Ballet Royal du Cambodge / La Légende de l'Apsara Méra

Ballet Royal du Cambodge :

 

Evanescent

 

Il s’était déjà produit à Paris à l’Opéra de Paris et au Théâtre du Rond-Point en mars 1994. On le revit plus récemment à Versailles et dans diverses régions de France en octobre 1999 où sa tournée fut triomphale. Le spectacle qu’il nous propose aujourd’hui, toujours aussi somptueux, continue à faire l’admiration de tous les publics.

Il faut dire que s’il faut quinze ans à une danseuse classique pour parvenir au firmament en acquérant le titre suprême d’Etoile, il faut quasiment le même temps à une danseuse khmère pour atteindre le summum de son art. Ici, pas question de se faire valoir par des prouesses, pas question  de chercher à s’affranchir de la pesanteur. Bien au contraire, tout est dans la retenue, la mesure et la nuance. L’art de la danse au Cambodge ne compte pas moins de plusieurs centaines de positions et plusieurs milliers de signes, notamment de la main, chacun ayant sa signification propre. Un peu comme le langage des sourds-muets. Langage dont nous avons, nous, occidentaux, du mal à percevoir toute la richesse les subtilités. Alors, il faut se laisser aller à l’écoute de cette lancinante et envoûtante musique des xylophones, des gongs, des tambours et des cymbalettes, à la contemplation de ces sublimes princesses au visage impassible de poupée parées d’or et d’argent, tout en songeant qu’elles sont les descendantes des apsaras, ces créatures divines, gardiennes des temples d’Angkor, investies d’un rôle sacré. Ce qu’elles nous content aujourd’hui, ce sont les légendes et épopées qui avaient cours au XIIème siècle et qui évoquent la lutte des dieux pour conquérir le monde et acquérir le précieux élixir de l’immortalité. Leur danse est en fait un enchaînement de poses sans aucun heurt ni violence qui obéit à des règles strictes transmises de génération en génération dans une recherche constante de la perfection. Tout est élégance et raffinement, finesse et douceur, dans des décors d’une sobriété dont le seul but est de mettre en valeur la fraîcheur et la préciosité des interprètes dont on ne se lasse pas d’admirer la vibration et la couleur des gestes, apanage d’une très grande sensibilité. Le Balet Royal du Cambodge n’a t’il pas été proclamé par l’UNESCO comme chef d’œuvre au Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité ?

 

J.M. Gourreau

 

La Légende de l’Apsara Méra, chorégraphie de son Altesse Royale la Princesse Norodom Buppha Devi, Ballet Royal du Cambodge, Salle Pleyel, Paris, 10 Octobre 2010.

 

Prochaines représentations :

-     12 Octobre : Le Volcan au Havre,

-         15 Octobre : Poissy,

-         16 Octobre : St Maur des fossés,

-         17 Octobre : Arènes de l’Agora d’Evry.

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