Alvin Ailey American Dance Theater / Que du bonheur

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Revelations - Ph. E. Patino                                                     Takademe - Ph. E. Eccles                                                Revelations - Ph. A. Eccles

Alvin Ailey :

 

Que du bonheur !

 

 

La venue en France de la Compagnie Alvin Ailey est toujours un événement. Son ballet fétiche, Revelations, n’a en effet rien perdu de son charme ni de son éclat et restera toujours une pièce d’anthologie. Cette œuvre, qui évoque la fin de l’esclavage et l’allégresse des peuples libérés, dégage en effet une gaieté et une chaleur incommensurables ; elle est surtout chargée d’un espoir que rien ne semble pouvoir ternir. Un moment de pur bonheur car, au travers de ces negro-spirituals et de ces danses enjouées, transparaissent toute la générosité du peuple noir américain, son amour de la vie et, surtout, de l’autre, des autres… Une œuvre d’un enthousiasme communicatif qui respire le bonheur et la joie, une œuvre universelle qui n’a pas pris une ride depuis sa création en 1960. Une danse aussi électrique qu’électrisante qui a révélé un chorégraphe d’un extraordinaire charisme, qu’il a d’ailleurs transmis à sa danseuse fétiche Judith Jamison, laquelle se retrouvera à la tête de la compagnie à la disparition d’Alvin Ailey en 1989. Aujourd’hui, celle-ci a passé le flambeau à son compatriote Robert Battle qui a ouvert la compagnie à un répertoire plus contemporain, tout en conservant celui de son fondateur, en en perpétuant la mémoire.

Pas moins de 15 ballets sur les quelque 200 au répertoire de la compagnie sont présentés en alternance durant cette saison à Paris dont 9 productions nouvelles que l’on doit bien sûr à Robert Battle mais aussi à Ulysses Dove, Paul Taylor, Joyce Trisler, Ohad Navarin et Rennie Harris. Un éclectisme que n’avait pas cette prestigieuse compagnie il y a seulement une dizaine d’années et qui met en avant ses prodigieuses qualités techniques et l’excellence de ses danseurs. Parmi les œuvres les plus originales et les plus spectaculaires, la première séquence de Minus 16 de Ohad Navarin, qui met en scène une vingtaine d’hommes assis sur des chaises en arc de cercle, lesquels, en se levant, vont se cabrer en arrière l’un à la suite de l’autre comme une vague qui viendrait submerger le plateau, avant de se débarrasser de leurs chaussures et de leurs vêtements dans un geste rageur. Un effet saisissant qui nous éloigne de l’exubérance des danses d’Alvin Ailey et de Judith Jamison.  A noter également Takademe, un étonnant solo de Robert Battle décomposant les rythmes saccadés du Kathak par la danse de Kirven James Boyd et la voix de Sheila Chandra. Un spectacle éblouissant.

J.M. Gourreau

 

Alvin Ailey American Dance Theater, Théâtre du Châtelet, Paris, du 25 juin au 21 juillet 2012, dans le cadre des Etés de la danse.

Alvin Ailey American Dance Theater / Théâtre du Châtelet / Juin - Juillet 2012

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