Yano, un artiste japonais à Paris, par Chantal Aubry

Yano, un artiste japonais à Paris,

par Chantal Aubry, 384 pages, 51 illustrations en N et B (Anne Nordmann), 15,5 x 22 cm, broché, éd. Centre National de Danse, coll. Parcours d’artistes, Pantin, Juin 2008, 28 €.

 

 

 

ISBN : 978-2-914124-35-5

 

 

Hideyuki Yano, est un être un peu mystérieux pour la majorité des amateurs de danse contemporaine. Il naquit à Tokyo en 1943 et mourut très jeune, à 45 ans, du sida, à Paris. Il débarqua dans cette ville au début des années 70, nourri d’une spiritualité orientale à laquelle l’Europe aspirait. Auparavant, au Japon, il goûta à de nombreux arts, la peinture, le théâtre, le piano, le yoga, la danse et, surtout, le mime. Ses premiers spectacles datent de 1968 : il s’agissait de performances appuyées sur des textes poétiques, loin du butô qui prenait alors naissance sous l’impulsion d’Hijikata. A son arrivée en France, Yano rencontre la femme du sculpteur Piotr Kowalski qui lui donne les moyens de monter ses premiers spectacles. C’est aussi par elle qu’il entre en contact avec Elsa Wolliaston. Par la suite, il fera la connaissance de Susan Buirge, Christiane de Rougemont, Lila Greene, Sidonie Rochon, Karine Saporta, Mark Tompkins, François Verret… En 1977 naît le groupe « Mâ, danse théâtre rituel » et le fameux spectacle Rivière Sumida / Folie, duo avec Elsa Wolliaston dans lequel le nô prend une place prépondérante. Les deux pièces suivantes, Géo-chorégraphie et Flux-sape lui apporteront sinon la célébrité, du moins la reconnaissance. Puis ce sera Châteauvallon et Hana avec Elsa, prélude à la dissolution du groupe Mâ. Ses dernières œuvres, Salomé et Ishtar, exploreront les frontières du théâtre et de la danse. En 1986, il deviendra directeur du Centre Chorégraphique National de Besançon - Franche Comté.

Pour Yano, la danse était l’expression d’un état intérieur dominé par la sensation et le désir. Mais il était aussi hanté par la mort. Celle de son frère en 1980 le marquera à jamais. Sa danse, hors du temps, initiatique, rituelle, était imprégnée par son sens du sacré. Son enseignement aura marqué de nombreux danseurs et chorégraphes de ces dernières années.

Yano se livrait difficilement. Chantal Aubry et Anne Nordmann ont eu la chance de faire sa connaissance peu de temps après son arrivée en France, de travailler avec lui et de le suivre durant tout son parcours. Cet « impossible portrait » a pu être rédigé grâce à la complicité des nombreux artistes qui ont travaillé avec lui. C’est un témoignage aussi émouvant que passionnant.

J.M.G.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau