Bill T. Jones / Ravel: landscape or portrait ? / Egal à lui même

 1794-bill-t-jones-075-cv-tiff-copier.jpgLandscape or portrait / Ph. L. Greenfield               1794-bill-t-jones-038-cv-tiff-copier-1.jpgd-man-bypaulbgoode01.jpeg

                         D-man in the waters / Ph. J.B. Good                           

Bill T. Jones :

 

Egal à lui-même

 

 

Pour son soixantième anniversaire et le trentième de sa compagnie, Bill T. Jones n’a pas mis les deux pieds dans le même sabot : une création et deux formations musicales sur scène, luxe que seuls le grands théâtres peuvent s’offrir ! Mais si New York est aujourd’hui son port d’attache - il a en effet été nommé Directeur Général du New York Live Arts l’année dernière - la Maison des arts de Créteil qui le suit depuis ses débuts dans les années 80 peut être considérée comme sa seconde demeure !

En ouverture de soirée, la création Ravel : Landscape or portrait, qui porte bien son nom. En effet, ce n’est ni la mélodie, ni le phrasé du Quatuor pour cordes en fa majeur de Maurice Ravel qui ont retenu l’attention du chorégraphe mais plutôt son énergie et la délicatesse de sa composition. Si l’œuvre chorégraphique, d’essence classique, reste très lyrique, son écriture, d’une grande complexité, la rend toutefois d’une fluidité toute relative. Mais sa composition est agréable à l’œil, même si elle s’avère de temps à autre émaillée de fragments des pièces précédentes de Bill T. Jones. Le quatuor Girard qui l’accompagne avec une très grande sensibilité tout en en mettant en valeur les accents mériterait d’ailleurs d’être davantage connu.

Continuous replay qui lui fait suite est une pièce peu familière en France. Composé à l’origine par Arnie Zane en 1977, ce solo a été retravaillé pour un groupe de danseurs  par Bill T. Jones en 1991. C’est une œuvre très géométrique, saccadée et hachée, dans laquelle les interprètes, nus au départ, revêtent petit à petit leurs atours pour terminer habillés. Construit sur une partition de John Oswald dans laquelle on reconnaît des bribes du Sacre du printemps de Stravinsky et de divers quatuors pour cordes de Beethoven, cette pièce, fort originale quant à sa composition, a été inspirée au compagnon de Bill T. Jones par les séquences stroboscopées du cinématographe.

La soirée se termine en apothéose avec une des pièces les plus célèbres de ce chorégraphe noir, D-man in the waters, d’ailleurs couronnée par un Bessie Award. C’est une ode à la joie, vive et endiablée, dont la chorégraphie épouse cette fois totalement la ligne mélodique de l’Octuor à cordes en mi bémol majeur de Mendelssohn. Une œuvre toute en finesse mais d’une haute technicité, rendue célèbre par la cascade de glissades sur le ventre, de sauts carpés et de roulés-boulés dont elle est émaillée, et que les danseurs exécutent avec un plaisir non dissimulé.

J.M. Gourreau

 

Ravel : landscape or portrait, Continuous replay et D-man in the waters / Bill T. Jones, Maison des Arts de Créteil, du 18 au 20 octobre 2012.

Bill T. Jones / Ravel: landscape or portrait ? / Maison des arts de Créteil / Octobre 2012

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