Agnès Limbos / Conversations avec un jeune homme / Patchwork surréaliste

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                                                                                                 Photos J.M. Gourreau

Agnès Limbos :

 

Collage surréaliste

 

Etrange, mystérieux mais fascinant : voilà, en trois mots, ce qui ressort de la dernière œuvre d’Agnès Limbos, Conversation avec un jeune homme, qui a vu le jour le 26 décembre dernier au Théâtre National de Bruxelles, avant d’être présentée à Paris. Bien qu’ayant fondé sa compagnie en 1984, cette artiste n’est pas connue des ballétomanes, et pour cause : c’est la première fois qu’elle se frotte à cet univers, son domaine étant plutôt celui de la marionnette et du théâtre d’objets… Mais, il faut le clamer haut et fort, cette approche est une réussite totale.

L’intrusion de la danse dans son univers n’est peut-être pas le fait d’un simple hasard mais plutôt de sa rencontre avec Nicole Mossoux avec laquelle elle a collaboré pour son spectacle Dégage, inspiré du célèbre conte d’Andersen, Le vilain petit canard. Dans cette nouvelle pièce, on retrouve encore des éléments de nombreux contes, Bambi, Blanche-Neige, La Belle au bois dormant, le loup du Petit Chaperon rouge, entre autres. Mais Agnès ne raconte pas d’histoire. Tout au plus certains éléments sont-ils juxtaposés comme ceux d’un collage surréaliste au sein duquel on détecte la griffe, ô combien reconnaissable, de Nicole Mossoux. Ces deux artistes ont en effet en commun le goût de l’étrange, du surnaturel, de la féerie, de la tragédie… le tout enveloppé d’un zeste de poésie, de symbolisme et de philosophie. La naissance, la vie et la mort sont bien évidemment au centre de leurs préoccupations mais, ce qui les différencie, c’est peut-être le ton léger et l’utilisation plus marquée de la dérision, apanages d’Agnès Limbos.

Cette Conversation avec un jeune homme met en scène deux personnages, une vieille dame bien-comme-il-faut mais versée dans l’ésotérisme, les sciences occultes et le paranormal, et un fringant jeune homme incarnant la jeunesse, son insouciance, son ivresse de liberté mais aussi sa fragilité. De leur rencontre naîtront des scènes troubles, cocasses, surprenantes, inattendues, émaillées de rencontres animales, celle du loup dans la forêt profonde, avide de chair fraîche ou celle du corbeau, image de la mort, tout comme l’avait utilisé Robert Rauschenberg dans la pièce de Cunningham, Canyon, en 1959. La danse, quant à elle, est signée Lise Vachon et précisément dévolue à ce fringant jeune homme, Samy Caffonnette, qui a, entre autres, offert une magnifique prestation chorégraphique dans le plus pur classicisme, en se faufilant dans la peau d’un Bambi plein de fougue et de joie.

Un patchwork qui édifie donc un fort bel univers mais qui, disons-le, s'avère bien trop court, ne rassasiant pas le spectateur, et qui, de ce fait, gagnerait sans nul doute à être rallongé d'une petite dizaine de minutes…

J.M. Gourreau

 

Conversation avec un jeune homme /  Agnès Limbos, Centre Wallonie–Bruxelles, Jusqu’au 14 Janvier 2012.

limbos-a-conversation-avec-un-jeune-homme-20-centre-wallonie-bruxelles-janv-2012.jpglimbos-a-conversation-avec-un-jeune-homme-16-centre-wallonie-bruxelles-janv-2012.jpgProchaines représentations : Pantin, Théâtre au Fil de l’eau, du 17 au 22 Janvier 2012.

Agnès Limbos / Conversations avec un jeune homme / Centre Wallonie-Bruxelles / Janvier 2012

Commentaires (1)

1. Patrick Beckers 16/01/2012

Un pur bijoux...

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