Chaillot, palais de la danse / Collectif / coéd. Chaillot-Somogy

Chaillot

Chaillot, palais de la danse, Du théâtre populaire à l’esplanade des droits de l’homme 

par Didier Deschamps, Pascal Ory, Frédéric Seitz, Anne Decoret-Ahiha, Isabelle Gournay, Emmanuel Bréon, Emmanuel Decaux, Catherine Faivre-Zellner, Jeanyves Guérin, Rosita Boisseau, Fabrice d’Almeida, Pascal Blanchard, Marie-Christine Vernay, Patrick Sourd, Farid Abdelouahab, Gilles Manceron, Jean-Marie Durand, Hugues Le Tanneur & Agnès Izrine, sous la direction de Pascal Ory et de Pascal Blanchard, 272 pages, 154 photos en couleurs et 146 en N & B, 25 x 28,5 cm, relié, coéd. Chaillot - Somogy, Paris, Octobre 2018, 39 €.

ISBN : 978-2-7572-1387-2

Il existe déjà de nombreux livres sur le Théâtre de Chaillot. Alors, pourquoi ce nouvel ouvrage ? Il est étonnant de constater que tous les écrits existants ne laissent quasiment pas de place à la danse, laquelle pourtant à toujours été présente. Or, l’accent mis sur cet art permet de comprendre pourquoi ce théâtre est devenu aujourd’hui le Théâtre national de la Danse. Sa formidable aventure débute aux lendemains de l’Exposition Universelle de 1878 pour se concrétiser en 1920 avec Firmin Gémier qui crée le Théâtre National populaire, lieu de culture artistique ouvert à tous les publics, cinquième scène nationale. L’une des premières artistes chorégraphiques à s’y produire sera Isadora Duncan et ce, dès 1913 dans un drame dansé de Christoph Willibald Glück, alors que ce monument ne portait que le nom de Palais de Chaillot. Le théâtre ne prendra son véritable essor qu’en 1951 avec l’arrivée de Jean Vilar qui le dirigera pendant 12 ans, lequel aura pour mission de présenter des œuvres en accord avec l’actualité. Ses successeurs, Georges Wilson, Jack Lang, André-Louis Perinetti, Antoine Vitez, Jérôme Savary puis Ariel Goldenberg, malgré de nombreuses embûches, parviennent tant bien que mal à garder le cap, tout en ouvrant le théâtre à de jeunes créateurs. L’arrivée de José Montalvo et de Dominique Hervieu en 2008 réorientera la destinée de Chaillot vers la danse, tout en maintenant une partie de la programmation théâtrale. Quant à son actuel directeur, Didier Deschamps, il lui conférera une activité et une renommée internationales.

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Iconographie tirée de l'ouvrage

 

Cet ouvrage dans lequel sont abordés sous divers angles ses origines, sa construction sur la colline de Chaillot, sa décoration, son histoire et son évolution, son aventure artistique, sa légende et son avenir, a l’originalité de mettre l’accent sur l’art de Terpsichore. Sont successivement évoqués le passage de Lifar avec sa Giselle, de Petrouchka de Fokine avec les Ballets de Monte-Carlo, de Katherine Dunham, de Zizi Jeanmaire mais surtout de Maurice Béjart dès 1950 avec Les Patineurs, chorégraphe qui présentera ses ballets dans ce théâtre durant quarante ans. De nombreux autres chorégraphes s’y affichent également : Preljocaj, Gallotta, Forsythe, Découflé, Montalvo, Blanca Li, Maillot, Malandain, Naharin, Teshigawara, Platel entre autres… Le hip-hop avec Mourad Merzouki s’y installe également.

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Iconographie tirée de l'ouvrage

 

Chaillot, palais de la danse s’avère donc un ouvrage extrêmement documenté, bourré d’anecdotes plus truculentes les unes que les autres, d’une richesse iconographique aussi incomparable qu’insoupçonnée. Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer l’un de ces bons mots relevé au fil des pages, extrait d’un entretien donné par Béjart à François Weyergans et rapporté dans le quotidien Le Monde du 7 octobre 1981. Ce texte explique bien ce à quoi les représentants de l’art chorégraphique ont été confrontés : on sait en effet que le directeur du Ballet du XXème siècle souhaitait fonder une école Mudra à Chaillot. Les pourparlers ont duré quatre ans, temps au bout duquel Béjart renonce. « Je suis dans la situation d’un type qui ferait la cour pendant quatre ans à une dame et, au bout de quatre ans et demi, elle lui dit : Je suis à vous ! Et je réponds : je m’excuse, je ne bande plus, je ne ferai pas cette école, c’est terminé »…


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Voilà donc un merveilleux cadeau de Noël, tant pour les amateurs de théâtre que de danse, une immersion inédite dans ce qui est devenu le palais de la danse.

J.-M. G.

 

Chaillot palais de la danse / Collectif / coéd. Chaillot-Somogy / 2018

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