Analyse de livres

Les grandes étoiles du XXè siècle / Gérard Mannoni / Buchet - Chastel

Livre

Les grandes étoiles du XXè siècle,

Par Gérard Mannoni, 348 pages, 53 photos en N. & B., 14 x 20,5 cm, broché, couverture avec rabat, éditions Buchet - Chastel, Série Les grands interprètes, Paris Janvier 2014, 23 €.

ISBN : 978-2-283-02713-4

Il n'est pas toujours évident de traduire et résumer en quelques pages l'art et la personnalité d'artistes que l'on a côtoyés et plus ou moins bien connus durant sa carrière, tout en restant dans l'objectivité et la neutralité... Pas aisé non plus d'en faire le choix lorsque l'on est  contraint par l'éditeur à se limiter à cinquante... Un choix qui a dû se révéler drastique car, au bout du compte, cet ouvrage comporte 53 portraits dépeints par Gérard Mannoni, critique chorégraphique mais aussi musical, dont les écrits ont alimenté tant la presse que l'édition pendant plus de quarante ans. Mais ce choix se révèle fort judicieux et donne une idée précise de ce que fut l'art de Terpsichore au XXème siècle.

Outre de nombreux souvenirs, anecdotes et jugements, ce livre, d'une concision exemplaire, évoque donc la vie et l'art des étoiles qui ont fait leur chemin depuis l'époque de Diaghilev avec Karsavina et Nijinski, jusqu'à la fin du siècle dernier avec, notamment, les étoiles de l'Opéra de Paris, telles José Martinez, Agnès Letestu, Nicolas Le Riche ou Aurélie Dupont. Mais, ne soyons pas trop chauvin, l'auteur n'en a pas oublié pour autant certains danseurs russes, entre autres Uliana Lopatkina ou Svetlana Zakharova, italiens, tel Roberto Bolle, ou japonais, en l'occurrence Tetsuya Kamakawa, lesquels exercent toujours leur art aujourd'hui.

L'originalité  de cet ouvrage résulte dans le fait que, dans un but de facilité de lecture, chaque étoile dispose de son propre chapitre et que la chronologie adoptée est établie selon la date de naissance de l'artiste concerné. Par ailleurs, certains d'entre eux qui, comme Serge Lifar, ont été également chorégraphes, ne sont abordés que sous leur facette de danseur. Une photographie en noir et blanc, inédite ou peu connue, accompagne la notice biographique qui leur est consacrée. 

J.M.G.

Lucinda Childs / Corinne Rondeau / Edition du Centre National de la danse

Lucinda Childs

Temps / danse

Par Corinne Rondeau, 102 pages, 17 illustrations en couleurs et 10 en N. et B. réunies en un cahier, broché, 16,5 x 21 cm, Editions du Centre National de la Danse, Collection Temps / danse, Pantin, Novembre 2013, 27,50 €.

ISBN : 978-2-914124-49-2

 

Voilà un travail très attendu par les aficionados de la danse contemporaine: en effet, aucun ouvrage, du moins en langue française, n'avait jusqu'à ce jour été consacré à l'art singulier de Lucinda Childs. Ce n'est pas seulement son parcours que nous propose Corinne Rondeau, maître de conférences en esthétique et sciences de l'art à l'Université de Nîmes mais une analyse très approfondie de son oeuvre. C'est en 1962 que débute la carrière de Lucinda Childs au Judson Dance Theater où elle ne produira pas moins de 13 pièces en 3 ans, à un rythme qui se ralentira cependant peu à peu les années suivantes mais qui sera tout de même conséquent puisqu'à l'aube de ce millénaire, elle aura déjà produit une soixantaine de pièces. Celles-ci sont marquées d'une part par la dissociation danse / musique et le travail multidirectionnel dans le temps et l'espace, d'autre part par la qualité répétitive de sa danse. Celle-ci "ne consiste pas à montrer des corps en mouvement mais à découvrir le mouvement avec des corps". Et Corinne Rondeau de poursuivre : "La scène devient le lieu d'une dynamique de forces visuelles. (...) Engager son corps et sa perception jusqu'à son paroxysme, voilà ce que produit cette danse sur la conscience du spectateur", l'invitant à entrer lui-même en scène, à se prendre dans le mouvement en voyageant dans le temps. 

Au fil des chapitres, Corinne Rondeau va décortiquer l'art de la chorégraphe en s'appuyant sur plusieurs de ses pièces, et sur les pensées et écrits de ceux qui l'ont influencée ou qui ont collaboré avec elle: Yvonne Rainer, Sol LeWitt, Marcel Duchamp, Robert Morris, Robert Rauschenberg, Robert Wilson, Robert Dunn, Philip Glass, John Cage et Merce Cunningham pour n'en citer que quelques uns. Sont plus particulièrement analysées des œuvres comme Street dance, Solo for character on 3 diagonals de l'Opéra Einstein on the Beach, Katema, Dance, Songs for before et Kilar, sa dernière pièce. L'ouvrage est enrichi de documents inédits de la chorégraphe elle-même ou des artistes qui l'entouraient à ses débuts, et illustré de forts intéressants diagrammes, notes, partitions, dessins et photos facilitant la compréhension de ses œuvres et sa démarche. Il se termine comme il se doit par une liste chronologique de ses chorégraphies et de leur lieu de création.

J.M.G.

 

 

Le Ballet de l'Opéra / éd. Albin Michel / 2ème trimestre 2013

L'histoire flamboyante du Ballet de l'Opéra

Trois siècles de suprématie depuis Louis XIV

Par Marie-Françoise Christout, Jean-Philippe Grosperrin, Sylvie Jacq-Mioche, Marie Glon, Mathias Auclair, Maria Zhiltsova, Christophe Ghristi, Franziska Windt, Marie-Françoise Bouchon, Benjamin Pintiaux, Mark Darlow, Pierre Vidal, Martine Kahane, Olivia Voisin, Emmanuelle Delattre, Rémy Campos, Pauline Girard, Jérôme Maurel, Vannina Olivesi, Laure Guilbert, Ghislaine Thesmar, Sylvie Blin, Florence Poudru, Aurélien Poidevin, Simon Hatab, Gérard Mannoni, Laurent Guido, Stéphanie Gonçalves, Joël Huthwohl, Ines Piovesan, Elisabeth Platel et Brigitte Lefèvre, 360 pages, 287 photos en couleurs et 111 en noir & blanc, relié sous jaquette, 26 x 28 cm, éd. Albin Michel, avec le partenariat de l'Opéra National de Paris, BNF & France musique, Paris, 2ème semestre 2013, 49,90 € jusqu'au 31/12/13 (prix de lancement), 60 € à partir du 01.01.14.

ISBN : 978-2-226208-23-1

 

Depuis 1976, date à laquelle Ivor Guest avait rédigé la première synthèse historique sur le Ballet de l'Opéra de Paris, rien d'une telle envergure n'avait été publié depuis. Ce magnifique ouvrage, de par son éclectisme, non seulement remplace celui de Guest, aujourd'hui épuisé mais, surtout, le complète et le prolonge car il résulte d'une part du savoir non d'un seul mais de plus de 30 auteurs, chacun spécialiste dans son domaine et, d'autre part, d'une iconographie jusque là jamais égalée. Ce travail n'est pas le fruit du hasard: 2013 en effet célèbre le tricentenaire de l'Ecole de danse de l'Opéra. Si les fondements de l'Ecole française d'opéra et de danse datent de 1672, c'est seulement en 1713 que Louis XIV, mettant un terme aux intrigues et difficultés financières de la décennie précédente, créera un nouveau règlement de ce qui deviendra l'Académie Royale de Danse, laquelle traversera le cours du temps. Et nombre des textes que nous retrouvons dans cet ouvrage sont issus des conférences et tables rondes données à l'occasion du tricentenaire de cette noble institution.

L'ouvrage, qui ne comporte pas moins de 62 chapitres, est découpé en trois parties, le ballet de l'Opéra sous l'ancien régime, la révolution et l'Empire, puis cette même institution à l'époque romantique et, enfin, au XXème siècle. Au fil des pages de la première partie, nous pourrons côtoyer des artistes comme Lully, Quinault, Gardel, Pécour, Noverre, Dauberval, La Guimard, les Vestris, Gardel, Sallé et Camargo pour ne citer que les plus célèbres. Dans la seconde partie, période du romantisme et du ballet blanc, nous croiserons les pas de la Taglioni et de la Grisi, de Zambelli, de Giselle, de la Sylphide et de Coppélia, de Jules Perrot, de Degas, de Théophile Gautier, et ceux des habitués et abonnés du Foyer de la danse... La troisième partie verra l'avènement des Ballets russes puis de Lifar, de Balanchine et Robbins, de Roland Petit et Maurice Béjart, de Carolyn Carlson et Jacques Garnier et, pour finir, de Noureev. Un panorama par conséquent extrêmement complet de la danse à l'Opéra, sans oublier l'Ecole de danse, et qui est agrémenté de splendides et fort nombreuses photos, pour la plupart tirées des archives de la bibliothèque du Palais Garnier. 

Photographier la danse / Laurent Philippe - Rosita Boisseau / Nouvelles éditions Scala

Photographier la danse 

Par Laurent Philippe et Rosita Boisseau, 160 pages, 128 photos en couleurs et 12 en N&B, 23 x 30 cm, broché, Nouvelles Editions Scala, Paris, novembre 2013, 29 €.

ISBN :  978-2-35988-107-3

La photographie de danse est un art, l'art de capter l'essence d'un mouvement mais, surtout, sa force, sa puissance et sa beauté pour, ensuite, les immortaliser. Laurent Philippe est sans nul doute aujourd'hui l'un des photographes de danse des plus brillants de notre époque : cela fait maintenant près de 25 ans qu'il fréquente assidûment toutes les salles de spectacle dans lesquelles on peut admirer l'art de Terpsichore ; il a immortalisé les œuvres des plus grands chorégraphes de ces dernières années, et ses photographies sont publiées non seulement dans nombre de magazines et quotidiens mais elles servent et ont également servi à illustrer plusieurs ouvrages sur la danse. Ce splendide recueil est là pour en témoigner: il n'y a qu'à en feuilleter quelques pages pour se rendre compte de son talent. Mais l'originalité de l'ouvrage réside également dans le fait que ces superbes images sont accompagnées de textes de Rosita Boisseau, critique de danse au Monde et à Télérama et auteur elle-même de nombreux livres sur la danse. Autant dire l'une des spécialistes les mieux placées pour commenter ces photographies.

Cet album comporte six parties intitulées Avant, Instant T, Presque parfaite, Détails, Flous, et Témoigner et/ou interpréter qui permettent en quelque sorte de se rendre compte de l'art du photographe, de son éclectisme et de la manière dont il aborde et conçoit son travail. Chapitres qui sont complétés par un entretien avec Rosita Boisseau, et agrémentés de commentaires de chorégraphes tels que Carolyn Carlson, Jean-Claude Gallotta, Angelin Preljocaj, José Montalvo, Jean-Christophe Maillot, Pierre Rigal ou François Chaignaud. Un magnifique ouvrage qui vient à point pour les fêtes de Noël.

J.M.G.

Passerelles / Mourad Merzouki, chorégraphe nomade


Passerelles   

Mourad Merzouki, chorégraphe nomade,

par Aurélie Noailly, en collaboration avec Mourad Merzouki, préface de Guy Darmet, 168 pages, 176 photos de Michel Cavalca, 24 x 23 cm, relié sous jaquette, éd. Compagnie Käfig / Centre chorégraphique de Créteil et du Val de Marne, septembre 2010, 30 €.

ISBN : 978-2-7466-2508-2

C'est à la fois un portrait d'artiste et un fascinant livre d'images que cet ouvrage qui relate la personnalité hors du commun de ce chorégraphe dont la particularité est de rendre au hip-hop ses lettres de noblesse partout à travers le monde. En effet, l'un des atouts de Mourad Merzouki, actuel directeur du CCN de Créteil, c'est, outre son charisme, d'être infatigable. La compagnie Käfig, fondée en 1996, a déjà fait à plusieurs reprises le tour du monde et affiché ses spectacles dans 45 pays. Certaines de ses chorégraphies, comme Le chêne et le roseau, Terrain vague ou Id ont été présentées devant plus de 150 000 spectateurs. L'ouvrage évoque certaines de ses œuvres comme Agwa et Correria, Recital, Terrain vague ou Boxe boxe, lors d'une représentation chacune dans un pays différent, ce qui agrémente les fabuleuses images du ballet par de non moins belles photos des villes et pays traversés, le Brésil, la Chine et l'Inde en particulier. Une splendide évocation du chorégraphe, de ses danseurs et de leur parcours.

J.M.G. 

La danse classique est-elle en danger ?/ Daniel Picard / Ch. Rolland éd.

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La danse classique est-elle en danger ?


Par Daniel Picard, 74 pages, 6 illustrations en N. et B., 13 x 20 cm, broché, éd. Christian Rolland, Toulouse-Aucamville, Septembre 2013,  9,50 €.
ISBN : 978-2-9538184-6-8

C’est une évidence, la danse classique, bien que toujours et fort heureusement enseignée, est en train de disparaître des scènes françaises. Irrémédiablement. Constat que Damien Picard, passionné par l'art de Terpsichore depuis le début des années soixante, dénonce avec amertume tout en en faisant son apologie et en proposant quelques bien timides solutions pour enrayer son déclin. Si le défaut de financements et les contraintes de rentabilité en sont une des causes, ce ne sont certes pas les seules, la plus importante s’avérant être le manque d’engagement tant des autorités culturelles de tutelle que du public. D’où l’impossibilité pour la majorité des artistes professionnels pratiquant cet art aujourd'hui d’en vivre sans avoir recours à une reconversion au moins partielle.

Réflexion que l’auteur poursuit en analysant la déformation, voire la désagrégation des œuvres du passé, lesquelles ne bénéficiaient bien sûr ni de vidéo à l’époque de leur conception, ni de protection par la SACD ou la SACEM comme aujourd’hui. Aussi, lorsque ces pièces sont remontées, peuvent-elles parfois n’avoir qu’une lointaine ressemblance avec les œuvres originales, si tant est qu’elles ne fassent pas l’objet de plagiat. Et l’auteur de prendre en exemple, pour illustrer ses dires, la version  de Coppélia de Patrice Bart et celle de La Source de Jean-Guillaume Bart, ce tout en évoquant, entre autres, la mémoire de certaines artistes comme Madeleine Lafon, aujourd’hui disparue, et dont l’édifiant texte d’une conférence prononcée à Paris en mai 1955 figure intégralement en annexe à l’ouvrage.

J.M.G.

L'art chorégraphique occidental, une fabrique du féminin / Virginie Valentin / L'Harmattan éd.

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L’art chorégraphique occidental, une fabrique du féminin

Essai d’anthropologie esthétique,

Par Virginie Valentin, 270 pages, 15,5 x 24 cm, broché, L’Harmattan éd., Coll. Univers de la danse, Paris, Mai 2013, 28 €.

ISBN : 978-2-336-00643-7

Sous ce titre un peu ésotérique se cache en fait une idée beaucoup plus simple qui pourrait à elle seule résumer l’ouvrage : quelles sont les motivations qui poussent les jeunes filles à faire de la danse ? Il n’est de secret pour personne que l’art de la ballerine exerce une fascination toute particulière sur un grand nombre de jeunes filles, voire leurs parents. Il offre la possibilité de parvenir à une image idéale du féminin, à une esthétique particulière, celle de la ligne ou, plus simplement, à un avenir différent de celui qui se profile socialement. Comme le montre l’auteur, cette activité artistique apparait comme un moyen privilégié d’élaboration de l’identité féminine. Ses recherches, qui ont abouti à un doctorat d’anthropologie dont cet ouvrage est issu, se sont organisées dans trois directions : auprès des danseuses de l’Opéra de Paris ainsi que des élèves et professeurs de danse de diverses écoles de quartier, conservatoires ou MJC mais aussi dans diverses archives, notamment celles du Palais Garnier, relatives aux ballerines et leur représentation sociale. C’est en fait « l’histoire du clivage qui préside aux représentations sociales du féminin dans notre société » que Virginie Valentin a fait apparaître au travers de ces pages en montrant comment et pourquoi cette image du féminin s’est imposée dans notre société et comment, en jouant sur les différentes images du féminin, les femmes parviennent à élaborer une identité qui les satisfait.

L’ouvrage est divisé en trois parties : la première traite de la jeune fille et de son double (ambivalence de la danseuse, pouvoir de séduction des ballerines, personnage de la femme-cygne), la seconde, de l’élévation (petits rats de l’Opéra, initiation de la ballerine, mères des danseuses) et la troisième, de l’incarnation (de fille en aiguille et des filles modernes). Une importante bibliographie complète ce fascinant travail.

J.M.G.

La danse Flamenca / A. Arnaud-Bestieu & G. Arnaud / L'Harmattan éd.

la-danse-flamenca.jpgLa danse Flamenca, Techniques et esthétiques,

Par Alexandra Arnaud-Bestieu et Gilles Arnaud, 228 pages, 5 illustrations en N et B, broché, 15,5 x 24 cm, Editions l’Harmattan, Collection Univers de la danse, Paris, Juin 2013, 23,50 €.

 

ISBN : 978-2343-00865-3

 

La danse Flamenca est un art qui se développe considérablement de nos jours à travers le monde, alors que, paradoxalement, si de nombreux ouvrages sont consacrés à son histoire, son ethnologie ou sa musicologie, aucun ne développe réellement son caractère, sa démarche et son écriture chorégraphiques. Cet ouvrage qui comble ce vide se veut un précis de danse, voire même un livre-ressource. Un ouvrage « où les préoccupations esthétiques se construisent à l’aune des techniques identifiées : déconstruction de formes et de traits saillants comme autant d’éléments constitutifs de courants, de styles et de touches. »

Ce travail propose donc au lecteur un voyage au cœur de cette danse aux sources pluriséculaires, où vont se mêler des histoires, celles d’une terre, d’un peuple, d‘un art en perpétuelle transformation jusqu’aux rivages du temps présent. L’étude de cette danse au travers d’analyses du mouvement se base sur la théorie du mouvement appliquée à la danse de Rudolf von Laban, laquelle définit tout mouvement à partir de quatre notions fondamentales, l’espace, le temps, le flux et le poids. Différents styles et esthétiques vont ainsi être successivement étudiés, permettant de saisir la danse Flamenca dans son ensemble.

Après quelques rappels historiques sur cet art en perpétuelle transformation, les auteurs évoquent les éléments essentiels de flamencologie, identifient les différents styles et corporéités flamencas avant d’aborder la question de l’avant-garde contemporaine. Un glossaire et une importante bibliographie complètent utilement cet ouvrage qui s’adresse non seulement aux amateurs mais aussi et surtout aux professionnels.

J.M.G.

 

Les mots de la matière / Odile Duboc / Les solitaires intempestifs

o-duboc-les-mots-de-la-matiere.jpgLes mots de la matière,

par Odile Duboc, 256 pages et un DVD, broché, 14 x 20 cm, éd. Les Solitaires Intempestifs, Besançon, décembre 2012, 23 €.

ISBN : 978-2-84681-369-3

 

Odile Duboc a consacré plus de 40 années de sa vie à l’art de Terpsichore. Elle disparaît le 22 avril 2010 des suites d’un cancer. Les mots de la matière sont un recueil de quelques-uns de ses textes les plus marquants, écrits entre 1981 et 2010, et rassemblés par sa complice  de 30 ans, Françoise Michel, qui fut aussi créatrices des lumières de la plupart de ses pièces. Plus qu’une autobiographie, cet ouvrage révèle l’extraordinaire engagement, le combat et les prises de position que cette artiste hors du commun mena toute sa vie durant pour que la danse vive, pour que les danseurs et les intermittents du spectacle soient reconnus et obtiennent les mêmes droits que tous. Il relate bien sûr également le parcours de l’artiste et son œuvre, sa technique, son vécu, sa sensibilité, son besoin d’échange et de partage, et la nécessité impérieuse de transmettre qui l’animait. Quant à sa danse, elle procède d’un chant intérieur naissant de l’exploitation mentale de la rythmique de chacun des quatre éléments, l’air, l’eau, la terre et le feu. Elle ne repose que sur des sensations spatiales et respiratoires que l’artiste s’efforce de mettre en valeur, ainsi que sur l’abandon de son corps, traduisant ainsi ses états d’âme.

Ces textes, remarquablement bien écrits et d’une lecture aisée, ne sont pas rassemblés par ordre chronologique mais par thèmes ou questions : rapport au temps et à la conscience kinesthésique du geste effectué, musicalité des matières de sa danse, indépendance de cette dernière par rapport à la musique, etc… Ils sont accompagnés d’une chronologie de ses pièces et d’un DVD présentant sa technique au travers d’un cours, et trois de ses solos : Langages clandestins (1081), Evidence (1989) et O.D.I.L. (2006).

J.M.G.

 

Les Casse-Noisettes, Péril au Bolchoï / Alain Germain / Editions Oslo

les-casse-noisettes-3-alain-germain.jpgLes Casse-Noisettes

3. Péril au Bolchoï

Par Alain Germain, 192 pages, 14,5 x 21 cm, broché, Oslo éditions, Paris, juin 2013, 12,95€.

ISBN : 978-2-3575-4120-7

 

Vous souvenez-vous de ces trois graines d’étoile, Victor, Diana et Chloé, qui s’étaient retrouvés embarqués bien malgré eux à l’Opéra Royal de Londres dans une aventure rocambolesque, à la recherche d’un collier de diamants qui aurait appartenu La Callas (1) ? Eh bien ce sont encore eux qui vont être les héros d’une aventure tout aussi fantastique que passionnante, qui se passe en Russie, cette fois, plus précisément au Théâtre Bolchoï de Moscou puis au Kirov de Leningrad, développant des trésors d’imagination pour délivrer de la prison où il a été jeté un poète dissident, petit-fils de l’une des plus grandes ballerines russes du moment, pour le faire passer en occident… Un récit palpitant, plein de rebondissements, qui se déroule à nouveau dans les coulisses de deux des plus célèbres temples de la danse au monde, qui dévoilera encore à nos jeunes lecteurs quelques-uns des secrets auréolant la magie du spectacle, à savoir le célèbre Casse-Noisette de Petipa et Tchaïkovski bien sûr !

J.M.G.

(1) Voir sur ce même site l’analyse de l’ouvrage Les Casse-Noisettes 2. Les mystères de Londres, en date du 6 novembre 3012