Anne-Marie Sandrini / Le grand écart

sandrini.jpgLe grand écart,

 Du classique au cancan,

 Par Anne-Marie Sandrini, 272 pages, 16 photos en couleurs et 32 en N & B en deux cahiers, 13,5 x 22 cm, broché, couverture avec rabats, éd du Mauconduit, Paris, février 2013, 23 €.

 ISBN : 979-10-90566-07-01

 

La seule façon de s’aimer, c’est de laisser la vie chanter et de

danser pour la remercier car jamais elle ne cesse de donner...

A.M. Sandrini

 

Certains l’ont bien connue, d’autres, pas du tout. Et pourtant… Issue de deux générations de danseurs, Anne-Marie Sandrini a elle aussi consacré sa vie à l’art de Terpsichore. Une existence aussi passionnante que tumultueuse qui la mena jusqu’au professorat puis à l’Inspection de la danse au Ministère. Toutefois, plus que l’histoire d’une vie dévolue à la danse, c’est un voyage au travers du monde artistique parisien durant presque un siècle et demi qu’elle évoque, monde au sein desquels on croise entre autres Nina Vyroubova, Janine Schwartz, Paulette Dynalix, Serge Lifar, Yves Brieux, Dany Kaye, Fernand Reynaud, Jean Nohain, Fernandel pour n’en citer que quelques uns… Mais c’est aussi une plongée dans l’univers des ses parents et grands parents, tous d’extraordinaires aventuriers du spectacle qui ont connu Rodin, Bourdelle, Claudel, Proust, Debussy, Ravel, Diaghilev, La Argentina... Sa grand-mère Emma Sandrini, fut en effet danseuse étoile à l’Opéra de Paris et son grand-père, Pédro Gailhard, directeur pendant 25 ans  de ce même temple de l’art! Passionné par le bel canto, c’est lui qui fut l’instigateur des matinées à l’Opéra ; et, lui aussi, qui, attachant une importance toute particulière à la direction d’orchestre, fit inscrire le nom des chefs sur les affiches… S’il ne s’intéressait pas spécialement à la danse, ce fut tout de même lui qui fit entrer Carlotta Zambelli dans la « Grande Maison ». Quant à son père, Pierre Sandrini, il fut d’abord Directeur du Moulin Rouge et chorégraphe attitré de l’établissement au sein duquel se produisaient Jane Avril, La Goulue et Valentin le Désossé… avant de faire la renommée internationale du Bal Tabarin, temple du music hall, dont il fut directeur, décorateur, costumier tout à la fois… A sa mort, ce fut sa mère, capitaine du french cancan, qui reprit le flambeau pour faire vibrer cette célèbre institution, malheureusement juste le temps d’une revue…

Plus par peur de ne pouvoir faire honneur à ses parents que par découragement, Anne-Marie, alors âgée de 18 ans, quitte l’Opéra de Paris, à peine quelques mois après son admission dans le corps de ballet. Mais les circonstances firent qu’après un petit passage dans l’orfèvrerie, elle renouera avec cet art au travers du professorat puis de l’inspection de la danse. Une vie trépidante, fourmillante d’anecdotes, desquelles sourd un torrent d’émotions et de nostalgie…

J.M.G.

Anne-Marie Sandrini / Le grand écart/ éd. du Mauconduit / Février 2013

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau