Ambra Senatore /John / Comédie humaine dansée

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Photos J.M. Gourreau

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Ambra Senatore :

 

Comédie humaine dansée

 

Ambra Senatore occupe une place un peu à part dans la danse contemporaine. Cette jeune italienne, fantasque et primesautière, nous offre, avec John, une œuvre qui, à nouveau, mixe théâtre et danse. Cette fois, elle s’en prend non plus aux femmes comme dans A Posto que nous avons pu voir fin mars – début avril au Théâtre des Abbesses, mais aux hommes, à leurs goûts tendancieux, leurs maladresses, leurs travers, et ce, toujours avec un humour un tantinet mordant. Le jeu, parfois puéril, est toujours présent dans ses spectacles, jusqu’à en être le point de départ. Et, dans le cas de John, il s’agit d’accumuler sur scène une foultitude d’objets plus hétéroclites les uns que les autres, de petits riens qui semblent déposés ça et là un peu au hasard, de manière tout à fait désinvolte par les quatre danseurs, qu’il s’agisse d’une valise rose, d’une moumoute, d’une toque de fourrure, de quelques CD, d’un portable qui se met à sonner de façon incongrue, d’une boussole, d’une toupie ou, encore, d’une bonne douzaine de piverts en bois qui descendent le long d’une tige, obéissant aux lois de la pesanteur tout en faisant toc-toc... Tous ces objets vont cependant acquérir une signification particulière au fil du spectacle, d’autant qu’Ambra ou l’un de ses sbires va en faire valider l’utilisation par le public. Demander aux spectateurs leur participation entraîne souvent une gêne de leur part mais, curieusement, peut-être du fait du climat ludique qui s’est institué sur le plateau ou de l’attitude totalement désinvolte des artistes, une sorte de confiance s’est peu à peu instaurée, rendant le dialogue entre scène et salle particulièrement aisé, certains spectateurs ne se faisant d’ailleurs même plus prier pour participer aux (d)ébats. C’est sans doute grâce à l’élaboration d’une telle atmosphère de bien-être et d’une telle insouciance communicative - qui sont d'ailleurs la signature de la chorégraphe, il faut le souligner - que celle-ci est devenue en très peu de temps la « coqueluche » des amateurs de danse contemporaine d’aujourd’hui. Mais ne nous y trompons pas, au travers de ces séquences de vie d’une apparente bonhommie, se cache une satire de notre société qui donne à réfléchir…

J.M. Gourreau

John / Ambra Senatore, Théâtre de l’Aquarium, Vincennes, 12 juin 2013, dans le cadre de June Events.

Ambra Senatore / John / Vincennes / Juin 2013

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