Akaji Maro / La planète des insectes / Menaces sur notre planète

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Photos H. Kawahima

 

 

Maro Akaji :

Menaces sur notre planète

 

Les insectes sont de loin les êtres les plus nombreux sur notre planète, leur effectif atteignant sans doute 2 millions d’espèces, voire davantage. Nombre d'entre eux peuvent être dangereux pour l'Homme et l'ont déjà montré à plusieurs reprises. Aujourd’hui, à quelques exceptions près, ce dernier a quasiment toujours réussi à maîtriser ces êtres vivants tout comme nous mais que nous considérons comme des êtres inférieurs. Bien sûr, ils sont parfois parvenus à envahir certains territoires et engendrer des dégâts fort importants, certaines chenilles ou pucerons par exemple, mais nous sommes pratiquement toujours arrivés à les maîtriser. Se pourrait-il cependant un jour que ceux-ci puissent prendre le dessus ? Certains d'entre eux, sauterelles ou criquets par exemple, en dévorant tout sur leur passage, parviendraient-ils à nous affamer ? Moustiques et moucherons, pourraient-ils nous rayer du monde des vivants, ne serait-ce que par l'intermédiaire des bactéries, virus ou champignons pathogènes qu’ils transportent et contre lesquels nous nous trouverions encore démunis ? En effet, pour Maro Akaji, les humains ne leur sont pas supérieurs. On croit les dominer mais, finalement, ne se pourrait-il pas que ce soit eux qui prennent un jour ou l'autre le dessus ? Une réelle épée de Damoclès dont Maro cherche à nous faire prendre conscience par l’intermédiaire de cette Planète des insectes, un spectacle aux confins du butô et de l’expressionnisme, à la limite du grotesque, ce pour mieux frapper l’imagination… Et cela par le truchement d'une mise en scène qui confronte différents insectes aux humains dans un décor de tubes d'acier descendant des cintres pour former des cages amovibles, au sein desquelles seront emprisonnés tantôt les insectes, tantôt les hommes...

L'œuvre débute par une scène qui montre la parfaite organisation de ces invertébrés: une ronde de fourmis-soldats faisant preuve d'une discipline et d'une cohésion sans faille, présentant toutefois une certaine défiance vis-à-vis de l'Homme, en l'occurrence les spectateurs qu'elles considèrent à juste titre comme un ennemi et qu'elles sondent du regard pour discerner leurs intentions... Une scène fascinante qui peut mettre mal à l'aise mais qui, bien évidemment, ne sera pas la seule ! Si l’on a le plus souvent à faire à des insectes affables comme les grillons, il y en a d'autres, prédateurs sanguinaires, dont la tête est affublée de curieux casques en forme de bouilloire censés protéger leur nez, à l'image des casques de samouraï... Il y a encore un patriarche qui semble régenter tout ce petit monde, faisant la pluie et le beau temps ; il y a enfin ces morts, spectres lamés d'argent préfigurant notre destinée...

Un spectacle donc à mi-chemin entre théâtre et danse, aux limites du butô, un tantinet ubuesque comme toutes les œuvres de la compagnie Dairakudakan, mais qui donne cependant à réfléchir sur notre condition d'homme.

J.M. Gourreau

La planète des insectes / Akaji Maro et la compagnie Dairakudakan, Maison de la culture du Japon à Paris, du 11 au 13 juin et du 18 au 20 juin 2015.

 

*celui des vertébrés n’est que de 45000 !

Akaji Maro / La planète des insectes / Maison de la culture du Japon / Juin 2015

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