Blanca Li / Elektrik / Décoiffant !

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Photos Laurent Philippe

Blanca Li :

Décoiffant !

 

On n’en attendait pas moins d’elle: voilà à nouveau un spectacle où la verve le dispute à l’entrain, la vitalité à l’énergie, la virtuosité à la fantaisie, à l’image de son auteure. Un spectacle dans lequel on s’étonne aussi de voir comment la musique classique baroque – qu’il s’agisse de celle de Carl Emmanuel Bach, de Jean-Sébastien Bach, de Vivaldi ou de Scarlatti – s’accorde aussi parfaitement que la musique techno à la danse "électro" de Blanca Li. Ce n’est certes pas une découverte car cette chorégraphe nous en avait déjà donné un aperçu en 2009 avec Elektro-Kif et, plus récemment, en 2016, avec le film Elektro-Mathematrix. Cette danse urbaine qui se rapproche du hip-hop est fondée sur des mouvements atypiques inspirés du "voguing", du "locking", de la "house" ou du "popping" adaptés aux rythmes de la musique "électro-house" rapidement popularisée dans les night-clubs dès le début des années 2000. Elle se caractérise par une gestuelle des membres à la fois circulaire et ample autour du corps, langage exécuté de façon énergique, voire frénétique, aussi spectaculaire qu’électrisant. Une danse physique, puissante, fascinante, dans laquelle les bras de ces danseurs, hommes-caoutchouc, se tordent, s’enlacent comme des lianes autour de leur propre corps, réalisant des figures géométriques d’une inventivité époustouflante.

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Il faut dire que ce nouveau show, dans lequel les solos virtuoses alternent divinement avec les variations conçues pour le groupe, est servi par huit fabuleux danseurs. Issus pour la plupart de milieux défavorisés, ces artistes remarquables ont été remarqués par la fée Blanca qui, d’un coup de baguette magique pourrait-on dire, en leur inculquant le goût et l’amour du travail, les a métamorphosés en prestigieux artistes et hissés en un rien de temps en champions, chacun au sommet de sa discipline. Le plus remarquable d’entre eux est sans nul doute Mamadou Bathily, alias Bats, un autodidacte qui pratique le "flexing" depuis 2009. Il acquiert le titre de champion du monde de danse électro en 2011. Mais il n’est pas le seul. Taylor Château fut lui aussi champion du monde la même année au "Vertifight" dans une catégorie voisine. Jérôme Fidelin, alias Goku, remporta le titre de champion de France  dans cette même catégorie en 2010. Jordan Oliveira, alias Jordy, est devenu en 2016 champion du monde avec Alliance Crew au festival hip-hop Paris-Berlin. Quant à Adrien Larrazet, alias Vexus, il est actuellement double champion de France aux compétitions "World of dance" et " Hip hop International". Tous, autant les uns que les autres, ont gagné de nombreuses "battles" et s’adonnent activement à conserver leurs titres et à améliorer leur art. Pas étonnant alors qu’avec un tel talent servi par une brochette de danseurs aussi prestigieuse, Blanca Li fasse un tabac à chacun de ses spectacles…

J.M. Gourreau

Elektrik / Blanca Li, Théâtre le 13ème art, Paris, du 27 mars au 14 avril 2018.

 

Paris / Mars 2018 Blanca Li / Elektrik / Théâtre Le 13ème art

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