Azusa Takeuchi / Emotional intelligence / Quand l'art de la danse renforce l'art du mime...

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Photos J.M. Gourreau

Azusa Takeuchi:

Quand l'art de la danse renforce l'art du mime...

 

C'est fou ce que peut devenir expressif un regard lorsqu'il est renforcé par le geste. La jeune japonaise Azusa Takeuchi vient de nous en apporter une démonstration des plus convaincantes. Née au Japon en 1985, cette artiste ne nous est pas totalement inconnue car, après avoir terminé ses études à l'Université des arts Nihon, elle s'installe en France en 2008, grâce à une bourse du Gouvernement japonais pour les artistes. On la retrouve alors comme stagiaire dans la compagnie Forest Beats (dirigée par Yutaka Takei) et, de 2010 à 2012, au Centre de Développement Chorégraphique Toulouse – Midi Pyrénées, où elle rencontre notamment Vincent Dupont, Alain Buffard, Robyn Orlin, et Mladen Materic. Depuis 2012, elle travaille en tant qu’interprète pour plusieurs chorégraphes comme Franck Vigroux ou Myriam Gourfink, Christian Rizzo, Jérôme Deschamps, Franck Chartier (Peeping Tom), Rita Cioffi et Yuta Ishikawa notamment.

Par ailleurs elle crée et danse ses propres pièces, des solos comme Le blanc en 2010 et KAMi en 2011. Ces solos lui permettront de remporter le prix de Masdanza au Yokohama Dance Collection EX 2011 au Japon. Elle réalise aussi des pièces en collaboration avec les chorégraphes japonais comme Yuta Ishikawa, (26.5) en 2011 et Yuriko Suzuki, (Monstrum) en 2012. Elle a également travaillé avec le metteur en scène Mladen Materic (Théâtre Tattoo) sur une pièce solo, Prière pour Vera Ek qui a été créée en novembre 2015 au Théâtre Garonne à Toulouse puis  rejouée dans le cadre du Festival International de CDC-Toulouse en mars 2016.

Emotional intelligence, que l'on peut traduire par intelligence émotionnelle (IE) , résulte de la concrétisation d'une étonnante faculté, celle de lire et de sentir les émotions de certains êtres pour les traduire par des expressions du visage ou des gestes. On appelle encore cette aptitude “QE” (quotient émotionnel), ou intelligence du cœur. Or, les recherches actuelles de cette artiste sont précisément axées sur ce qui se passe entre l'expression sensu stricto et l'expression du visage ou celle du corps. Leur traduction sur scène est étonnante et engendre, chez le spectateur, une pléiade d'émotions en relation avec ses propres perceptions, englobant les aspects affectifs. Ce mode d'expression est bien évidemment celui du mime par excellence mais il devient bien plus prégnant lorsqu'il est couplé à l'art de Terpsichore, le mouvement lui-même devant être le véhicule de l'expression portée par l'artiste.

Or, tant la gestuelle utilisé par Azusa Takeuchi dans sa performance que ses mimiques, subtiles et chargées d'une très grande émotion, s'avérèrent parfaitement exprimer les divers sentiments qu'elle puisait dans le regard de ses spectateurs, que ce soit de l'interrogation, de la surprise, de l'écoute, voire même, de l'incompréhension, de la colère ou de la peur. Il est dommage toutefois que cette fascinante prestation ait été aussi courte, avoisinant une dizaine de minutes, voire un peu plus: elle mériterait réellement d'être rallongée en abordant peut-être d'autres domaines afin d'en faire un spectacle complet.

J.M. Gourreau

Emotional intelligence / Azusa Takeuchi, Espace culturel Bertin Poirée, Paris, 13 & 14 octobre 2016.

 

Azusa Takeuchi / Emotional intelligence / Espace Bertin Poirée / Octobre 2016

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