Bruno Beltrão / CRACKz / Peut mieux faire




Ph. T. Bregentzer


                                                                                                                         Ph. B. Borgen


Bruno Beltrão :


Peut mieux faire...

 

Une fois n'est pas coutume, Bruno Beltrão ne s'est pas vraiment montré à la hauteur de sa réputation. Si ses soli précédents, H2 et H3 avaient été des succès universels, il est peu probable que CRACKz fasse le tour du monde. Encore que...  En effet, l'une des caractéristiques de l'art de ce chorégraphe brésilien est que ses pièces ne sont jamais figées dans le marbre. Elles sont même toujours en perpétuelle mutation ! CRACKz est une œuvre  un peu monotone qui, sur le plan chorégraphique, tout au moins au début du spectacle, est basée sur des roulés-boulés rebondissant en l'air, décomposés, recomposés et modifiés à l'envi. C'est souvent si spectaculaire que le public ne peut s'empêcher d'applaudir après chaque prestation. Il est vrai que le style de Beltrão est inimitable : un pot pourri de hip-hop et autres danses de rue sous toutes leurs facettes, mâtiné de danse contemporaine et de danse brésilienne, inspiré de clichés qu'il tire, entre autres, de nos gestes quotidiens mais aussi, parait-il, de clips-vidéo... Ses enchainements, toujours très acrobatiques, exécutés dans l'urgence, sont mis au service de figures sophistiquées et drolatiques parfaitement originales, et c'est peut-être cela qui lui a valu sa réputation. Une réputation qui pourrait être justifiée s'il mettait ses talents en valeur. Or, une grande partie du spectacle se déroule dans une semi-obscurité, quand ce n'est pas dans l'obscurité quasi-complète et sur une musique - un bruitage devrais-je dire - pour le moins tonitruant et grinçant, composé pour la circonstance par The Vladislav Delay Quartet. Toutefois, ses interprètes, au milieu desquels se dissimule une fille - elle doit se sentir bien seule parmi ces 12 garçons ! - sont remarquables par leur précision et leur engagement ; ils débordent d'énergie ! Car tours en l'air, joutes, pirouettes, tournoiements spiralés, glissades, démonstrations de virtuosité aussi électriques qu'électrisantes se succèdent à une cadence incroyable ; mais ils sont malheureusement entrecoupés de "noirs" qui rompent l'atmosphère. Bref, un spectacle qui aurait pu être plein de magnificence et d'éclat mais qui, en fait, s'avère répétitif et ennuyeux. Dommage !

J.M. Gourreau

CRACKz / Bruno Beltrão, 26 et 27 novembre au Centquatre à Paris, et du 3 au 6 décembre au Théâtre de la Ville, dans le cadre du Festival d'Automne à Paris.

Bruno Beltrão / CRACKz /Le Centquatre / Théâtre de la Ville / Novembre - Décembre 2013

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