Analyse de livres

Les danses de la culture hip-hop / Milady Lubrano / L’Harmattan éditions / Avril 2018

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Les danses de la culture hip-hop,

par Milady Lubrano, 290 pages, 19 illustrations en N. & B., Broché, 13,5 x 21, 4 cm, Coll. L’univers de la danse, L’Harmattan éd., Paris, Avril 2018, 29 €

ISBN : 978-2-343-14438-2.

Contrairement à des idées reçues et bien établies, le hip-hop n’est pas une danse mais une culture contestataire alternative à la violence, qui se sert, dans sa lutte contre l’oppression, des arts à des fins sociales, arts nés dans les rues des ghettos du Bronx aux Etats-Unis. D’où le titre de cet ouvrage qui propose d’expliciter les liens qui existent entre danses et culture hip-hop, qu’il s’agisse du rap (chant), du dessin (graffiti), de la musique (DJing) ou de la danse (B-boying). Dans un premier temps, l’auteure dresse donc un portrait de cette culture, de son origine et de son évolution pour, dans un second temps, évoquer l’éventail, la richesse, les diverses facettes et particularités des danses qui en découlent afin de déterminer les relations qui existent entre les différents arts composant cette culture.

Née dans les années 1970-1980, la culture hip-hop s’avère très vite un moyen - un défi même - de rassembler et de faire cohabiter des individus d’origines différentes, jamaïcaine, africaine, hispanique et américaine, à une époque où l’on sortait de l’esclavage, de la ségrégation et de la peur de l’autre, afin de construire quelque chose ensemble dans la tolérance, la paix et le respect de ses proches. Issue du charleston, la première danse du hip-hop, "le B-boying", fut adoptée dès 1975 par les jeunes qui n’avaient pas l’âge requis pour entrer dans les clubs. Né de l’observation du quotidien et basé sur le rituel du conflit et la compétition, un dialogue riche et varié s’est progressivement établi entre les danseurs, lesquls éprouvaient le besoin d’une confrontation avec le public et les medias pour pouvoir se diversifier et évoluer vers d’autres univers, le "locking" et le "popping".

Aujourd’hui, aussi bien les danses que les autres arts de la culture hip-hop sont devenus universels. Dans cet ouvrage, Milady Lubrano nous en fait découvrir toutes les facettes, les faits marquants de leur histoire, leur richesse, leurs particularités et leurs codes, nous permettant d’entrevoir les liens qui se sont petit à petit tissés entre eux.

J.M.G.

 

Dansez ! Le corps, livre de connaissance / Poumi Lescaut / Editions Accarias - L’Originel / Octobre 2017

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Dansez ! Le corps, livre de connaissance,

par Poumi Lescaut, préface de Patrice van Eersel, 360 pages, 42 photos et illustrations en N. & B., 13,5 x 21 cm, broché, éditions Accarias - L’Originel, Paris, Octobre 2017, 23 €.

ISBN : 978-2-86316-293-4.

Cet ouvrage est l’aboutissement et la synthèse de près de 50 ans de recherches sur le volet particulier de l’art chorégraphique, où la danse intègre la spiritualité et certaines disciplines orientales comme le yoga, lequel se révèle comme un moyen de maintenir le corps et l’esprit en un état de perpétuelle jeunesse. C'est aussi une forme de thérapie et d'outil d'évolution, ainsi qu’un moyen de découvrir les autres d'une autre façon, et de vivre en harmonie avec la nature vue ici comme un maître. Ex-danseuse du ballet du XXème siècle de Maurice Béjart, chorégraphe, peintre, chanteuse et écrivain, Poumi Lescaut a passé une partie de son existence en Inde - sa seconde patrie - auprès des plus grands maîtres du siècle dernier, notamment de Yogi Bhajan qui lui a enseigné les secrets du Kundalini Yoga, technique millénaire qui est, entre autres, à la base de l’enseignement qu’elle distille à ses élèves aujourd’hui. En effet, cette artiste, après avoir exploré diverses formes de danse, mais surtout la danse classique puis le contemporain, c'est produite sur de grandes scènes jusqu'aux lieux les plus originaux,  ou encore dans les temples de l’Inde les plus anciens. A ce jour, elle se consacre encore et toujours à transmettre ses connaissances et à partager son expérience.

Pour elle, danser, chorégraphier, créer, c’est aller à la rencontre de l'être par le corps et l'esprit reliés (sans oublier la dimension cosmique) alors que les perturbations de la vie quotidienne empêchent d'en prendre conscience. C'est aussi et surtout exprimer ce que le corps sait mais que l’intellect ignore. Pour elle, la danse doit permettre au-delà des limites du corps physique, de transmuter les maux qui sont en lui pour l'en libérer, le transformer, en déployer l’énergie, l’intelligence, la liberté, vers l’unité. Elle nous raconte aussi la danse chamanique d’exorcisme. Au fil des pages, elle nous explique avec passion les mécanismes qui font que la danse nous touche ; elle nous livre les moyens de donner du sens au geste ou au mouvement, de la faire vibrer de poésie et de mystère, de la charger d’énergie, permettant au corps de l’habiter, d’en écouter les messages et par là « de retrouver le chemin de l’intuition qui précède la connaissance ». Ce travail dresse un pont entre les pensées orientale et occidentale, « reliant de ce fait la raison et l’intuition, le corps et l’esprit, le visible et l’invisible, la Terre et le Ciel ».

Un travail fourmillant d’images, d’histoires, une pédagogie toute de sensibilité, démontrant que « la danse est un chant de l’être en fusion avec l’infini ».

J.M.G.

Perrine Valli L'E féminin du mot sexe, Riveneuve éd., Paris

 

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Perrine Valli, L’E féminin du mot sexe,

par Perrine Valli , P. Verrièle, M. Bertholet , R. Boisseau, A. Davier, C. Demierre, G. Degeorges, J. Piris, C. Martin  et B. Tappolet, 174 pages, 8 photos en couleurs et 19 en N. & B., 17 x 22,5 cm, broché, Riveneuve éd., Paris, Coll. L’Univers d’un chorégraphe, Novembre 2017, 22 €.

ISBN : 9-782360-134601.

« Je pense comme une fille enlève sa robe. C’est-à-dire que je me dénude. J’enlève la protection pour trouver quelque chose de vrai. Pas la vérité mais une vérité. Ou, encore, ma vérité. Chorégraphier, c’est signer. C’est affirmer la sienne ». Dans cet ouvrage, qui évoque la démarche de cette jeune chorégraphe, essentiellement au travers de quatre œuvres, Je pense comme une fille enlève sa robe (2009), Si, dans cette chambre, un ami attend (2012), Une femme au soleil (2015) et La danse du Tutuguri (2016), Perrine Valli ainsi que les neuf auteurs qui ont participé à ce livre ont tenté chacun à sa manière d’expliciter le non-dit, à révéler la face cachée des choses, à la compléter par le verbe. Car sa démarche et son discours, inspirés par les univers de Bataille, Deleuze, Artaud et ceux de Balthus, Warhol et Hopper… est tourné, au moins pour certaines de ses pièces, vers l’érotisme au féminin, voire la prostitution mais aussi le désir, la séduction, l’amour, la mort. Toutefois, rien n’est réellement dit, tout n’est que sous-jacent. Ces analyses et réflexions sont bien évidemment complétées par une biographie de l’artiste, la liste de ses œuvres, ainsi que par des observations et notes personnelles sur son travail. « Il s’agit d’une lecture sexuée du monde, assumant ce qu’un regard féminin pourra y voir au-delà de l’immémoriale censure de la tradition masculine ».

J.M.G.

Paris danses d’auteurs, Les 20 ans du festival Faits, d’hiver / coéd. Scala-Micadanses

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Paris danses d’auteurs, Les 20 ans du festival Faits, d’hiver,

Collectif (27 auteurs), 160 pages, 92 photos en couleurs et 17 en N & B, broché, 23 x 30 cm, coéditions Nouvelles éditions Scala & Micadanses, Paris, Novembre 2017, 25 €.

ISBN : 978-2-35988-198-1

Les vingt ans d’un festival, en l’occurrence celui du Festival "Faits d’hiver", ça se fête ! Cet ouvrage magnifiquement illustré relate l’histoire de 26 soirées mémorables depuis la création par Christophe Martin de cette manifestation, laquelle a vu le jour en 1999. La quasi-totalité de la jeune danse en France (pas moins de 183 chorégraphes !) s’y est en effet produite, certains d’entre eux y ayant laissé des traces indélébiles, ce qu’évoquent les auteurs et photographes ayant participé à ce travail. Mais pas seulement. Au-delà de ces témoignages, on trouve en effet également dans ce livre des réflexions  sur la danse dans le temps, son évolution et son devenir, ainsi que l’engagement de ce festival à défendre une danse originale issue d’horizons très divers, au sein de laquelle on peut déceler les prémices de la danse de demain.

J.M.G.

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Chorégraphies, l’art d’écrire avec le corps / Chorok Talih / L'Harmattan

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Chorégraphies, l’art d’écrire avec le corps,

Par Chorok Talih, 198 pages, 10,5 X 21,5 cm, broché, éditions de L’Harmattan, collection L’univers de la danse, Paris, janvier 2018, 20 ,50 €.
ISBN : 978-2-343-13673-8.

Chorok Talih, professeur-animatrice de divers ateliers de mouvement corporel à Banyuls-sur-Mer, a découvert ce qu’elle appelle le « Mouvement authentique », c’est-à-dire le mouvement qui permet d’affiner ses perceptions sensorielles,  qui aide le corps à chercher du sens à la vie, à trouver les relations qu’il entretient avec elle, à redonner au corps son identité et sa valeur. Quel liens tisse-t-on avec son corps ? Quelles relations entretient-on avec la vie ? Comment redonner au corps toute sa valeur ? Comment fait-on vivre ce qui nous traverse, ce qui résonne à l’intérieur de nous et qui veut sortir ? Cet ouvrage contient la réponse à toutes ces questions. Vivre son corps. Trouver dans le mouvement quelque chose qui résonne en nous, qui nous anime, qui nous fait danser. Raconter une histoire, parler avec le corps, le dire autrement.

Cet ouvrage pédagogique est en fait un guide pratique pour animer un atelier de mouvement corporel au sein d’un groupe. Il propose une méthode simple d’exploration du corps et donne des outils pédagogiques permettant d’aborder la danse d’une manière plus large pour tenter de découvrir là où le mouvement prend vie. Ce manuel est constitué de trois parties indépendantes permettant d’acquérir une autonomie dans l’apprentissage du mouvement et un équilibre entre le cadre et la liberté. La première étape consiste à lâcher la connaissance, stopper les repères habituels. La seconde est l’acquisition de la connaissance par soi-même de ses propres sensations, et la troisième est la création d’un nouveau chemin de mouvement plus spontané qui conduira vers la liberté.

J.-M. G

Never stop moving / Peter Goss / Editions de l’Attribut / Mars 2018

Peter goss

Never stop moving (Toujours en mouvement),

par Peter Goss, avec la collaboration de Patrick Germain-Thomas, préface d’Emmanuel Carrère, 128 pages, 14 photos en N et B en un cahier central, 13,5 x 20,5 cm, éditions de l’Attribut, Toulouse, Collection Culture Danse, Mars 2018, 15,50 €.

ISBN : 978-2-916002-56-9.

Voilà l’histoire d’un grand chorégraphe-danseur doublée de celle d’un pédagogue hors pair qui évoque avec beaucoup d’humilité son parcours d’artiste et son besoin de transmettre aux autres le fruit de ses recherches sur le mouvement, lesquelles ont également nourri ses créations. Pour cet artiste en effet, la pédagogie a toujours fait partie intégrante de son quotidien et il a été l’un des créateurs du Cursus en danse contemporaine du département Danse du Conservatoire Supérieur de Musique et Danse de Paris (CNMSD), mis en place par Jacques Garnier au début des années 1990. Son enseignement, issu de la méthode Feldenkrais, de la technique Alexander et du Body Mind Centering, est complété par le Yoga et par des disciplines chinoises, telles que le Qi-gong et le Tai-chi.

Le début de l’ouvrage est consacré à son histoire qui débute à Johannesburg au temps de l’apartheid qu’il vit difficilement. Il reçoit un enseignement dans les milieux blancs issus de l’immigration juive mais parvient tout de même à fréquenter quelques musiciens noirs et danseurs de jazz. Son apprentissage de la danse débute à l’Ecole d’Audrey Turner puis, rapidement, il entre dans sa compagnie. Il la quitte en 1967, à l’âge de 20 ans, pour Londres, afin d’y poursuivre des études de droit au King’s College. Parallèlement à celles-ci, il suit les cours de danse de Molly Molloy. C’est là qu’il fait la rencontre de Richild Springer puis de Lester Wilson et gagne sa vie comme danseur de cabaret. Au début des années 1970, on le retrouve à Paris, donnant des cours de danse jazz au sein de l’Ecole de Paul et Yvonne Goubé, fréquentée par deux élèves qui vont devenir célèbres, Brigitte Lefèvre et Jacques Garnier. Sa carrière de danseur s’arrête au moment où commence celle de chorégraphe et de professeur. C’est sa conception de la danse et son travail au sein de sa compagnie qu’il développe au fil des pages qui suivent. Son parcours croisera de nombreuses figures de la danse du moment, qu’elle soit classique, jazz ou contemporaine, mais aussi de la culture hippie ou du showbiz. Sa première pièce, People, date de 1973. Sa compagnie, au sein de laquelle Dominique Bagouet notamment fera ses débuts de chorégraphe, sera créée dans la foulée. 22 pièces verront le jour entre 1973 et 1982.  Il ouvrira son école en 1981. Celle-ci fermera ses portes en 1994 et déménagera à Micadanses, lieu où ce pédagogue enseigne encore aujourd’hui.

J.M.G.

Le corps dansant / D. Rebaud / L'Harmattan éd. / Novembre 2017

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Le corps dansant, par Dominique Rebaud, Arnaud Sauer, Gérard Astor, Adel Habbassi, Rachida Triki, Farhat Othman, Elisa Moulineau et Amel El Fargi, 135 pages, 8 photos en couleurs et 1 en N et B, 21,4 x 13 cm, broché, éd. L’Harmattan, Paris, Coll. Les carnets d’Archipel Méditerranées, Novembre 2017, 13,50 €.

ISBN : 978-2-343-13355-3

Pour Dominique Rebaud, coordonnatrice de cet ouvrage, le corps dansant est partout : dans les pratiques sociales, dans la création contemporaine tant chorégraphique que théâtrale picturale ou musicale mais, surtout, dans la profondeur des temps, l’infini des espaces et des cultures. Cet ouvrage rassemble et met en résonance quelques textes et réflexions d’auteurs d’obédiences souvent très diverses mais qui tous prônent l’accueil et le respect de l’autre, la diversité des cultures, la liberté, la rencontre. Le premier texte est celui de Gérard Astor, écrivain et directeur du théâtre de Vitry/Seine, lequel évoque sa rencontre avec l’art de Terpsichore, son parcours et son aventure au sein de ce théâtre, entre autres autour de Blan-C de Dominique Rebaud qui juxtapose théâtre et danse. Lui succèdent un texte d’Adel Habbassi qui disserte sur ce que représentent la danse et le jeu dans le monde contemporain et un extrait de l’ouvrage Les chantiers de Lia Rodrigues d’Alain Sers publié en 2010 dans « Les Cahiers de Convergences ». Viennent ensuite quelques réflexions de Dominique Rebaud et d’Arnaud Sauer sur leur parcours chorégraphique, la compagnie Camargo, le développement de la danse participative et la création du solo Corps Singulier – Corps Commun puis du Festival « Danses Ouvertes » à Fontenay-aux-Roses. Ce travail se termine par quelques propos philosophiques sur l’art de Rochdi Belgasmi, la transgression artistique et la danse-possession dans le rituel de Sidi Marzoug de Nafta (Tunisie), sujets qui n’ont à priori aucune relation entre eux mais qui tous reflètent la pensée d’Adel Habbassi selon laquelle le théâtre est l’un des plus remarquables « lieu de partage de nos intelligences ».

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J.M.G.

 

Eros et danse / Elisa Guzzo Vaccarino / Gremese

 

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Eros et danse, Le corps, l’amour, les sens dans la danse contemporaine, des Ballets Russes aux post-avant-gardes,

par Elisa Guzzo Vaccarino, 168 pages, 133 en N et B et 103 en couleurs, 22 x 24 cm, broché, Gremese éd., Rome, Mai 2017, 27 €.

ISBN : 978-2-36677-125-1

Le corps est l’instrument du chorégraphe. A l’époque du romantisme et jusqu’à la fin du XIXème siècle, il a privilégié le sentiment, le sublime et la communication spirituelle. Le début du XXème siècle marque une profonde rupture avec le passé et voit la mise en valeur du corps et de son animalité. L’éros devient alors la substance même de la danse. Aujourd’hui, il imprègne intensément la danse contemporaine. Les pulsions psychiques et sexuelles sont désormais mises en scène sans tabous, marquant le tournant esthétique et dramaturgique qui avait débuté avec les Ballets Russes de Serge de Diaghilev et qui se termine par la non-danse et la post-danse.

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Elisa Guzzo Vaccarino, écrivain et enseignante en danse dans diverses universités italiennes, en particulier à Milan, nous emmène, au travers de ce splendide ouvrage, dans un voyage fascinant aux quatre coins du monde. D’abord en Europe à l’époque du Spectre de la Rose et de Nijinsky puis de Mary Wigman et de sa Danse de la sorcière jusqu’à Angelin Preljocaj, Jean-Claude Gallotta, Maguy Marin, Claude Brumachon, Benjamin Millepied, Thierry Malandain, Carolyn Carlson et Olivier Dubois, en passant par les Ballets Russes, Roland Petit, Maurice Béjart pour ce qui est de la France. Mais ce voyage se poursuit bien sûr en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Hollande, en Suède, en Italie en Espagne et en Grèce pour le reste de l’Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, aux Amériques du Nord et latine, en Orient, notamment en Chine et au Japon, pour se terminer par l’Afrique noire et l’Afrique du Sud. Un tour du monde complet « aux fruits souvent séduisants et évocateurs, parfois véhéments et cinglants, bien souvent anti-conventionnels et ouvertement "scandaleux" mais toujours denses de significations ».

A cet ouvrage, magnifiquement illustré s’ajoute un plus non négligeable, à savoir une centaine de références multimédias parmi lesquelles de nombreuses vidéos, lesquelles sont signalées dans les notes et disponibles en ligne grâce au code QR que l’on trouve au sein de ce très beau travail.

J.M.G.

Degas Danse Dessin, Hommage à Degas avec Paul Valéry / Marine Kisiel et Leila Jarbouaï

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Degas Danse Dessin. Hommage à Degas avec Paul Valéry,

Musée d’Orsay, catalogue d’exposition sous la direction de Marine Kisiel et Leila Jarbouaï, 256 pages, 220 photos en couleurs ou en sépia, 19,5 x 25,5 cm, relié, Gallimard éd., Paris, décembre 2017, 35 €.

ISBN Musée d’Orsay : 978-2-35433-262-4

ISBN Gallimard : 978-2-07-275197-4

Qui n’a jamais entendu parler de la petite danseuse de 14 ans sculptée par Degas ? C’est l’une des pièces majeures de l’exposition organisée par le musée d’Orsay à l’occasion du centenaire de la mort du peintre, le 27 septembre 1917, à Paris. On connait la fidèle amitié et la complicité artistique qui unissaient Edgar Degas à Paul Valéry, ce dès 1890 : c’est autour de cette complicité que le musée d’Orsay a organisé cette splendide exposition, laquelle a donné lieu à un catalogue qui, comme la plupart des catalogues réalisés par les musées nationaux, est remarquable et s’avère un véritable livre d’art. Si le moindre de ses atouts est de recenser et de mettre en images la quasi-totalité des objets présentés au travers d’une iconographie incomparable et d’une grande fidélité, les textes qui les accompagnent, très éclectiques, ont été réalisés par les plus grands spécialistes de l’art et des lettres de la fin du 19ème siècle et de la première moitié du 20ème, très exactement de 1870 à 1945. Les grands axes de cette exposition, bien sûr repris dans le catalogue, tournent autour des fameux « Carnets » de Paul Valéry d’une part, du célèbre ouvrage « Degas - danse - dessins » publié aux éditions Vollard à Paris en 1936 d’autre part. Ce catalogue comporte huit textes introductifs à l’exposition elle-même dus à Michel Jarrety, Lucile Pierret, Marine Kisiel, Masanori Tsukamoto, Laurent Mannoni, Serge Bourgea, Michel Jarrety et Stéphane Guégan, textes qui précèdent la description et l’analyse des œuvres présentées dans l’exposition. Leur suit un entretien avec le chorégraphe et danseur Alban Richard, aujourd’hui chef du département des peintures françaises à la National Gallery of Art de Washington. L’ouvrage se termine par une chronologie et quelques repères historiques recueillis et rassemblés par Lucile Pierret. Un document capital pour les amateurs de danse et de littérature de cette époque.

J.M.G

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  La petite danseuse de Degas                                                              Arlequin et Colombine                                                                 Etude de danseuse, bras levés

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Icones du ballet romantique, Marie Taglioni et sa famille / M. et D. Sowell, F. Falcone & P. Veroli / Editions Gremese

 

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Icônes du Ballet Romantique : Marie Taglioni et sa famille,

par M.U. Sowell, D.H. Sowell, F. Falcone & P. Veroli, 248 pages, 158 photos en couleur et 70 en N&B, relié sous jaquette, 17,5 x 25 cm, Gremese éd., Rome, Août 2016, 45 €.

ISBN: 978-2-36677-076-6y

Ce remarquable ouvrage complète les Souvenirs de Marie Taglioni publié par le même éditeur il y a tout juste un an et dont nous avons fait récemment l'analyse dans ces mêmes colonnes. Son grand atout est de rassembler plus de 200 images relatives à l'étoile la plus célèbre du ballet romantique (gravures, lithographies, photographies, peintures, frontispices de livrets et objets d'art ayant trait à Marie Taglioni et sa famille, dont 145 portraits et images de la ballerine). Celles-ci proviennent presque intégralement de la collection privée de deux des auteurs, Debra et Madison Sowell, la première, professeur en Humanities et Histoire du théâtre à l'Université de Southern Virginia (Etats-Unis) et auteure de The Christensen brothers, an american dance epic (Taylor & Francis, 1998), le second, vice-recteur de la même université de Virginia et auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels Il Balletto romantico, tesori della collezione Sowell (l’Epos, Palerme, 2007).

Shidoa koni17110815070 0002Costume de m t et de mazilier dans la fille du danubeShidoa koni17110815070 0003

 

 

Ces deux auteurs, ainsi que Francesca Falcone, professeur de théorie de la danse à l’Académie Nationale de Danse de Rome et Patrizia Veroli, présidente de l’Association italienne de recherche sur la danse de Rome ont également rassemblé dans cet ouvrage le fruit de leurs recherches sur la généalogie des Taglioni dont les premiers ancêtres  retrouvés remontent au XVIIIe siècle. Ils en ont revisité l’histoire et retracé la biographie afin de mieux comprendre la personnalité et la notoriété de Marie Taglioni. Cette richesse iconographique qui fait l’objet du 3ème chapitre, L’iconographie de Marie Taglioni, catalogue annoté et illustré, permet d'évoquer le contexte historique et culturel de l’époque, la façon dont les artistes et les spectacles étaient présentés et promus, ainsi que les circuits commerciaux des estampes. L’art et le talent de Marie Taglioni, que l’on a trop tendance à limiter aujourd’hui à la mise en œuvre et la promulgation des pointes, est replacé au sein des autres arts et ce, par rapport aux évènements historiques de son temps. Ainsi les auteurs ont-ils mis en avant non seulement la légèreté vaporeuse légendaire de l’artiste mais aussi ses talents de mime et d’actrice, très appréciés à l’époque, non seulement en France mais aussi dans tout le reste de l’Europe.

Si le 1er et le 6ème chapitre de cet ouvrage sont consacrés à la généalogie des Taglioni, le second aborde les talents et l’œuvre chorégraphique des membres de sa famille, ce qui permet de comprendre et d’apprécier la fulgurante ascension de Marie. Dans le 4ème chapitre, Francesca Falcone part sur les traces d’une Marie Taglioni moins connue que l’interprète de La sylphide, notamment des rôles principaux des ballets de son père, ainsi que d’autres plus tardifs comme La Bayadère, Cendrillon, La fille du Danube ou, encore, Pas de Diane. Le 5ème chapitre quant à lui est consacré aux images de Marie dans la culture visuelle de son époque. Cette magnifique étude se termine sur la reproduction, en annexe, du fac-similé de la Biographie de Melle Taglioni, publiée en français et en russe en 1837.

J.M. G.