Cécile Berrebi de Noailles / "K".2 / Autobiographie

  

Photos J.M. Gourreau

Cécile Berrebi de Noailles :

 

Autobiographie

 

Non, ce n’est ni un conte, ni un mauvais rêve, à l’instar de ce qui nous est donné à lire dans le programme. Dès les premières minutes, on sent instinctivement que les faits et situations mises en scène ont été vécus et ne sont pas seulement le fruit de l’imagination de leur auteur. Cécile Berrebi de Noailles, en effet, est une chorégraphe par essence expressionniste, ce qu’elle est obligée de cultiver car, pour exprimer avec une force suffisante ce qu’elle a à dire avec des moyens aussi réduits, à savoir sans décors et dans un espace exigu, il faut que gestes et attitudes parlent d’eux-mêmes. L’histoire, donc ou, plutôt, les histoires, sont parfaitement  lisibles, d’autant qu’elles font appel non seulement à la danse mais aussi au texte et à la musique, éléments qui sont l’apanage d’un seul et même auteur. En effet, l’originalité de cette œuvre tient au fait qu’il n’y a pas une mais deux histoires parallèles qui se contrebalancent, se superposent et se recoupent, l’une pouvant effectivement être considérée comme un conte de fées, mais l’autre, comme une triste réalité, à savoir une rupture amoureuse brutale vécue comme une trahison., un cauchemar. Le conte quant à lui est celui d’une grand-mère et de sa petite fille, élève de la chorégraphe qui verra se réaliser, grâce à son acharnement et son travail, le rêve de toute graine d’étoile, celui de pouvoir gravir fièrement les marches de l’Ecole de danse de l’Opéra. Histoires toutes deux traversées par Cécile Berrebi de Noailles qui emmène donc le spectateur naviguer de l’une à l’autre, entre rêve et réalité, dans la candeur et l’innocence de l’enfance mais, aussi, en toute lucidité.

L’œuvre est fort justement interprétée par deux artistes qui se complètent, l’une comédienne et danseuse, Aurélie Mest, l’autre, la chorégraphe elle-même. Deux niveaux de langage mais aussi deux personnages diamétralement opposés, aux moyens d’expression complémentaires. Un travail aussi original qu’intéressant, qui aurait pu néanmoins gagner en force si les interprètes avaient fait preuve de moins de retenue, jetant littéralement leurs sentiments sans retenue à la tête des spectateurs.

J.M. Gourreau

 

« K ».2 / Cécile Berrebi de Noailles, Th. De la Noue et Th. Berthelot, Montreuil, Avril 2010.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau