Biennale du Val de Marne / Les Plateaux 2010 / Le meilleur comme le pire

Broken Glass Performance 

Broken Glass Performance / United-C

Photo J.M. Gourreau

Biennale du Val de Marne : Les Plateaux 2010 :

 

 

 

 

 

Le meilleur comme le pire

 

 

Ils sont désormais traditionnels et incontournables : devenus le lieu de rendez-vous de tous les professionnels et programmateurs de la région parisienne, « les Plateaux » nous réservent, à chaque nouvelle édition, bien des surprises, bonnes mais, aussi, moins bonnes. Pas moins de 25 compagnies en effet ont eu l’occasion d’investir cette année durant deux jours la Maison des arts de Créteil, une partie des spectacles étant ouverte aux public qui a pu ainsi mesurer les dernières avancées chorégraphiques et côtoyer quelques artistes qu’il n’aurait pu rencontrer dans d’autres conditions.

Des œuvres très éclectiques donc, où, comme à l’habitude, le meilleur côtoyait le pire. Des espoirs mais aussi des déceptions, entre autres la création d’Heddy Maalem, Mais le diable marche à nos côtés, une œuvre certes intéressante, très attachante par certains côtés, mais inégale, décousue, sans réel fil conducteur, évoquant peut-être les difficultés de vivre dans le monde d’aujourd’hui.

Déception également par Laura de Nercy avec Toucher Terre, un solo sur la question du féminin et de l’intime. Cette artiste n’est malheureusement pas parvenue à faire ressentir à son public ni les vibrations sillonnant son corps, ni ses énergies intérieures, la pièce se révélant par conséquent un grand moment d’ennui…

Le meilleur nous vint d’une troupe danoise basée à Eindhoven., United C (pour United Cowboys). Que l’on se rassure, cette compagnie n’était pas formée de cow-boys mais de ravissante jeunes filles, fascinantes par la beauté de leur corps mais surtout par leur sensibilité, leur vulnérabilité  et l’émotion qu’elles dégageaient. Broken glass Performance est une œuvre dans laquelle elles dansent nues, allongées au milieu d’une pléiade de verres à pied, sur un sol d’un bleu "Klein"profond qui n’est pas sans évoquer le mystère et la transparence des profondeurs sous-marines. Le déplacement lent et mesuré de leurs corps huilés au milieu des verres qui se mouvaient et s’entrechoquaient comme des vagues, suggérait un quatuor de sirènes évoluant avec grâce dans l’onde tout en se prenant au jeu de ne renverser ni de casser aucun de ces fragiles accessoires…

Un coup de cœur agrémenté d’un coup de chapeau également à Hervé Diasnas pour sa 21è migration 7, une pièce d’une étonnante fluidité, un peu hypnotisante, mettant en scène sept danseurs dans un va et vient continu, ponctué par les apparitions et disparitions des interprètes sur un parcours de cercles, d’ellipses et de spirales qui se désagrège, s’éclate, se reforme et se recentre sous la lumière crue des projecteurs. C’est apaisant et lénifiant tout à la fois. Superbe !

J.M. Gourreau

 

 21è migration 7 / Diasnas  Ph. J.M. Gourreau

 Etats de corps / Maison des arts, Créteil, 1er et 2 Octobre 2010

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau