Béatrice Massin / La Belle au bois dormant / Une Belle relookée

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.Photos F. Stemmer

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Béatrice Massin :

Une Belle relookée

 

Les fêtes de fin d'année sont l'occasion d'offrir tant aux jeunes qu'au moins jeunes des œuvres à la portée de tous mais plus spécialement à celle de nos enfants.  Et c'est précisément à l'issue de cette saison scolaire que Béatrice Massin leur a offert sa dernière pièce chorégraphique, La Belle au bois dormant, comme cadeau de Noël. Nul n'ignore ce conte de Charles Perrault qui a souvent fait les délices de nos bambins à la veillée, avant de les laisser tomber dans les bras de Morphée. Le jugeant peut-être un peu passéiste, Béatrice Massin l'a réadapté au goût du jour, tout en en conservant l'essence. Ce qui, toutefois, peut paraître un peu surprenant, est que cette spécialiste des danses baroques a fait le choix de sortir des sentiers battus pour faire un "écart", pas très grand il est vrai, vers la danse contemporaine afin de montrer  qu'il peut exister des ponts entre les deux disciplines.

Le conte qu'elle nous narre débute à l'époque de Lully pour prendre fin à la nôtre. Il s'inspire de l'histoire de la jeune duchesse de  Bourgogne, Marie-Adelaïde, dont Louis XIV s'éprit mais qui mourut de la rougeole en 1712, laissant le roi terriblement affligé. Elle ne conserve en fait du récit originel que les cinq personnages principaux, à savoir la Belle bien sûr, sa nourrice, le prince, le père et la méchante fée. En effet, pour Béatrice Massin, peu importe les dessous de l'histoire pourvu que celle-ci transporte les spectateurs dans un univers qui les fasse rêver, qu'ils pourraient s'approprier et où chacun pourrait s'égarer dans son propre monde. Or, sur la scène, l'expressivité et le jeu des personnages sont d'un tel réalisme que l'on rentre très vite dans une histoire, en fait celle que l'on se forge avec ses propres souvenirs, une histoire toujours merveilleuse car on ne doute pas un instant qu'elle puisse mal se terminer. Et effectivement, après toute une série de mésaventures et quiproquos, le rideau tombera sur l'image du prince embarquant la Belle dans la coulisse sans autre forme de procès...

Il faut dire que les trois interprètes de cette œuvre, malgré leur très grande jeunesse, ont parfaitement assimilé le style de la chorégraphe et se révèlent également fort à l'aise dans les variations finales, tout spécialement Olivier Bioret, un prince avenant, d'une drôlerie irrésistible dans sa niaiserie et ses attitudes forcées. Mais Lou Cantor n'est pas en reste, d'une fraîcheur et d'une insouciance qui auraient sans doute plu au roi soleil. Bref, une pièce sans prétention aucune mais fort lisible, pour laquelle la chorégraphe a gagné son pari, d'une part celui de faire partager au jeune public son amour pour la danse baroque, un style avec lequel il n'est pas vraiment familiarisé et, d'autre part, de le divertir, le faisant voyager dans le pays des rêves.

J.M. Gourreau

La Belle au bois dormant / Béatrice Massin, Théâtre Jean Vilar, Vitry sur Seine, 19 et 20 décembre 2014.

Prochaines représentations :

- Théâtre National de Chaillot, Paris, du 26 décembre 2014 au 16 janvier 2015,

- Courbevoie, 27 janvier 2015,

- Mortagne au Perche, 5 février 2015,

- Armentières, du 12 au 14 février 2015,

- Alfortville, 10 mars 2015,

- St Omer, 13 mars 2015,

- Beauvais, du 14 au 17 avril 2015,

- Cherbourg, du 5 au 7 mai 2015.

 

Béatrice Massin / La Belle au bois dormant / Vitry / Décembre 2014

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