Carolyn Carlson - Bartabas / We were horses / Une déception à la mesure de nos espoirs

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Carolyn Carlson et Bartabas :

Une déception à la mesure de nos espoirs

Une douche froide… Pourtant, lors de sa création en mai 2011 à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) avant d’être présenté huit jours plus tard en ouverture du festival des Nuits de Fourvière dans le grand théâtre romain de Lyon, We were horses se tailla un vif succès. Mais cette fois, la magie n’agit quasiment plus. Serait-ce dû au fait que certains tableaux ont été « revus et corrigés », aussi bien par Carolyn que par Bartabas ? Ou bien tout simplement au manque de chaleur du lieu ? Il est vrai aussi que danse et cirque ne font pas toujours bon ménage. Finalement, cela n’a rien de très étonnant lorsque l’on connaît les chevaux : s’il est fascinant travailler avec eux, cela nécessite souvent des trésors de patience, de persévérance et, parfois, bien davantage car ils peuvent être fort capricieux ! Et l’on atteint rapidement leurs limites lorsqu’on sort des exercices de style ou d’école, bien que ces animaux soient considérés, à juste titre d’ailleurs, comme la plus noble conquête de l’homme. Mais tenter de les insérer dans un spectacle artistique de haut niveau était une véritable gageure, défi que Carolyn Carlson n’a malheureusement pu à nouveau totalement relever, malgré tout son talent. Finalement, le spectacle ne se révèle, dans la grande halle de la Villette, qu’une juxtaposition de tableaux écrits tantôt pour les chevaux, tantôt pour les danseurs. Mais d’osmose, point, bien que quelques figures soient imbriquées ou aient trouvé leur écho l’une dans l’autre, sans toutefois beaucoup de poésie.

Pour la circonstance donc, la Grande Halle de la Villette est investie pour près de trois semaines par une vingtaine de chevaux, dix écuyers (dont huit amazones) et vingt danseurs. Au pied des gradins, une scène rectangulaire d’une taille analogue à celle d’un grand manège, recouverte d’une terre battue presque noire. Au centre de celle-ci, en surélévation, une arène de couleur ocre-brun dévolue aux danseurs. Courses-poursuite à cheval, voltes et figures de style sur une musique répétitive aussi obsédante qu’enivrante de Phil Glass alternent avec des tableaux mystiques, au sein desquels apparaît toute la magie carlsonienne : des ensembles d’une grande beauté plastique naissent et s’épanouissent avant de disparaître en ne laissant de traces que dans notre mémoire. Plusieurs séquences se succèdent et se croiseront ainsi, les unes dévolues à l’art équestre,  tout particulièrement des joutes du plus bel effet, les autres à la danse dans des duos face à face d’une rare beauté. Les variations élaborées par Carolyn Carlson, construites sur un cercle ou une ellipse, sont souvent originales, répondant parfois judicieusement à celles des chevaux. Mais les dialogues ne s’établissent réellement que lors des simulacres de traque entre les amazones et les danseurs-gibier. Un spectacle qui pourrait être fascinant si la répétition de séquences très proches quant à leur style ne finissait par lasser. Dommage !

J.M. Gourreau

 We were horses / Carlson – Bartabas, Grande halle de la Villette, du 7 au 23 juin 2013

Carolyn Carlson - Bartabas / We were horses / La Villette / Juin 2013

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