Corinne Lanselle / Léonce / Des poissons dans les arbres / La danse de la folie

Corinne Lansellelanselle-c-visage.jpg

 

lanselle-c-leonce-colombes-m-j-c-11-oct-2011.jpg lanselle-c-leonce-colombes-m-j-c-08-oct-2011.jpg 

 

 

         Photos J.M. Gourreau

 

  

 

 

La danse de la folie

 

La rupture, dans un couple, est toujours un élément douloureux,  difficile à vivre et à surmonter. D’aucuns y parviennent non sans mal, d’autres tombent dans la folie. Léonce est de ceux-là. Les images qui lui reviennent obsessionnellement en mémoire sont trop profondément gravées au fond d’elle-même pour pouvoir être balayées d’un simple revers. Aussi se trouve t’elle contrainte de les revivre, comme un mal qui la mine, qui la ronge de l’intérieur. C’est en vain qu’elle tentera de les atténuer, voire de les exorciser. Elles ne lui laisseront aucun répit et reviendront comme un leitmotiv tout au long de la pièce. Ce n’est pas étonnant que ces réminiscences puissent engendrer une danse animale brute, puissante, fataliste, obsessionnelle, empreinte d’un profond désespoir. Pour le spectateur, le temps est suspendu. Ces instants terribles, d’une violence extrême, le scotchent sur son siège. Il reçoit en effet de plein fouet la douleur de cette femme repliée sur elle-même sans pouvoir lui apporter la moindre aide, et c’est peut-être cela qui le dérange et qui lui est difficile à supporter.

Corinne Lanselle a toujours été à l’écoute des autres. Son œuvre repose souvent sur l’étude des passions et des relations humaines qu’elle dissèque avec soin pour en faire surgir l’essence, la substantifique moelle. Dans Léonce, la danse, bien qu’alambiquée et souvent volontairement répétitive, est toujours signifiante, chargée d’une très grande émotion mais aussi d’une grande violence, mettant en scène des états de corps poussés à l’extrême et qui vont jusqu’à la schizophrénie. Vision d’une grande justesse qui vous touche jusqu’au plus profond de l’âme, comme un cri de profond désespoir. A sa création à Stockholm en septembre dernier, Léonce était un solo. Lors de cette reprise, la chorégraphe y a adjoint un personnage qui reste souvent dans l’ombre, l’homme à l’origine de ses tourments, ce qui eut pour effet de rendre l’œuvre plus forte et plus lisible.

Autre pièce au même programme, Des poissons dans les arbres, une création de la même veine, d’une complexité et d’une difficulté d’exécution extrêmes (magistralement interprétée d’ailleurs), mêlant hip hop et danse contemporaine, dans laquelle les corps s'abandonnent entre résistance et porosité. Rencontre entre quatre personnages en quête de leur identité qui se retrouvent dans des sas de lumière ou de silence pour partager ensemble un bref moment de vie. Portraits croisés toujours sur le fil du rasoir, mettant en lumière leurs émotions et leurs pulsions dans une mise en scène architecturale et picturale qui rappelle que Corinne Lanselle peut aussi s’exprimer par la peinture, en témoignent les quelques œuvres exposées en parallèle au sein même de la M.J.C.

J.M. Gourreau

 

Léonce et Des poissons dans les arbres / Corinne Lanselle, M.J.C. de Colombes, Octobre 2011, dans le cadre des 41èmes rencontres de danses de la Toussaint.

 

Corinne Lanselle / Léonce / Des

Commentaires (1)

1. AUDUC Chantal 31/10/2011

Artiste, chorégraphe complet qui mérite le respect et l'admiration.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau