Danse contemporaine et opéra / Christian Gattinoni / Editions Scala

Danse contemporaine et opéra

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Danse contemporaine et opéra,

par Christian Gattinoni, 128 pages, 72 photos en couleurs et 6 en N. et B., 16,5 x 20,5 cm, broché, Collection Sentiers d’art, Nouvelle éditions Scala, Paris, novembre 2014, 15,50 €.

ISBN : 978-2-35988-131-8

Les premières danses émergeant au sein d'opéras datent de Louis XIII et de Louis XIV, ce dernier étant d'ailleurs le fondateur de  l'Académie royale de danse en 1661. Mais la première œuvre à associer danse et opéra est l’Orfeo de Monteverdi, qui date de 1607. Du fait des conditions sociales, le ballet de cour deviendra très vite un spectacle complet dès le début du 18ème siècle. Les ruses de l’amour de Noverre, œuvre lyrique et chorégraphique pour la Guimard, verra le jour en 1777. C’est d'ailleurs grâce à Noverre que la danse perdra sa fonction d’agrément pour évoluer vers un art indépendant. Ainsi l’opéra deviendra t’il « drame, musique et danse ». "L’une des caractéristiques du « grand opéra » tel qu’il se développe à Paris autour de 1830, écrit l’auteur, est de situer un ballet conséquent au début du 3ème acte". Ainsi en sera-t-il pour de nombreuses œuvres telles Don Giovanni, La Traviata, Le bal masqué, Eugène Onéguine, Le prince Igor et bien d’autres encore. Petit à petit, la danse prendra le pas sur l’Opéra comme par exemple dans Le château de Barbe bleue d’Anna Teresa de Keesrsmaker ou dans Porgy and Bess de Gerschwin qui voit la fusion de la comédie musicale, du jazz et de l’opéra. Le chorégraphe baroque quant à lui va plus loin car il fera le lien entre la période baroque et la nôtre. Ainsi en est-il notamment de François Raffinot, de Béatrice Massin et de Francine Lancelot.

Le premier à faire danser un opéra dans son intégralité est Maurice Béjart. La flûte enchantée est en outre sortie des salles d'opéra pour être implantée au Palais des sports, dans le but de la rendre accessible à un plus large public. Et, pour laisser le corps le plus libre possible, Béjart remplace les tutus par des collants ou des jeans. Costumes qui rendent l'œuvre plus sensuelle tout en lui conférant une touche de modernité. Dès lors, quelques chorégraphes s'intéressent également à la mise en scène, telle Blanca Li pour le Guillaume Tell de Rossini à l'Opéra Bastille. C'est sans doute Jan Fabre qui ira le plus loin dans ce domaine avec son Tannhaüser ou son Parsifal, explorant les possibilités chorégraphiques radicales pour revisiter la danse traditionnelle. Alors que l'opéra tend à disparaître, de nouvelles formes de spectacle vivant voient le jour, comme Foi de Sidi Larbi Cherkaoui ou Die Soldaten de Bernd Aloïs Zimmermann, mêlant à la danse écriture sérielle, chants grégoriens, jazz et sons concrets, mixant passé et futur en faisant appel au cinéma. Du théâtre total en quelque sorte. L'ouvrage se termine sur les apports de Lucinda Childs et d'Andy de Groat aux opéras de Bob Wilson, en particulier Le regard du sourd, un opéra silencieux "où l'on entend de tous ses yeux et on le voit de toutes ses oreilles"...

Voilà donc un ouvrage qui fait le tour de la question, même s'il n'en fait qu'évoquer les grandes lignes, ce à l'aide d'exemples judicieusement choisis. Mais il est largement et fort bien illustré et, de plus, d'une lecture aisée. Il vient à point pour combler un trou dans la littérature relative à ces deux arts.

J.M.G.

 

Danse contemporaine et opéra ; Christian Gattinoni ; Editions Scala ; Novembre 2014

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