J'ai fait le beau au bois dormant / Pedro Pauwels

 

J’ai fait le beau au bois dormant

 

 

 

Par Pedro Pauwels, 160 pages, 11, 8 x 18 cm, 2 photos en couleur et 3 en N et B, broché, éd. Centre National de la Danse, coll. Parcours d’artistes, Pantin, Juin 2009, 12 €.

ISBN : 978-2-914124-38-6

 

« Vendredi 21 mai 2004, 7 heures du matin… En un clin d’œil, tout bascule… Cinq personnes s’activent autour de moi… Des regards se croisent, des questions fusent face à mon corps allongé sur un brancard, entouré du Samu qui m’emmène… L’hôpital… Très vite, les visages se cachent derrière les masques. Une voix me dit : C’est gravissime, Monsieur, nous allons vous endormir. Ce sera plus commode pour les soins… » Il restera endormi deux mois.

Dans le milieu de la danse, nul n’ignore que Pedro Pauwels s’est sorti de justesse d’une grave méningite, non sans séquelles d’ailleurs puisqu’il a fallu lui greffer un rein et que, dès le début de sa maladie, il a dû être amputé de la quasi-totalité des doigts de ses mains et, aussi, de ceux du pied gauche. Pas facile de reprendre des activités de danseur à la sortie de l’hôpital, six mois plus tard…

Aujourd’hui, si Pedro n’a pas retrouvé totalement l’usage de ses mains, il n’en mène pas moins repris une vie active, tant dans le domaine de la danse que dans son engagement à soutenir ceux qui, comme lui, ont failli ne jamais s’en sortir. Mais la vie vaut la peine d’être vécue, même si l’on se sent physiquement et psychologiquement diminué. « Je vis, je me sens comme une personne normale, entière, et je me comporte (pourtant) comme un être traqué, ayant toujours à l’esprit le besoin de dissimuler quelque chose ».

Cinq ans se sont écoulés depuis ce terrible accident cérébral et Pedro éprouve maintenant le besoin de parler de son histoire, laquelle peut sans doute être utile à ceux à qui, malheureusement, adviendrait la même chose.

Ces pages sont un témoignage poignant mais, surtout, très émouvant de son vécu à l’hôpital, des épreuves endurées, une analyse extrêmement fidèle de la réalité, écrits avec beaucoup de simplicité, de sincérité et une grande sobriété. Ce n’est pas toujours facile de trouver les mots pour décrire les pensées et sentiments qui vous étreignent dans les moments de détresse, les peurs inconsidérées, les envies de survivre… ou de mourir, les relations que vous pouvez avoir avec les gens qui vous soignent, médecins, infirmières ou aides-soignantes, « le fait de se sentir comme un animal exposé en vitrine au regard des médecins », les moments de reconnaissance aussi. Pedro a su le faire avec sérénité, et ses mots touchent car ils sont réels et vrais. Il n’a pas cherché, au travers de ces lignes, à ce que l’on s’apitoie sur son sort. En revanche, ce qui vient à l’esprit, c’est un sentiment d’admiration pour son courage, sa force de caractère, sa volonté. Ce dramatique accident a forgé un autre homme qui se tourne désormais vers les autres certes par la danse mais, aussi, par une approche plus directe, plus fraternelle, plus humaine.

 

J.M. Gourreau

 

Ala fin de l'ouvrage, le lecteur trouvera quelques témoignages du monde médical apportant un éclairage plus scientifique sur la maladie et le travail de rééducation, ainsi que celui d'une danseuse de sa compagnie évoquant la façon dont cet "accident" a changé le travail du chorégraphe.

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