Boris Charmatz / Enfant / Catalepsie

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Ph. B. Brussey

Boris Charmatz :

 

Catalepsie

 

 

Un corps inerte, artificiellement mis en mouvement peut, dans certaines conditions, se transformer en un corps dansant. Ce concept a donné à Boris Charmatz deux idées pour le moins originales, la première étant bien évidemment d’utiliser une sorte de treuil pour mobiliser les corps, la seconde, de mettre en scène des enfants naturellement familiarisés avec la notion d’inertie et de laisser-aller. Le résultat s’est révélé surprenant.

Sur le plateau, les ténèbres se dissipent en laissant entrevoir les palans d’une grue qui remonte précautionneusement deux cadavres comme si elle venait de les repêcher des profondeurs d’un océan qui les aurait malencontreusement engloutis. Ceux-ci vont bientôt rejoindre celui d’un autre homme lâchement replié sur un praticable qui pourrait être le quai d’un dock ou la grève sur laquelle des vagues déferlent avant de se retirer. La mort n’avait cependant pas fait son œuvre puisqu’un soubresaut agitera bientôt les trois pantins chahutés par les éléments déchaînés. Or, ce qui retient d’abord l’attention et, par là même, étonne, ce sont les balancements de ces corps totalement inertes au gré des secousses de la machine. La scène est pour le moins étrange : la pénombre aidant, la vision de cadavres pendus au bout d’une corde qui se balancent dans la nuit des temps apparaît fantasmagorique et totalement irréelle... Toutefois, de par sa composition et de son esthétique, cette mise en scène ne s’avère pas non plus dénuée d’intérêt.

Mais très vite, d’autres personnages vont envahir le plateau, notamment tous ces petits lutins de connivence avec les danseurs de la compagnie pour lesquels l’espace va devenir un terrain de jeu sur lequel va se reporter l’intérêt du spectateur. L’œuvre prend alors un petit côté ludique et attachant qu’elle gardera jusqu’à la fin du spectacle, lorsque Boris Charmatz aura épuisé ses idées quant à la mise en scène de corps en catalepsie... De belles images également comme celle du joueur de flûte de Hamelin entraînant les enfants à sa suite comme des (petits) rats. Malgré tout, l’œuvre aurait gagné à être un tantinet plus courte, quelques longueurs s’étant insinuées de ci, de là, déconcentrant à certains moments le public. Dommage car une ou deux idées originales judicieusement insérées au sein des variations  browniennes et débridées auraient donné davantage de corps à cette pièce qui s’avère toutefois un excellent moyen d’amener les enfants à la danse et de leur en donner le goût !

 

J.M. Gourreau

 

Enfant / Boris Charmatz, Théâtre de la Ville, Octobre 2011.
Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris

Boris Charmatz / Enfant / Théâtr

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