Analyse de livres

Trappes / St-Quentin-en-Yvelines : une exception artistique ?/ Bernard Delattre / L'Harmattan éd.

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Trappes / St-Quentin-en-Yvelines : une exception artistique ?

Avec sa pléiade de stars : Jamel, Omar Sy, les Black Blanc Beur, Shy'm, Anelka...,             par Bernard Delattre, 244 pages, 47 photos en couleurs et 6 en N. et B., 13,5 x 21 cm, broché, L'Harmattan éd., Paris, septembre 2016, 25 €.

ISBN : 978-2-343-08846-4

Se souvient-on que les fameux B3, alias "Black Blanc Beur", que l'on rencontrait sur tous les plateaux "in" de la capitale et des environs - et notamment à la Villette - à l'aube des années 1990 et qui ont été applaudis sur les scènes des 5 continents, étaient issus de Trappes et de Saint-Quentin-en-Yvelines ? Se souvient-on que ces jeunes dont les prouesses techniques qui nous émerveillaient à l'époque de la naissance du hip-hop étaient pour la plupart des délinquants et de jeunes marginaux de quartiers sensibles remis sur les rails par Jean Djemad et Christine Coudun ? Se souvient-on que ces jeunes danseurs associés aux comédiens du "Déclic Théâtre" ont permis à un grand nombre de leurs compatriotes d'élaborer un vrai projet de vie et de se réaliser par l'expression artistique ? Se souvient-on encore que des situations similaires ont été vécues dans les secteurs difficiles d'Elancourt, Guyancourt, Maurepas ou Montigny-le-Bretonneux où une troupe de hip-hop, "Illicit Dance", émanant d'ailleurs des B3, dénonçant les inégalités, les injustices et la violence, a permis de sauver nombre de ces  jeunes en perdition ? Aujourd'hui, les B3 juniors sont sur la même lancée...

Trente ans après, Bernard Delattre qui a débuté sa carrière de journaliste il y a désormais 40 ans sur le secteur de la ville nouvelle de St Quentin-en-Yvelines a voulu rendre hommage à tous ces héros du quotidien, pas seulement des danseurs d'ailleurs, mais des artistes de tous horizons tels le prince du rap, "La Fouine", les comédiens Omar Sy, Alain Degois dit "Pappy", Jean Dujardin, Laurent Searle ainsi que Sophie Broustal et Sophia Aram, les humoristes Jamel Debbouze et Issa Doumbia, l'écrivain Rachid Benzine, l'acteur et réalisateur Guillaume Canet, la chanteuse Shy'm, sans oublier Anelka, footballeur hors norme car, comme l'écrivait si bien Jean Giraudoux, "le sport est aussi une culture"... Ce sont ainsi 28 portraits qui sont présentés au fil de ces pages, autant de messages d'espoir pour les jeunes en difficulté de ces villes nouvelles d'aujourd'hui.

J.M.G.

Danse contemporaine / Rosita Boisseau / Laurent Philippe / Nouvelles Editions Scala

Danse contemporaine Rosita Boisseau

 

Danse contemporaine,

par  Rosita Boisseau et Laurent Philippe, 144 pages, 134 photos en couleurs, broché, 23 x 30 cm, Nouvelles éditions Scala éd., Paris, octobre 2016, 29 €.

ISBN : 978-2-35988-173-8.

Après un Panorama de la danse contemporaine publié en 2006 aux éditions Textuel, ouvrage qui évoquait par le texte et l'image l'œuvre de 90 chorégraphes, Rosita Boisseau réactualise aujourd'hui ce travail sous une forme un peu différente, retraçant le cheminement de 38 chorégraphes parmi les plus représentatifs de notre époque. Un parcours nécessairement subjectif à travers l'histoire récente de la danse contemporaine et un choix aussi difficile que crucial, vous vous en serez douté, car il existe à l'heure actuelle plus de 500 compagnies chorégraphiques de par le monde... L'accent est mis sur les chorégraphes de la fin des années 2000 tels Jérôme Bel, Christian Rizzo, Boris Charmatz, Olivier Dubois, Cécilia Bengoléa, Alain Platel, Sidi Larbi Cherkaoui, Daniel Linehan, Ambra Senatore, Emmanuel Gat, Maud Le Pladec, Noé Soulier, Rachid Ouramdane, Akram Khan ou Mourad Merzouki, pour n'en citer que quelques uns. Tous remettent en cause la danse conceptuelle pour réinventer une danse nouvelle faisant appel aux expériences et découvertes artistiques récentes, s'ouvrant au multimédia, à la vidéo et au collage des arts. Un splendide ouvrage illustré par de très belles images de l'un des meilleurs photographes de danse à l'heure actuelle, Laurent Philippe.

J.M.G

Les défis universels de l’art chorégraphique africain / Paul Nibasenge N'kodia / L'Harmattan éd.

 

Recto

Les défis universels de l’art chorégraphique africain,

Les pieds dans le plat en chansons avec la danse africaine,

par Paul Nibasenge N'kodia, 240 pages, 15,5 x 24 cm., broché, Collection "Univers de la danse", L'Harmattan éd., Paris, juin 2016, 25,50 €.

ISBN: 978-2-343-09157-0

 

En Afrique, la danse est synonyme de vie et de puissance. Elle fait partie intégrante de la vie quotidienne et en jaillit lors de chaque mouvement des danseurs. Les danses africaines sont intemporelles et chacune d'elles symbolise les particularités, les richesses et les traditions des peuples qui la pratiquent. Ces danses sont un subtil mélange d'une part de gestes chorégraphiés, définis depuis des siècles et, de l'autre, d’improvisations qui évoluent avec le temps. Le but de cet ouvrage n'est pas d'examiner les techniques propres à la danse africaine mais d'évoquer cette danse au travers de son histoire, laquelle s'avère aussi l’histoire et la culture vivante d’un continent. Ce sont ces différents thèmes que l’auteur aborde en utilisant ce style particulier qui le caractérise déjà au travers d'un agencement subtil de divers genres littéraires : fiction,  autobiographie, poésie, essai, humour...

Ce n'est pas seulement au sein de son pays que Paul Nibasenge N'kodia retrace l'histoire de la danse africaine et en vante toutes les richesses qui font sa puissance car il évoque aussi l’image de cet art à travers le monde, en particulier en France où la population africaine est très présente. Ce faisant, il fait référence à la chanson française de manière à la fois amusante et touchante. Après tout, la chanson, la musique et la danse ne sont-elles pas étroitement liées ? Il en apporte une éclatante démonstration au travers de huit chapitres présentés comme des tableaux chorégraphiques dans lesquels il mène lui-même la danse avec une évidente virtuosité. Et comme il l'écrit, non sans une pointe d'humour, "en parcourant ce livre, je suis confiant que vous allez tout savoir sur l’art chorégraphique africain : le traditionnel, le moderne, le puissant, le sensuel, le saccadé, le doux, le pieux, le douloureux, le festif, le scénique, le spectaculaire, l’aphrodisiaque, celui qui soigne, celui de la tribu Yaka, celui du peuple Massaï, celui des Zoulous, celui du Cameroun, celui de la Guinée, celui du Sénégal, celui des deux Congo, tout, tout, tout sur la danse africaine. (...) In fine, vous comprendrez que cette danse réjouit nos cœurs et nous accompagne dans la douleur. Elle accepte, volontiers, l’ouverture vers les autres danses. Mais, surtout, cette danse veut être inventive, novatrice, elle veut favoriser la création artistique et a pour ultime ambition de se présenter comme le fer de lance des politiques culturelles, capables de jouer un rôle majeur dans les économies en croissance de tous les pays africains en voie de développement". Tout un programme !

J.M.G.

Danser / Astrid Eliard / Ed. Mercure de France

Danser

Danser,

par Astrid Eliard, 184 pages, broché, 14 x 20,5 cm, Mercure de France éd, Paris, Janvier 2016, 17,50 €.

ISBN: 978-2-7152-4126-8

On jurerait, à la lecture de ce roman, que Astrid Eliard a suivi le cursus de l'Ecole de Danse de l'Opéra, tant les faits rapportés semblent proches de la réalité. Danser évoque l'histoire de trois adolescents, Chine, Delphine et Stéphane, d'origines et de milieux très différents qui se sont rencontrés à leur entrée dans cette célèbre école: c'est la vie de ces petits rats que nous évoque avec beaucoup réalisme, de tendresse et d'humour cette auteure, journaliste de son état, dans un langage cru mais châtié. Ce n'est pas tant le travail sur le plan artistique de ces adolescents au sein de cet austère établissement qu'elle nous fait revivre mais plutôt les préoccupations et problèmes propres à la jeunesse d'aujourd'hui : relations avec les parents et le monde extérieur, amitiés et inimitiés qui peuvent se tisser dans un internat, attitudes et comportements vis-à-vis de leurs semblables, espoirs et déceptions face aux changements morphologiques du corps, premiers émois amoureux entrainant rivalités et jalousies... Tout cela replacé dans le contexte bien particulier de l'apprentissage de l'art de Terpsichore. Un ouvrage bien senti qui se déguste d'un seul trait.

J.M.G.

Misty Copeland / Une vie en mouvement

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Une vie en mouvement. Une danseuse étoile inattendue,

par Misty Copeland, traduit de l'anglais par Johan-Frédérik Hel-Guedj, 342 pages, broché, 12 x 20 cm, Christian Bourgois éditeur, Paris, Mai 2016, 18 €.

ISBN: 978-2-267-02971-0.

 

Voilà à nouveau une biographie bouleversante, à mettre en parallèle avec celle de Michaela DePrince, parue 3 mois plus tôt (voir Orpheline N° 27 dans ces mêmes colonnes). Toutes deux sont des danseuses parvenues au faîte de leur art après avoir surmonté de nombreuses épreuves, parmi lesquelles celle du racisme, toutes deux ont révélé un charisme étonnant, toutes deux ont fait preuve d'une volonté et d'une persévérance hors du commun. A l'inverse de Michaela qui a été contrainte à s'exiler aux Pays-Bas, Misty, elle, a pu rester dans sa patrie, aux Etats-Unis, et devenir la première afro-américaine a être nommée danseuse-étoile du prestigieux American Ballet Theatre.

L'histoire de Michaela débute en 1982 à Kansas City dans le Missouri où elle grandit avec sept frères et sœurs. Ce n'est qu'à l'âge de 13 ans qu'elle pénètre pour la première fois dans un studio de danse classique et que ses fulgurants progrès, son acharnement et sa passion lui permettent de se faire remarquer par les plus grands maîtres, notamment ceux du San Francisco Ballet. Elle intègre le corps de ballet de l'ABT en 2001, est nommée soliste de cette compagnie en 2007 et première danseuse en juin 2015. Elle y a interprété de nombreux premiers rôles, notamment ceux de Casse-Noisette, de Coppélia, du Lac des cygnes, de Roméo et Juliette et de l'Oiseau de feu.

Dans cette fascinante autobiographie, Misty Copeland laisse parler son cœur avec une grande franchise, beaucoup de chaleur et de foi. Son objectif n'était pas tant de se mettre en avant que celui de partager son rêve devenu réalité malgré les innombrables obstacles qui se sont dressés sur son chemin et qu'elle a dû surmonter. Un ouvrage aussi passionnant que poignant qui montre que le courage et la foi permettent généralement de renverser les barrières et de parvenir à ses fins.


J.M.G.

Mudra, 103 Rue Bara, L'école de Maurice Béjart, 1970-1988 / Dominique Genevois

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Mudra, 103 Rue Bara, L'école de Maurice Béjart, 1970-1988,

par Dominique Genevois, préfaces de Maguy Marin & Barbara Hassel Szternfeld, 446 pages, 23 x11 cm, broché, 85 photos en N & B, Contredanse éd., Bruxelles, mai 2016, 28 €.

EAN: 978-2-930146-39-3

Bien que célèbre dans le monde entier, Mudra, l'Ecole de Maurice Béjart, n'avait encore jamais fait l'objet d'un ouvrage spécifique. Dominique Genevois, ancienne étudiante de Mudra et danseuse au Ballet du XXème siècle a entrepris avec bonheur de combler cette lacune, tâche d'autant plus difficile et méritoire que l'Ecole a été entièrement anéantie par un incendie dans la nuit du 4 mai 1992, détruisant les archives dans leur totalité: il n'existait plus la moindre trace écrite de ce que fut l'équipe pédagogique, plus la moindre liste complète des enseignants, chorégraphes, professeurs invités et, même, des élèves à l'heure où Dominique Genevois entreprit la réalisation de son travail... Cet ouvrage est le fruit de longues et patientes recherches durant plusieurs années, mais aussi de souvenirs personnels et d'interviews auprès d'un grand nombre d'anciens mudristes ou professeurs ayant marqué leur passage, tels Maguy Marin, Micha van Hoecke, Anne Teresa de Keersmaeker, Michèle Anne de Mey. Nicole Mossoux, Bernardo Montet ou Catherine Diverrès pour n'en citer que quelques uns.

 Certes, il s'agit peut-être d'une vision un peu partiale de ce que furent la vie et l'enseignement au sein de cette école mais elle s'appuie très souvent sur des éléments et témoignages irréfutables, lesquels nous donnent un bon aperçu de ce que furent l'ambiance, les difficultés auxquelles furent confrontées les élèves, notamment financières, l'état belge admettant difficilement de financer une école dont les deux tiers des élèves étaient étrangers... Sont évoquées en outre avec beaucoup de tact les difficultés relationnelles de Maurice Béjart avec le successeur de Maurice Huisman au théâtre de la Monnaie, Gérard Mortier, lesquelles ont conduit à la fermeture de l'Ecole en 1987 et à l'expatriation du chorégraphe en Suisse...

C'est bien sûr aussi une œuvre un peu autobiographique, une fabuleuse aventure humaine qui révèle de nombreuses anecdotes sur la vie quotidienne des élèves, leur état d'esprit, les différents enseignements dispensés (danse classique, moderne, flamenco, jazz, yoga, taï-chi, chant, art dramatique, jeu théâtral, composition) mais aussi les aléas engendrés d'une part par la pluri-nationalité des élèves, d'autre part par le manque de moyens financiers qui sont en partie à l'origine de la réduction dela durée des études de 3 à 2 ans, à l'absence d'enseignement de culture générale et médicale, de suivi médical, d'accompagnement psychologique...

Si Mudra au 103 rue Barbara à Bruxelles est le cœur de l'ouvrage, l'auteure n'en évoque pas moins dans des chapitres spécifiques les autres réalisations ou projets de Maurice Béjart dans le domaine de l'enseignement d'un art pluridisciplinaire tels que Mudra Dakar et l'espoir d'un Mudra à Paris ainsi que les compléments indispensables à cet enseignement que furent les nombreux spectacles assurés par l'école, sans oublier les ateliers, tels Yantra, groupe de recherches devant se consacrer au théâtre total.

J.M.G.

Orpheline n° 27 - De la Sierra Leone en guerre au ballet d'Amsterdam / Michaela & Elaine DePrince / Presses de la Cité

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Orpheline n° 27 - De la Sierra Leone en guerre au ballet d'Amsterdam,

par Michaela DePrince et Elaine DePrince, traduit de l'anglais par Florence Hertz, 300 pages, 15 photos en couleurs et 1 en N. & B. réunies en un cahier central, broché, 14 x 22,5 cm, Presses de la Cité, Paris éd., mars 2016, 20 €.

ISBN: 978-2-258-13350-1

 

Devenir danseuse-étoile est un rêve que caressent de nombreuses jeunes filles mais un rêve que bien peu parviennent à réaliser tant le chemin pour y parvenir est semé d'embûches difficiles à surmonter. Cet ouvrage autobiographique, aussi fascinant que bouleversant, en cours d'adaptation cinématographique, retrace l'impossible ascension d'une jeune africaine née en en 1995 en Sierra Leone, Mabinty Bangura, devenue ballerine au Ballet National des Pays-Bas après de nombreuses péripéties et d'énormes sacrifices.

A sa naissance, la guerre civile régnait sur le pays. Son père fut tué par les rebelles du Front révolutionnaire alors qu'elle n'avait que trois ans. Sa mère fut emportée par la fièvre de Lassa quelques mois plus tard. Elle fut recueillie par son oncle qui la détestait d'autant qu'elle était affublée d'une dépigmentation de la peau, le vitiligo, et qui la "vendit" à l'orphelinat le plus proche. On lui attribua alors le n° 27. Elle vécut les horreurs de la guerre, fut confrontée, à de nombreuses reprises, à la mort et dût fuir avec les  autres "pikins" vers un camp de réfugiés des Nations-Unies en Guinée pour être adoptée in extremis par une famille américaine à l'âge de 4 ans. C'est là qu'elle vécut ses premières années de bonheur intense, celles qui lui permirent de voir son rêve d'enfant se réaliser: l'apprentissage de la danse. A 8 ans, elle monte la première fois sur scène dans Casse-Noisette. Puis elle est admise au stage d'été du Dance Theater of Harlem sous la direction d'Arthur Mitchell. Tout s'enchaîne alors très vite. Elle est amenée à se présenter dans la catégorie "précompétition" au Youth America Grand Prix, le concours international de danse classique le plus réputé du monde où elle remporte le Hope Award, avant de gagner, l'année suivante, le Youth Grand Prix de ce même concours. C'est à 12 ans, à l'Albany Berkshire Ballet, qu'elle fait ses premières armes à et gagne, à peine âgée de 14 ans, une bourse pour le stage d'été de l'ABT à New York. C'est également à cette époque qu'elle est choisie pour être l'héroïne d'un documentaire sur la danse, Le concours de danse de Bess Kargman, film qui la rendra célèbre dans le monde entier mais qui, rançon de la gloire, la confrontera à des personnes prétendant être ses parents et qui tenteront de l'arracher à sa famille adoptive pour la faire rentrer dans un pays qui lui était devenu totalement étranger... Et, lorsqu'elle chercha à entrer dans une compagnie de danse classique américaine, la quasi-totalité des portes se ferma devant elle du fait de la couleur de sa peau... Sauf une, le Dance Theatre of Harlem où elle dansera durant une saison. Aujourd'hui, âgée de 20 ans, son rêve s'est enfin réalisé et elle fait désormais partie du Het Nationale Ballet, l'une des plus prestigieuses compagnies de danse en Europe. Une biographie pathétique digne des plus beaux contes de fée...

J.M.G.

Les Ballets de Monte-Carlo / Editions Somogy / Décembre 2015

9782757209929 lesballetsdemontecarlo 30saisonsdedans 30seasonsofdance 2016Sous la Présidence de la Princesse de Hanovre, Les Ballets de la Compagnie de Monte Carlo Jean-Christophe Maillot, 1985-2015

248 pages, 304 photos en couleurs et 300 en noir et blanc, 29 x 28 cm, relié sous jaquette, Somogy éditions d'art, décembre 2015, 45 €.

ISBN : 978-2-7572-0992-9

Souvenirs, souvenirs, quand tu nous tiens...  C'est un fabuleux ouvrage, à la hauteur de toutes les œuvres présentées durant ces trente dernières années à Monaco par les Ballets de Monte-Carlo, qui commémore aujourd'hui cet anniversaire. Placée sous l'égide de son altesse royale, la Princesse de Hanovre, et dirigée depuis plus d'une vingtaine d'années par Jean-Christophe Maillot, un artiste infatigable et bourré de talents, cette compagnie de  ballet est devenue "un pôle chorégraphique qui voit converger à Monaco les plus grands noms du monde de la danse". C'est toute l'histoire de cette compagnie fondée en 1985 et placée alors sous la houlette de Pierre Lacotte que l'on peut découvrir par le texte (bilingue : français-anglais) et, surtout, l'image au fil des pages de ce livre d'art, saison par saison. Un document qui illustre merveilleusement dans le moindre détail cette "machine à réaliser les rêves" qu'ont été et que demeurent les Ballets de Monte-Carlo. Ces archives, d'une richesse étonnante, déclinent méticuleusement tous les spectacles, tournées comprises, avec les dates précises de leur représentation, leurs auteurs et leurs interprètes par une illustration hors du commun, ainsi que les initiatives de Jean-Christophe Maillot, entre autres le "Monaco Dance Forum", le Centenaire des Ballets Russes, et les "Nijinsky", prix qui rendent hommage aux meilleurs artistes chorégraphiques. L'ouvrage se termine par une biographie de Jean-Christophe Maillot et un récapitulatif des œuvres présentées durant les trente ans de la compagnie. Une mine fabuleuse de renseignements d'une exceptionnelle diversité pour celui qui veut tout savoir sur cette somptueuse compagnie.

J.M.G.

chez .pina.bausch.de / Jo Ann Endicott / L'Arche éd.

Jo Ann Endicottchez .pina.bausch.de,

par Jo Ann Endicott, 142 pages, 1 photo N et B, 11,5 x 18,8 cm, broché, L'Arche éd., Paris, Novembre 2015, 19,50 €.

ISBN: 978-2-85181-879-9

Jo Ann Endicott est sans doute la danseuse qui fut la plus proche de Pina Bausch. Après avoir publié sa propre autobiographie - Je suis une femme respectable - aux mêmes éditions en avril 1999, elle retrace aujourd'hui avec verve, allant, sincérité et simplicité ses relations avec celle que l'on a nommé la "Grande Dame de Wuppertal". Des relations pas toujours faciles car Pina Bausch, aussi autoritaire qu'exigeante, ne s'attachait à ses danseurs que s'ils se donnaient entièrement à elle. La plupart d'entre eux, et Jo Ann en particulier, lui vouaient d'ailleurs une admiration sans bornes, allant même jusqu'à la vénérer à l'égal d'une icône.

Cet ouvrage évoque souvent crûment et sans détours - mais c'est tant mieux - ce que fut la vie de cette artiste et son état d'esprit au sein de la compagnie, ses relations privilégiées avec Pina, ses moments de bonheur et, aussi, de désespoir. En effet, elle ne fut pas seulement interprète, assistante ou répétitrice mais aussi secrétaire et archiviste, ce qui n'est pas une sinécure quand on sait que plus de 7500 vidéos ont été réalisées du vivant de la chorégraphe... Un travail difficilement compatible bien évidemment avec la vie privée d'une femme qui eut durant sa carrière trois enfants et dont le lieu de travail était à plusieurs centaines de km de son domicile ! Mais son engagement vis-à-vis de la chorégraphe était tel qu'elle accepta, à une exception près, tout ce que la chorégraphe lui demanda. Une anecdote au passage: dans son contrat de 2007, il était stipulé ce "détail": "Mme Endicott s'engage à accomplir chaque désir de Mme Bausch"... On peut imaginer les conséquences dramatiques de la mort de cette dernière non seulement sur elle mais aussi sur les autres membres de la compagnie...

J.M. G.

Danser avec les albums jeunesse / Pascale Tardif & Laurence Pagès

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Danser avec les albums jeunesse,

par Pascale Tardif et Laurence Pagès, 192 pages, 131 illustrations en couleurs et 3 en N. et B. , broché, 21 x29,7 cm, éditions Canopé, 86961 Futuroscope cedex, Novembre 2015, 25 €.

ISBN: 978-2-240-03808-1

 

Peut-on voir la littérature de jeunesse "avec les yeux de la danse" ? Peut-on établir un dialogue, un pont entre deux pratiques culturelles, la danse et la lecture ? Cette confrontation, cette comparaison, cette transposition d'un genre à un autre va t'elle faciliter la compréhension, l'interprétation et l'appréciation d'un texte, voire d'une ou de plusieurs œuvres ? Tel est, en tout cas, le but des deux auteures de cet ouvrage, Pascale tardif, professeure agrégée d'EPS, conseillère pédagogique départementale, et Laurence Pagès, chorégraphe et danseuse.

"Les albums de la littérature de jeunesse offrent une ressource exceptionnelle pour initier les élèves à l'expression corporelle, à la danse, au mouvement, pour en explorer les infinies possibilités, les impacts sur la conscience de soi et sur l'imaginaire. La lecture si motivante de leur texte et de leurs images, quand elle se fait attentive aux gestes qui s'accomplissent, aux espaces qui s'ouvrent, au temps qui passe, aux singularités des rencontres avec les objets et les êtres, se révèle susceptible de conduire les enfants à développer une conscience corporelle, à affiner leurs sensations, à exprimer leurs émotions tout en s'initiant à une esthétique et à une maîtrise du déplacement. Ce faisant, les gestes qu'ils sont invités à réaliser, les mouvements dansés qu'ils inventent, non seulement les aident à mieux lire l'œuvre, à mieux comprendre "le texte de l'auteur" mais ils traduisent aussi une manière très personnelle de le recevoir. Ils donnent à voir explicitement l'interprétation que chacun en a fait et qui si souvent reste indicible..." (extrait de la préface de Max Butlen).

Cet ouvrage, qui existe aussi en version numérique, est accompagné d'un DVD présentant les six films tournés dans des classes de maternelle et d'élémentaire montrant les élèves en action et apportent les analyses et réflexions des enseignants et artistes associés.

J.M.G.