Angelin Preljocaj, de la création à la mémoire de la danse / éd. Les Belles lettres- Archimbaud

img-0002.jpgAngelin Preljocaj : de la création à la mémoire de la danse

 

Par Dany Lévêque, 192 pages, 55 figures et 10 photos en N et B de Jean-Claude Carbonne,

13,5 x 20 cm, broché, éditions Les belles lettres / Archimbaud, Paris, Septembre 2011, 21 €.

 

ISBN : 978-2-251-44418-5

 

Rares à l’heure actuelle sont les chorégraphes qui font appel à un choréologue pour garder la mémoire de leurs œuvres dans le but de les retransmettre intactes aux générations futures. Nombre d’entre eux se contentent d’enregistrements vidéo ou cinématographiques ; mais ceux-ci peuvent-ils transmettre par ce moyen l’esprit insufflé à l’œuvre par son créateur ? La réponse est malheureusement négative. Chaque créateur utilise en effet ses propres images, son propre langage pour faire comprendre, au-delà des pas et des figures chorégraphiques, l’essence de son propos. Tous en sont parfaitement conscients mais, lorsque l’on sait qu’il faut de 8 à 10 heures de travail pour noter 1 minute de danse, on imagine tout de suite que seules les grandes compagnies peuvent se permettre le luxe de faire appel à un choréologue. Certains chorégraphes - et Angelin Preljocaj en fait partie - le jugent indispensable : « Pour moi, écrit-il, la danse doit acquérir sa propre littérature, à l’égal de tous les autres arts. Elle ne peut continuer à vivre indéfiniment dans l’amnésie »…  La choréologie est en fait complémentaire de la vidéo ou du cinéma, et non une concurrente.

Angelin Preljocaj est un des rares chorégraphes actuels à s’être acquis, et ce, depuis presque vingt ans, le concours d’une choréologue en la personne de Dany Lévêque dont le rôle n’est pas seulement de transcrire des notes sur une partition mais aussi de faire une analyse de la création, d’en assurer une mémoire globale. A l’inverse de la danse classique qui peut être transmise de danseur à danseur par le langage des signes sans trop en compromettre l’esprit, la danse contemporaine n’a pas de lexique déterminé. Il existe aujourd’hui plusieurs systèmes de notation du mouvement : le plus usité, celui créé par Rudolf Benesh en 1955, est aussi celui adopté par Dany Lévêque. Dans cet ouvrage, elle en donne les fondements au travers de nombreux exemples, tout en en montrant l’intérêt et l’importance dans son utilisation quotidienne au sein de la compagnie : c’est ainsi qu’elle permet de recueillir et retranscrire toutes les composantes d’un ballet, non seulement sa chorégraphie, sa musique et sa mise en scène mais aussi son sens profond, permettant ainsi, lors de sa reprise, le respect de l’état d’esprit de son auteur lors de la création de l’œuvre.

J.M.G.

Angelin Preljocaj de la création à la mémoire de la danse / éd. Les Belles lettres- Archimbaud

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau