Analyse de livres

Dominique Kamga Sofo / Festivals de danse traditionnelle africaine et développement

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Festivals de danse traditionnelle africaine

et développement,

par Dominique Kamga Sofo, 128 pages, 7 photos en N & B., broché, 13,5 x 21,5 cm, L'Harmattan éd., Paris, mars 2015, 14 €.

ISBN: 978-2-343-03843-8

EAN: 9782343038438

 

En Afrique, la danse fait partie des coutumes culturelles ancestrales de la vie quotidienne, lesquelles occupent toujours une place de choix aujourd'hui dans de nombreux pays. En effet, cet art contribue non seulement au développement physique, intellectuel et spirituel de l'être qui le pratique mais aussi et surtout au développement culturel, politique et économique des pays qui le mettent en œuvre à grande échelle, en particulier au niveau national sous la forme de festivals. L'ouvrage de Kamga Sofo est un plaidoyer vibrant pour la survie et le développement des pratiques culturelles ancestrales relatives à l'art de la danse, notamment camerounaise, ainsi que la protection du patrimoine - masques, tenues d'apparat, instruments de musique, langues locales - qui les sous-tend.

De nos jours, dans de très nombreuses régions d'Afrique, chaque chefferie, chaque lamidat organise son festival annuellement ou tous les deux ans avec l'aide des élites intellectuelles locales, en balayant tous les préjugés d'infériorité culturelle inculqués par la colonisation. Après avoir donné un aperçu historique de ces festivals de danse traditionnelle, l'auteur aborde dans une première partie leur dynamique actuelle, leurs enjeux, leurs vertus, leurs défis et, dans une seconde partie, des cas pratiques, exemples pris essentiellement au Cameroun. Ainsi évoque t'il le festival de "tso", une des danses des sociétés secrètes de la chefferie Bandjoun, le festival de "ké" et celui de Ngondo, ouverts, au moins partiellement, au public. Ces festivals sont, pour l'auteur, "le miroir qui renvoie à la face du monde le reflet de l'image historique de l'Afrique culturelle".

J.M.G.

Les Ballets suédois / M. Auclair, F. Claustrat, I. Piovesan, B. Courrège, P. Vidal / éd. Gourcuff Gradenigo

Ballets suédois

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Les Ballets suédois, une compagnie d'avant-garde (1920-1925),

par Mathias Auclair, Frank Claustrat, Borris Courrège, Inès Piovesan & Pierre Vidal, 156 pages, 26 illustrations en couleurs et 79 en N. & B., 24 x 21,5 cm, broché, couverture avec rabat, coédition Opéra de Paris, AROP, BNF & Gourcuff Gradenigo, juin 2014, 29 €.

ISBN: 978-2-35340-186-4

 

C'est à l'occasion de l'exposition sur Les Ballets suédois, une compagnie d'avant-garde qui s'est tenue à la bibliothèque-musée de l'Opéra de Paris de juin à septembre 2014 que ce magnifique livre - ouvrage de référence s'il en est un sur le sujet - a été réalisé sous la houlette de cinq historiens et conservateurs-bibliothécaires des musées nationaux, levant un pan de l'histoire de la danse assez peu connu puisqu'il ne s'est déroulé que sur cinq ans, de 1920 à 1925. Les Ballets Suédois de Rolf de Maré ont pourtant rivalisé d'audace et de modernisme avec les Ballets Russes de Diaghilev, exploitant avec un égal bonheur les relations entre danse, théâtre, musique, peinture et cinéma et ce, avec une activité non moins grande, comme le prouvent les 26 œuvres - parmi lesquelles Relâche et La création du monde - créées durant cette période par le seul et unique chorégraphe de la compagnie, Jean Börlin.

C'est en effet toute l'histoire de cette fabuleuse troupe qui nous est rapportée très fidèlement à partir des prestigieux documents qui nous ont été légués par leur directeur, Rolf de Maré. En 1931 en effet, celui-ci fonde "Les Archives internationales de la Danse" qui rassemblent entre autres dans un musée les pièces relatives à la danse et au folklore collectées par ce mécène à travers le monde et, en particulier, toutes celles qui avaient trait aux Ballets Suédois. La seconde guerre mondiale mettant un coup d'arrêt à cette institution, Rolf de Maré décide de partager entre la France et la Suède ses collections : c'est ainsi que la moitié de celles-ci se retrouve dans un fonds dédié à la Bibliothèque-musée de l'Opéra Garnier et l'autre, en Suède, à Stockholm.

Si ce livre remarquablement illustré révèle une partie des trésors qui nous ont été légués, son intérêt réside essentiellement dans l'évocation exhaustive des représentations et l'analyse des ballets de Börlin créés durant ces cinq années pour la plupart au Théâtre des Champs-Elysées, évoquant le travail d'artistes prestigieux tels Bonnard, De Chirico, Foujita, Hélié, Léger, Picabia, Steinlen pour les peintres, Auric, Albeniz, Alfvén, Debussy, Fauré, Glazounov, Honegger, Milhaud, Poulenc, Ravel, Satie, Tailleferre pour les compositeurs, et Claudel, Cocteau et Pirandello pour les librettistes.

J.M.G.

Corps, espace, image / Miranda Tufnell & Chris Crickmay / Editions Cpntredanse

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Corps, espace, image,

par Miranda Tufnell  & Chris Crickmay, traduit de l'anglais par Elise Argaud, 224 pages, 110 illustrations en N. et B., 16,5 x 23 cm, broché, éditions Contredanse, Bruxelles, Novembre 2014, 28 €.

EAN: 9782930146379

Le titre ne le laisse pas entendre, ce livre parle d'improvisation, à savoir d'exploration, d'observation et d'écoute du corps, "du moyen de faire resurgir des couches d'expérience, de sensation, de personnalité et d'émotion que nous traversons trop vite ou refoulons en temps normal, du moyen d'explorer toujours plus en profondeur l'instant toujours plus vaste et changeant". Lorsqu'on improvise, nous dit encore l'auteur, "chaque étape implique un mode de pensée particulier. Un dialogue est nécessaire entre ordre et désordre, entre libérer l'esprit de ses entraves et se faire un avis objectif".

Ce manuel jette donc les bases de l'improvisation et son but est de nous accompagner dans sa pratique, "de stimuler plutôt que de délivrer un savoir, proposant au lecteur autant de points de départ pour son propre voyage".

Les idées et notions présentées dans cet ouvrage font allusion aux enseignements qui nous ont été laissés par la Loïe Fuller et Isadora Duncan mais aussi le Bauhaus, le théâtre d'Antonin Artaud, Merce Cunningham, Anna Halprin, Allan Kaprow et le Tadeusz Kantor. Durant cette première moitié du XXème siècle en effet, tous les courants artistiques quels qu'ils soient, et la danse en particulier, ont effectué de nombreux emprunts à la vie quotidienne, et s'en sont nourris. Ce travail en 4 parties commence donc par une étude précise de l'anatomie et des différentes fonctions du corps, agrémentées de quelques exercices permettant d'en prendre conscience, avant d'aborder l'improvisation proprement dite, à savoir l'exploration du corps et de ce qui l'entoure, ce par le mouvement ; une troisième partie intitulée Paysages définit un cadre englobant à la fois les lieux, le corps, les matériaux, la lumière et les sons. La dernière partie se tourne bien évidemment vers la représentation publique. Un ouvrage de lecture aisée dont les illustrations sont particulièrement bien adaptées au propos et qui devrait être le livre de chevet de tout adepte, novice ou confirmé, de l'improvisation.

J.M.G.

Danse contemporaine et opéra / Christian Gattinoni / Editions Scala

Danse contemporaine et opéra

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Danse contemporaine et opéra,

par Christian Gattinoni, 128 pages, 72 photos en couleurs et 6 en N. et B., 16,5 x 20,5 cm, broché, Collection Sentiers d’art, Nouvelle éditions Scala, Paris, novembre 2014, 15,50 €.

ISBN : 978-2-35988-131-8

Les premières danses émergeant au sein d'opéras datent de Louis XIII et de Louis XIV, ce dernier étant d'ailleurs le fondateur de  l'Académie royale de danse en 1661. Mais la première œuvre à associer danse et opéra est l’Orfeo de Monteverdi, qui date de 1607. Du fait des conditions sociales, le ballet de cour deviendra très vite un spectacle complet dès le début du 18ème siècle. Les ruses de l’amour de Noverre, œuvre lyrique et chorégraphique pour la Guimard, verra le jour en 1777. C’est d'ailleurs grâce à Noverre que la danse perdra sa fonction d’agrément pour évoluer vers un art indépendant. Ainsi l’opéra deviendra t’il « drame, musique et danse ». "L’une des caractéristiques du « grand opéra » tel qu’il se développe à Paris autour de 1830, écrit l’auteur, est de situer un ballet conséquent au début du 3ème acte". Ainsi en sera-t-il pour de nombreuses œuvres telles Don Giovanni, La Traviata, Le bal masqué, Eugène Onéguine, Le prince Igor et bien d’autres encore. Petit à petit, la danse prendra le pas sur l’Opéra comme par exemple dans Le château de Barbe bleue d’Anna Teresa de Keesrsmaker ou dans Porgy and Bess de Gerschwin qui voit la fusion de la comédie musicale, du jazz et de l’opéra. Le chorégraphe baroque quant à lui va plus loin car il fera le lien entre la période baroque et la nôtre. Ainsi en est-il notamment de François Raffinot, de Béatrice Massin et de Francine Lancelot.

Le premier à faire danser un opéra dans son intégralité est Maurice Béjart. La flûte enchantée est en outre sortie des salles d'opéra pour être implantée au Palais des sports, dans le but de la rendre accessible à un plus large public. Et, pour laisser le corps le plus libre possible, Béjart remplace les tutus par des collants ou des jeans. Costumes qui rendent l'œuvre plus sensuelle tout en lui conférant une touche de modernité. Dès lors, quelques chorégraphes s'intéressent également à la mise en scène, telle Blanca Li pour le Guillaume Tell de Rossini à l'Opéra Bastille. C'est sans doute Jan Fabre qui ira le plus loin dans ce domaine avec son Tannhaüser ou son Parsifal, explorant les possibilités chorégraphiques radicales pour revisiter la danse traditionnelle. Alors que l'opéra tend à disparaître, de nouvelles formes de spectacle vivant voient le jour, comme Foi de Sidi Larbi Cherkaoui ou Die Soldaten de Bernd Aloïs Zimmermann, mêlant à la danse écriture sérielle, chants grégoriens, jazz et sons concrets, mixant passé et futur en faisant appel au cinéma. Du théâtre total en quelque sorte. L'ouvrage se termine sur les apports de Lucinda Childs et d'Andy de Groat aux opéras de Bob Wilson, en particulier Le regard du sourd, un opéra silencieux "où l'on entend de tous ses yeux et on le voit de toutes ses oreilles"...

Voilà donc un ouvrage qui fait le tour de la question, même s'il n'en fait qu'évoquer les grandes lignes, ce à l'aide d'exemples judicieusement choisis. Mais il est largement et fort bien illustré et, de plus, d'une lecture aisée. Il vient à point pour combler un trou dans la littérature relative à ces deux arts.

J.M.G.

 

Le plafond de Chagall à l'0péra Garnier / M. Auclair & P. Provoyeur / Gourcuff-Gradenigo éditeur

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Le  plafond de Chagall à l'Opéra Garnier,

par Mathias Auclair & Pierre Provoyeur, 108 pages , 50 photos en couleurs et 4 en N. et B. de Jean-Pierre Delagarde, ouvrage bilingue en français et anglais, 24 x 21 cm (à l'italienne), broché, coédition Gourcuff Gradenigo - Opéra de Paris - AROP, novembre 2014, 19 €.

ISBN: 978-2-35340-199-4

 

On ne se doute généralement pas des tribulations qui peuvent préluder à la création d'une œuvre d'art aussi grandiose que celle du plafond de Chagall à l'Opéra Garnier, ni des trésors de persuasion qu'il faut déployer pour parvenir à sa réalisation finale. En fait, ni la commande de Malraux à Chagall, ni leur correspondance à ce sujet n'ont été retrouvées. Il semble que tout ait procédé de l'entente tacite, de l'admiration réciproque  et de la confiance que les deux hommes se vouaient. L'intérêt de cet ouvrage réside bien sûr dans la description et l'étude de la composition et des sources d'inspiration de cette œuvre mais aussi dans la polémique qu'elle suscita, tant lors des prémices de sa réalisation - Chagall ayant bien failli y renoncer - qu'au cours de son exécution et lors de son achèvement,...  Malraux n'a t'il pas été en effet accusé publiquement de vandalisme ? Tant qu’à faire, écrivait André Ferrier dans France Observateur du 16 août 1962, pourquoi aussi ne pas « tout peindre en bleu et habiller les nudités-torchères de robes Fontana ou, même, obliger l’orchestre à jouer en mesure ? Tout cela serait amusant peut-être, inattendu en tout cas, moderne, en un mot »… Bref, malgré la violence des critiques, l’œuvre, qui respectait le plafond originel de Lenepveu, sera inaugurée en grande pompe le 23 septembre 1964, remportant l’adhésion totale du public.

Ce « bouquet de rêves en pétales » comme le nommera Mathias Auclair est en fait une ronde picturale composée de cinq « pétales », panneaux associant à une couleur définie deux compositeurs. C’est ainsi que le blanc est apparié à Rameau et à Debussy, le vert à Berlioz et Wagner, le jaune à Tchaikovski et Adam, le bleu à Mozart et Moussorgski, le rouge, à Ravel et Stravinski, tandis que l’anneau central est dévolu à Bizet, Beethoven, Gluck et Verdi. Un magnifique ouvrage qui reproduit avec une parfaite exactitude le travail de Chagall, en particulier cet effet de vitrail qui est la caractéristique de l’œuvre.

J.M.G.

Le manteau d'Arlequin / Jean-Albert Cartier / Editions de l'Amandier

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.Le manteau d'Arlequin,

par Jean-Albert Cartier, 304 pages, 12 photos en couleurs et 16 en N.et B., 15 x 21,5 cm, broché, éditions de l'Amandier, Paris, décembre 2014, 25 €.

ISBN : 978-2-35516-261-9

Voilà un ouvrage qui comblera de joie aussi bien les ballétomanes que les amateurs d'art lyrique, tout particulièrement ceux qui ont vécu la seconde moitié du XXème siècle. Jean-Albert Cartier est en effet l'un de ceux qui ont préludé aux destinées tant de l'art chorégraphique que de l'art lyrique de cette époque, du fait de ses fonctions à la direction des plus grandes scènes de France, L'Opéra de Paris et le Théâtre du Châtelet bien sûr mais aussi l'Opéra d'Angers, le Ballet-théâtre de Nancy et l'Opéra de Nice ;  il dirigea en outre le Ballet Théâtre contemporain et fonda le festival d'Anjou, celui de Paris ainsi que le festival de musique baroque de Versailles. Difficile d'avoir une vie mieux remplie ! C'est toute l'aventure de cette vie que l'on trouvera dans cette autobiographie, ses rencontres avec les plus grands artistes et créateurs du siècle dernier, qu'il s'agisse de chorégraphes et danseurs, de compositeurs, chefs d'orchestre et artistes lyriques, de peintres décorateurs et costumiers. Une vie trépidante qu'il sut mener d'une main ferme mais gantée de velours, ayant souvent à faire à forte partie. Je n'en veux pour témoin que cette truculente anecdote relative à ses démêlés avec Noureev lors des prémisses de sa nomination à l'Opéra : "Si vous à l'Opéra, moi faire tricot", lui avait-il sorti tout de go... Les trésors de diplomatie que Jean-Albert sut déployer eurent vite fait de faire entendre raison à ce turbulent artiste...

L'ouvrage, d'une écriture brillante pleine de verve, d'humour et de poésie mais aussi de simplicité et d'émotion - ce qui ne s'avère pas étonnant quand on apprend que son auteur a également été critique d'art durant une bonne quinzaine d'années au journal Combat - fourmille d'anecdotes aussi savoureuses que passionnantes, tant dans le domaine de l'art chorégraphique, évoqué dans sa première partie, que dans l'art lyrique, objet de la seconde ; mais c'est surtout un grand livre de l'histoire de l'art sous toutes ses formes dans notre pays.

J.M.G.

Pina / Walter Vogel / L'Arche éditeur

 

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par Walter Vogel, traduit de l’allemand par Mathilde Sobottke et Claire Stavaux, 136 pages, 130 photos en N. et B., 20 x 27 cm, broché, couverture avec rabats, L’Arche éd., Paris, juin 2014, 32 €.

ISBN : 978-2-85181-809-6

 

L’art de Pina Bausch, connue dans le monde entier, a fait l’objet de très nombreuses études et publications, en particulier en France où, depuis 2001, les éditions de l’Arche ont édité pas moins de huit ouvrages sur sa personnalité et son style. La plupart des documents iconographiques disponibles aujourd’hui sont l’œuvre de photographes de spectacle, entre autres Ulli Weiss, lesquels ont suivi pas à pas la chorégraphe dans ses pérégrinations au travers des spectacles donnés par le Ballet de Wuppertal dans le monde. Mais peu d’entre eux, à l’instar de Walter Vogel, ont pu partager une partie de sa vie depuis sa plus tendre enfance, réunissant une collection de clichés uniques, allant même parfois jusqu’à entrer dans l’intimité de la chorégraphe. C’est ainsi que l’on peut entre autres admirer au fil des pages une série de remarquables portraits de jeunesse de cette artiste de légende, le tout premier d’entre eux pris devant la maison de ses parents à Solingen et datant de l’âge de ses 5 ans.

La première partie de l’ouvrage, sans doute la plus intéressante parce que la moins bien connue, évoque ses années de jeunesse, de 1965 à 1969. La seconde a trait aux années 1977 à 1882, époque de ses débuts comme directrice du Ballet de Wuppertal, et la troisième, les années de gloire, de 1997 à 2000. Des images émouvantes illustrant un texte conséquent de leur auteur qui évoque quelques uns des souvenirs intenses qu’il a pu partager avec elle, depuis l’heure où il fit sa connaissance et celle de ses parents. Un document écrit avec verve et humour, dépeignant leur complicité et l’admiration sans bornes que le photographe lui portait, émaillé de détails passionnants, totalement inédits, révélant l’humilité de cette grande chorégraphe, son charisme et, surtout, l’essence de son art.

J.M. G.

Duo / Julie Rossello / Editions L'Entretemps

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DUO (lorsqu'un oiseau se pose sur une toile blanche),

par Julie Rossello, Entretiens post-mortem avec Merce Cunningham et Pina Bausch, précédé de "Pas de deux", avant-propos d'Enzo Cormann, titre éponyme du spectacle, 64 pages, 15 x 21 cm, broché, couverture avec rabats, Editions L'Entretemps, collection Lignes de corps, 34880 Lavérune, 3ème trimestre 2014, 9,50 €.

ISBN: 978-2-35539-189-7

 

Voilà une pièce de théâtre bien étrange au sein de laquelle Julie Rossello fait revivre, "le temps d'un entretien, entre deux eaux", deux grandes figures de la danse, Merce Cunningham et Pina Bausch, tous les deux décédés durant l'été 2009. Des digressions parfois un peu ésotériques mais passionnantes, basées tantôt sur des paroles qu'ils ont prononcées à un moment ou un autre de leur existence, voire sur leur biographie, ou qui se révèlent carrément de la pure fiction... "Dire l'indicible, exprimer l'inexprimable, raconter l'inénarrable, dessiner l'impalpable, telle est sans doute la gageure de l'art", écrit Enzo Cormann dans son avant-propos. Ces quelques mots résument aussi, au travers de ce dialogue en deux actes, le souhait de l'auteure, diplômée de l'Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre et dramaturge auprès de diverses compagnies et écoles de France et de Suisse. "Deux solos - pour trois comédiens - où les mots sont autant de pas pour avancer vers la fin".

J.M.G.

Alphonse Tierou / Alphabet de la danse africaine /éd. Ch. Rolland

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Alphabet de la danse africaine, Méthode Tierou,

par Alphonse Tierou, 136 pages, 102 illustrations en couleurs et 6 en N et B, 21 x 27 cm, Broché, jaquette avec rabats, éd. Charles Rolland, 31140 Aucamville, Novembre 2014, 29 €.

Edition bilingue parue sous le titre : Alphabet of african dance, Tierou Method.

ISBN : 978-2-9538184-8-2

 

La danse africaine connaît de nos jours un succès croissant. C'est un mode d'expression à part entière, un langage artistique dans lequel se reconnaissent tous les peuples d'Afrique. A l'inverse des danses classique, contemporaine ou jazz, elle repose sur la répétition et l'improvisation. Elle se transmet oralement, se caractérisant donc par une absence de conservation écrite. Chaque ethnie possède ses propres danses et l'auteur de cet ouvrage n'a bien évidemment pas la prétention de toutes les aborder. Mais toutes ces danses reposent sur un alphabet, qui se veut une base d'idées et de travail, un outil de réflexion et d'investigation, une source d'inspiration et le fruit d'une recherche qui prend en compte les invariants de cet art aux multiples facettes, hérité de civilisations millénaires. C e sont les bases de cet art que jette Alphons Tierou, danseur, chorégraphe, professeur, écrivain et chercheur : il en en donne par le texte et l'image les clés et les fondements  (27 fondamentaux, en insistant tout particulièrement sur les 10 invariants), auréolés d'un point de vue personnel qui n'est pas sans intérêt.

J.M.G.

Natacha Hochman / Fulgurances / Editions Arphilvolis

Fulgurances Natacha Hochman

 

Fulgurances,

textes et photographies de Natacha Hochman, préface de Kader Belarbi,128 pages, 27, 5 x 23, 6 cm, relié, 106 photos en quadrichromie, éditions Arphilvolis, 47360 Prayssas, octobre 2014, 29, 90 €.

ISBN : 978-2-914002-39-4

 

Voilà un regard un peu inhabituel sur l'art de Terpsichore, apanage des Etoiles et danseurs de l'Opéra de Paris. Un peu inhabituel car Natacha Hochman n'est pas réellement spécialisée dans la photographie de danse - elle a en effet plusieurs cordes à son arc -, bien qu'elle ait illustré, en 1996, l'ouvrage d'Ariane Bavelier, Itinéraire d'Etoiles. Une étude, publiée aux éditions alternatives qui a connu trois réimpressions, et qui retraçait l'itinéraire des petits rats pour accéder au rang suprême d'Etoile. Dix ans plus tard, Natacha Hochman réalise à son tour un voyage chez les petits rats de la nouvelle école de danse de Nanterre, évoquant, par le truchement du Chemin des Etoiles, l'ambiance générale et la vie quotidienne qui régnait au sein de cette institution. Fulgurances aborde cette fois avec beaucoup de lyrisme et de poésie, par le texte et l'image, les instants de grâce qu'elle a pu vivre au cours des répétitions générales des grands ballets présentés sur la scène du Palais Garnier, qu'il s'agisse de Roméo et Juliette, de Cendrillon, d'Apollon musagète, de La Bayadère, du Rendez-vous, du Lac des cygnes, de Sylvia, de l'Oiseau de feu, du Boléro et du Sacre du printemps ou bien de ballets plus contemporains tels La petite danseuse de Degas, Le souffle du temps, Siddharta, L'anatomie de la sensation, Amoveo, Signes et de bien d'autres encore.

Cet ouvrage, au sein duquel les photographies et les mots; se font écho est divisé trois en parties: chacune d'elles correspond soit à des sensations particulières éprouvées durant la capture des images, soit à ce qui se dégage du cliché une fois couché sur le papier : séduction, passion, déchirure. Autrement dit, un vécu d'une grande sensibilité que l'auteure cherche à partager et à nous faire aimer. Un beau livre pour les fêtes de fin d'année .

J.M. G.