Françoise Adret, soixante années de danse / Francis de Coninck

Françoise Adret, soixante années de danse

 

Par Francis de Coninck, 128 pages, 73 illustrations en N et B et 12 en couleurs, 21 x 27 cm, broché, éd. Centre National de la danse, Coll. Parcours d’artistes, Pantin, décembre 2006, 28 €.

ISBN : 978-2-914124-31-7

 

Grande Dame de la danse, Françoise Adret a été danseuse puis chorégraphe, maître de ballet, directrice de compagnie, créatrice de projets, prospectrice de talents avant de devenir « chef d’entreprise culturelle » et inspectrice de la danse au Ministère. Avant-gardiste, féministe et engagée, on la rencontrait toujours une cigarette aux lèvres mais jamais la langue dans sa poche… Elle avait aussi une poigne de fer. Elle a œuvré pour la danse pendant plus de 60 ans. Et à 86 ans, elle disait encore : « ce n’est pas demain que je vais cesser de danser » !

Journaliste et critique de danse, Francis de Coninck a connu Françoise en 1980, à Lyon. Une amitié indéfectible est née de cette rencontre et, à l’âge où elle prit un repos bien mérité, il  décida de retracer son peu banal parcours au travers d’entretiens réalisés au cours de ces 25 dernières années.

Dans son enfance, Françoise était  un véritable garçon manqué mais, toute jeune, elle savait déjà ce qu’elle voulait : devenir danseuse. Elle fit toutes ses classes avec des professeurs russes réfugiés en France, entre autres, Madame Rousanne au studio Wacker. A 19 ans, elle rencontre François Guillot de Rode, son futur mari. C’est grâce à lui qu’elle fera la connaissance d’intellectuels célèbres tels Sartre, Valéry, Artaud ou Boris Vian. Après la Libération, elle entre à l’Opéra de Paris au sein duquel régnait Lifar. Elle y dansera son Pas d’acier. De la même époque date sa première chorégraphie, La conjuration, sur un poème de René Char et une musique de Jacques Porte. Les aventures se multiplient. Françoise est une des premières chorégraphes à travailler pour la télévision et, aussi, l'une des premières à exporter la danse française à l’étranger. En 1959, elle est maître de ballet chez Roland Petit. L’année suivante, on la retrouve à Nice, à l’invitation de Pierre Médecin, pour créer le Ballet de l’Opéra  : elle y montera plusieurs œuvres : Concert Grosso, Le Tricorne, Résurrection, Les amants de Mayerling et bien d’autres encore. En 1963, elle reprend son bâton de chorégraphe, travaillant, entre autres, pour le Marquis de Cuevas, le London Festival Ballet et le Harkness Ballet de New-York. 1968 marque son retour en France. Elle y monte, avec Jean-Albert Cartier, le Ballet Théâtre contemporain d’Amiens dont le but était de mettre en lumière la danse moderne. Ensemble, ils y réaliseront plus de 40 créations. En 1972, le BTC s’installe à Angers, et Françoise en est la responsable chorégraphique. Elle y invite plusieurs chorégraphes américains tels Balanchine, Lubovitch, Tudor ou Butler. Un souffle de liberté envahit alors l’univers codifié et fermé de la danse. En 1978, elle est appelée au Ministère où elle est nommée inspectrice de la danse en charge des conservatoires, à une époque où la danse moderne tenait peu de place dans l’enseignement. C’est elle qui généralisera cette discipline. En 1985, elle prend la direction du Lyon Opéra Ballet. Elle y invite Mats Ek et Kylian mais aussi des jeunes chorégraphes comme Maguy Marin à qui elle confie la relecture de Cendrillon, un des ballets les plus célèbres aujourd’hui. Elle acheva sa carrière en 2000 en tant que directrice du Ballet de Lorraine, bien après l’âge requis pour la retraite…

 

J.M. Gourreau

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