à l'art chorégraphique.
 
 
Dans ces pages se trouvent quelques textes critiques
et l'analyse de certains spectacles, récents ou plus anciens,
que Jean-Marie Gourreau, journaliste spécialisé
dans l'art de Terpsichore depuis plus de 35 ans
a souhaité faire partager à ses lecteurs
.
Ils sont parfois accompagnés de photos du spectacle analysé,
réalisées en répétition, voire parfois, au cours de l'une des
représentations
.
Dans un autre volet de ce site
sont analysés les derniers ouvrages ou évènements sur la danse.
  • François Veyrunes / Résonance / L'arbre qui cache la forêt

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    Photos J.M. Gourreau

    François Veyrunes :

    L’arbre qui cache la forêt

     

    Veyrunes francois chatillon sous bagneux 31 01 22Résonance est un spectacle réellement fascinant, à priori aisément lisible par tout le monde et qui pourrait se dérouler entre ciel et mer au sein d’une roselière ou, même, dans la mer, à faible profondeur, au milieu d’un parterre de posidonies agitées par les vagues déchaînées d’une tempête, les algues ou les roseaux ayant pris l’apparence d’êtres humains. L’on ne se lasse pas en effet de contempler les images aussi diverses que variées que nous offrent ces êtres végétaux qui ont pris une apparence humaine et qui ploient leur tiges, ondulent de tous leurs appendices, se contorsionnent, s’enlacent, s’étreignent, s’entrecroisent, se tordent, se nouent puis se relâchent indéfiniment, tantôt dans une harmonie la plus parfaite, tantôt dans une lutte qui n’aurait d’issue que la mort. Tout se passe au ralenti, comme pour mettre en valeur la fantastique puissance de la nature, la force destructrice des éléments déchaînés, et nous permettre d’analyser, de décortiquer les mécanismes capables de ronger, voire de détruire progressivement tout notre univers ou, au contraire, de montrer que les algues, les roseaux, les lianes, les arbres peuvent, eux aussi, vivre en communauté, voire en symbiose avec d’autres êtres vivants. Les circonvolutions dont ils font preuve sont d’une sophistication rare mais aussi d’une beauté surnaturelle, et tout l’art de François Veyrunes est d’avoir su les traduire par des lignes d’une magnificence inégalée. Il faut bien avouer que bien peu de danseurs possèdent les aptitudes nécessaires pour sublimer une telle chorégraphie truffée de portés acrobatiques, d’enlacements serpentesques et de difficultés techniques tant en l’air qu’au sol, enchaînées dans un aussi court laps de temps. Mais l’éclectisme de ses interprètes est remarquable et chacun des sept artistes de la compagnie, danseur, rappeur, hip-hoppeur, acrobate ou circassien, excelle dans sa spécialité. Il n’en est cependant pas moins fort habile d’avoir pu mettre tout ce petit monde à l’unisson, et c’est davantage cette prouesse artistique qui a retenu l’attention de la plupart des spectateurs, lesquels n’ont pu qu’entrer en communion avec cet univers, le nôtre, trop souvent malmené.

     

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    Mais voilà : était-ce vraiment le message qu’avait souhaité délivrer le chorégraphe dans ce second volet de sa trilogie Humain trop humain, lequel a débuté avec Outrenoir en 2019 et qui s’achèvera avec Emergence, sans doute en 2024 ? Lorsqu’on l’interroge sur la signification du titre de son œuvre, François Veyrunes nous répond s’être mis en relation avec le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa dont la pensée met en son centre les concepts d’accélération de notre rythme de vie et de résonance, une façon de se connecter au monde en se débranchant de ce qui nous éloigne. « Cataclysmes et tragédies s’enchaînent comme s’enfilent les perles sur un collier depuis l’aube de l’humanité, nous rappelle le chorégraphe, et les relations hiérarchiques implicites entre les hommes et la Nature sont des positions de surplomb. Le fait de vouloir tout atteindre, tout maîtriser, tout exploiter est révélateur d’un besoin inextinguible de la toute puissance de l’Homme, artisan de sa propre destruction ». C’est donc en tant que témoin des turpitudes de ce monde que François Veyrunes, amoureux de toute forme de vie et des beautés d’une nature qui a mis des millions d’années pour se construire, tente de nous faire saisir la manière dont nous la détruisons, certes aussi lentement que sûrement, en portant son attention sur ses causes plutôt que sur ses effets, ce sous les injonctions musicales de François Veyrunes et d’Arvo Pärt.

    J.M. Gourreau

    Résonance / François Veyrunes, Châtillon-sous Bagneux, 31 janvier 2022, dans le cadre du festival Faits d’Hiver.

  • John Neumeier / Le Bourgeois gentilhomme / Ode à la jeunesse et à l’amitié entre les peuples

     

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    John Neumeier et le Bundesjugendballett :

     

    Ode à la jeunesse et à l’amitié entre les peuples

     

    John neumeier c kiran westIls sont jeunes, débordent de joie de vivre et ont un enthousiasme communicatif…  Et, surtout, ils ont la chance et l’immense honneur d’avoir été sélectionnés par l’un des plus grands chorégraphes de notre temps, John Neumeier, afin de pouvoir porter sa dernière création, Der Burger als Edelmann (Le Bourgeois gentilhomme) à travers toute l’Europe. Ils sont 6 sur scène devant un parterre de 80 musiciens, ceux du Bundesjugendorchester allemand et de l’Orchestre Français des jeunes, placés sous la direction du chef britannique Alexander Shelley. A l’origine, ils devaient être 8, mais la Covid en a décidé autrement. Ce ballet est le 170è créé par le célèbre chorégraphe américain qui, à 82 ans, assume toujours la direction du Ballet de Hambourg ! Et, par la même occasion, celle de ce Bundesjugendballett qu’il a pris sous son aile… Créé en 2011, cet ensemble se voulait le chaînon manquant entre les jeunes danseurs en fin d’études, peaufinant leur apprentissage, et ceux, professionnels, venant d’être nouvellement engagés dans une compagnie. « Ces deux années au sein de ce "jeune ballet" leur permettent de devenir des artistes accomplis et d’acquérir l’expérience de la scène », nous explique Neumeier. Et celui-ci de poursuivre : « S’ils travaillent avec de jeunes chorégraphes ou avec moi-même, ils peuvent aussi s’essayer eux-mêmes à l’écriture chorégraphique ». Ce qu’ils se sont d’ailleurs empressés de faire avec leur création sur le Concerto pour piano, violon et violoncelle en la mineur de Maurice Ravel, adapté pour orchestre par Yan Pascal Tortelier, création qui clôturait la soirée. L’idée sous-jacente du chorégraphe était également que ces jeunes puissent aller porter l’art de Terpsichore dans tous les lieux, quels qu’ils soient, et pas seulement dans les théâtres, mais aussi dans les écoles, les maisons de retraite, voire les prisons, de toucher tous les milieux, toutes les classes sociales, toutes les catégories de gens car, pour le chorégraphe, la danse est le moyen de communication le plus direct.

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    Photos Silvano Ballone & Stephan Rabold

     C’est dans le cadre de cette soirée franco-allemande commémorant la signature du traité fondamental de Maastricht que Neumeier a créé cette œuvre sur le Bourgeois gentilhomme de Molière et la musique joyeuse et pleine d’humour de Richard Strauss. Dans cette pièce, Molière se moque d'un riche bourgeois qui veut imiter le comportement et le genre de vie des nobles. Ce spectacle fut très apprécié par Louis XIV qui l'imposa à ses courtisans, plutôt hostiles. Il est l'exemple parfait de la comédie-ballet et reste l'un des seuls chefs-d'œuvre de ce noble genre qui ait mobilisé les meilleurs comédiens et musiciens de son temps. Une anecdote au passage : c’est au second acte de cette comédie-ballet que Monsieur Jourdain s’exclame, au cours d’un échange avec son maître de philosophie : « Par ma foi, il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela… » Si Neumeier n’en a qu’incomplètement respecté l’intrigue, il n’en a pas moins élaboré une suite de duos, trios, quintettes et sextuors pleins d’allant et d’entrain, truffés de difficultés techniques qui reflètent bien les sentiments poétiques et musicaux qui animaient à l’origine les protagonistes de l’œuvre, lesquels traduisent parfaitement l’atmosphère de l’époque. On y retrouve bien sûr avec beaucoup de bonheur la griffe du chorégraphe, sa rigueur, sa musicalité, son art de la construction et ses enchaînements chorégraphiques.

    Le Concerto pour piano, violon et violoncelle en la mineur de Maurice Ravel créé et interprété par les danseurs du Bundesjugendballett est une œuvre certes moins intéressante, d’une facture moins sophistiquée mais pleine de joie de vivre, d’entrain et d’allant, au travers de laquelle on peut tout de même retrouver la griffe de Neumeier. Mais l’œuvre manque un peu d’homogénéité. A noter que ces deux ballets étaient entrecoupés par deux pièces orchestrales, La Valse de Maurice Ravel et Les joyeuses facéties de Till l’espiègle de Richard Strauss, toutes deux interprétées avec beaucoup de brio par le Bundesjugendorchester allemand et l’Orchestre Français des jeunes.

    J.M. Gourreau

    Le bourgeois gentilhomme  / J. Neumeier, La Scène musicale, Boulogne, 20 janvier 2022, dans le cadre de Danse Musique Europe 2022.

  • Philippe Lafeuille / Car/men / Serions-nous tous des Carmen ?

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    Car/men :

    Serions-nous tous des Carmen ?

     

    Lafeuille philippeFacétieux et farfelu il est, facétieux et farfelu, il demeure… Il le restera sans doute à jamais ! Et c’est tant mieux car c’est comme cela qu’on l’aime ! Philippe Lafeuille et ses Chicos Mambo ne sont pas inconnus du public parisien. Souvenez-vous : c’était il y a très exactement 7 ans… Il présentait à Bobino Tutu*, une parodie sur la danse dans toute sa diversité, totalement déjantée, tant et si bien que ceux qui ont eu l’heur de la goûter s’en souviennent encore… s’ils ne sont pas morts entre temps d’en avoir trop ri ! Eh bien, notre amuseur public récidive cette année avec un spectacle sur Carmen, l’opéra sans doute le plus joué au monde. Mais cette fois, Philippe Lafeuille ne pouvait bien sûr pas se contenter de mettre en scène ses huit danseurs, masculins s’entend, chacun proposant une facette différente de la célèbre héroïne espagnole de Georges Bizet : il se sentit en effet - avec juste raison d’ailleurs - dans l’obligation d’adjoindre à sa troupe, sans doute pour ne pas subir les foudres de Bizet ou de Mérimée, un chanteur - l’extraordinaire Rémi Torrado en l'occurrence - et non une cantatrice, qui, là encore, n’était pas le vibrant reflet de Don José, mais celui de Carmen !  

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    Photos Michel Cavalca

    Bref, vous l’aurez compris, c’est une analyse en bonne et due forme de toutes les qualités et, surtout, des moult travers et défauts de cette enjôleuse bohémienne, femme aussi ivre de liberté que rebelle, qu’il nous distille depuis sa boîte de Pandore avec, bien évidemment, beaucoup de finesse, de perspicacité et d’humour, le tout truffé d’allusions coquines… Nul n’ignore en effet la destinée tragique de cette fière séductrice sévillane aux pieds nus, représentation iconique de la féminité, dont le sort se règlera dans le sang. Lafeuille a cependant brouillé les pistes en se départissant de l’histoire originelle aux fins de matérialiser les images qui ont traversé son esprit lors de la création quasi-instinctive de l’œuvre. Bien sûr, on va retrouver l’atmosphère qui régnait au milieu du 19è siècle à Séville, bien sûr, on va retrouver la manufacture de cigares et ses cigarières, bien sûr, on va aussi retrouver les espagnolades au travers desquelles l’Espagne est décrite sous un jour pittoresque, sans doute assez loin de la réalité d’ailleurs… Mais on va surtout découvrir les différents aspects de la personnalité de cette roturière sans scrupules ni états d’âme, ainsi que son animalité qui, à bien y réfléchir, se retrouvent également chez l’Homme, et qui nous sont ici présentés sous un jour qui nous fait bien rire, comme si nous-mêmes n’étions pas concernés… Belle leçon de morale en vérité !

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    Mais, tout comme Mérimée, Philippe Lafeuille était aussi animé par la volonté de plonger le spectateur dans une ambiance exotique, le ramenant en un lieu et à une époque donnés, ce, grâce à des images pittoresques qui font revivre, avec beaucoup d’humour, les aventures de ce personnage bien typé. Un voyage fantasmagorique, au sein duquel on peut d’ailleurs retrouver l’univers chorégraphique de Tutu A ce titre, je me dois de souligner l’harmonie des lignes et la splendeur des couleurs de la scénographie de Dominique Brunet sous les lumières de Dominique Mabileau, d’une sobriété digne d’éloges. Certaines de ces projections en vidéo sont en outre d’une beauté saisissante, telle la majestueuse représentation du taureau Apis qui nous rappelle, si besoin l’était, que Carmen était née sous le signe de l’Egypte. Voilà donc à nouveau une œuvre chargée d’une poésie aussi ineffable que l’émotion qui la sous-tend, et qui fait honneur à ses auteurs.

    J.M. Gourreau

    Car/men / Philippe Lafeuille et les « Chicos Mambo », Théâtre libre, Paris, du 15/12/21 au 30 janvier 2022.

    *Voir dans ces mêmes colonnes mon analyse critique lors de sa reprise parisienne, le 21décembre 2017.

  • François Gremaud / Giselle / Miniature pédagogique

    Giselle francois gremaud samantha van wissenGiselle f gremaud dorothee thebertGiselle francois gremaud samantha van wissen 03François Gremaud :

    Miniature pédagogique

     

    Giselle f gremaud 4Voilà une œuvre pour le moins surprenante. Vous pensiez sans doute assister à un"remake" de Giselle, apothéose du ballet romantique, condensé etcentré sur lepersonnage principal ? Eh bien non, avec ses trois points de suspension à la suite de son nom - qui laissent présager du fait que quelque chose est susceptible d’apparaître - ce n’est pas tant le ballet éponyme que vous allez voir, mais une pièce de théâtre, encore que la protagoniste du rôle, la danseuse et comédienne néerlandaise Samantha van Wissen, ancienne interprète de la compagnie Rosas d’Anne-Teresa de Keersmaker, esquissât quelques pas de danse tout au long du spectacle. Normal, me direz-vous pour une adepte de l’art de Terpsichore qui va tout de même évoquer et incarner - à sa façon, il est vrai - la célèbre muse de Théophile Gautier… En fait, c’est plus exactement une explication, non pas de texte mais de ballet, une analyse approfondie et raisonnée de l’œuvre de Théophile Gautier, de Jean Coralli et de Jules Perrot que nous livre l’auteur et metteur en scène suisse François Gremaud, lequel s’est acoquiné pour un temps à Samantha van Wissen. Mais rassurez-vous, vous ne serez pas déçus car, d’une part, cette paraphrase pleine de malice est très fidèle à l’œuvre originale et, d’autre part, elle est accompagnée par une magistrale relecture musicale de la partition d’Adolphe Adam par Luca Antignani, lequel l’a recomposée pour quatre instrumentistes de grand talent, une violoniste (Léa Al-Saghir), une harpiste (Tjasha Gafner), une flûtiste (Héléna Macherel) et une saxophoniste (Sara Zazo Romero), placées en arc de cercle en fond de scène. Un véritable bijou musical ! Et ce que vous allez découvrir par la pantomime, même si cela peut paraître un peu parodique, voire loufoque du fait du langage très libre mais surtout très éloquent de François et de Samantha*, ce sont les dessous de cette tragédie d’un romantisme exacerbé, son histoire, sa structure, ses avatars, son appropriation par les différentes interprètes du rôle au cours du temps. Et, surtout, vous allez pouvoir ressentir, au travers de la personnalité de Giselle et des conséquences d’un amour impossible « l’ineffable de l’émotion » qui saisit le spectateur lorsqu’il a l’heur de contempler sa prestation…

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    Au début du spectacle, vous vous demandez bien la raison de l’apparition sur scène de cette "présentatrice" en verve, agitée comme une petite souris et qui vous narre avec force gestes l’histoire du ballet. Et puis, petit à petit, vous comprenez très vite qu’elle a endossé le costume de son héroïne, et vous vous laissez embarquer dans les méandres de ce conte de fées romantique à souhait. En fait, toutes les phrases et paroles qui s’envolent joyeusement d’entre ses lèvres ne sont que suggestions qui vous ouvrent les portes d’un monde fantasmagorique duquel il vous seradifficile de vous extirper. De plus, ces textes explicatifs sont toujours très imagés et souvent d’une drôlerie irrésistible. Je n’en veux pour seul exemple que ce passage narrant l’entrée, au 1er acte, du garde-chasse Hilarion, bien sûr en joignant le geste à la parole: " Oui, il marche comme ça, orteils-talon, orteils-talon : c’est très délicat, et nous faisons pareil puisque nous ne savons pas encore où nous mettons les pieds. "Voilà qui présage bien de la suite. Et tout à l’avenant… 

    Voilà donc une conférence dansée qui nous embarque dans un voyage romantique plein de fougue, de lyrisme, de drôlerie et de gaieté, lequel vient à point nous apporter, en cette période due à la COVID, un soupçon de rêve et de réconfort.

    J.M. Gourreau

    Giselle… / François Gremaud et sa complice Samantha van Wissen, Théâtre des Abbesses, du 11 au 30 décembre 2021, dans le cadre du Festival d’automne à Paris.

    *Un petit livret de 75 pages intitulé "Giselle" de François Gremaud, d’après Théophile Gautier et Henri de Saint-Georges est remis à chaque spectateur à son entrée dans la salle de spectacles. Il contient l’intégralité du texte déclamé sur scène par Samantha van Wissen au cours de la soirée.

  • Danser hip hop / Rosita Boisseau / Laurent Philippe

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    Danser hip hoppar Rosita Boisseau & Laurent Philippe, 144 pages, 130 photos en couleurs, 23x 30 cm, broché, Nouvelles éditions Scala, Paris, novembre 2021, 29 €.

    ISBN : 978-2-35988-265-0.

    Voilà un ouvrage qui attire l’œil, tant par son titre que par la beauté de sa couverture : Ne l’ouvrez surtout pas, vous risqueriez de ne jamais le refermer,  tant font rêver les photographies qui l’illustrent ! Or, s’il existe déjà plusieurs écrits sur cette discipline, le hip-hop est encore et toujours en constante évolution, et son histoire se complète tous les jours : parti de la rue en 1983, il a investi aussi bien la télévision, le cinéma que les théâtres, au point que, dans certains d’entre eux, il soit devenu prédominant. Il sera inscrit d’ailleurs comme discipline à part entière aux J.O. de 2024, au même titre que les épreuves sportives. C’est l’histoire de ce mouvement, né au début des années 1980 et qui, petit à petit, a conquis notre pays, soutenu par les pouvoirs publics, que Rosita Boisseau, critique de danse, journaliste au Monde et à Télérama, a cherché à nous faire partager en retraçant, en cinq chapitres, le parcours de quelques uns des artistes qui ont contribué à son développement en France : des précurseurs comme Frank II Louise, Hamid Ben Mahi, Corinne Lanselle, Christine Coudun, Amala Dianor ou les Pockemon Crew, et les suiveurs actuels, Farid Berki, Kader Attou, Fouad Boussouf, Jann Gallois, Anne Nguyen, Sébastien Lefrançois, Khalil , Bboy junior, Ousmane Sy, R.A.F. Crew, Soria Rem, Anthony Égéa , sans oublier Mourad Merzouki, pour ne citer que les plus célèbres…

     

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    Les compositeurs, musiciens et DJ, sans lesquels toutes ces danses, d’une extrême diversité, break, rap , smurf, graf, waacking, locking, popping, voguing, krump, electric boogie… et ces battles sont emportés par les musiques funk, soul, disco, rap et RnB, ne sont pas en reste non plus dans cet ouvrage, tant la musique a son importance dans ces spectacles. Bref, un travail aussi précis que concis, qui n’est pas sans oublier l’influence de ces danses sur la mode et qui ouvre la porte sur un monde qui ne pourra que se développer dans les années futures.

    J.M.G.