Chloé Hernandez & Orin Camus / Les pétitions du corps / Va comme j'te pousse

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Photos Patrick Berger

Chloé Hernandez et Orin Camus:

Va comme j'te pousse...

 

Ils sont six, trois femmes et trois hommes, au sein d'un espace peuplé d'objets plus ou moins insolites: outre un mur de cartonnages empilés, peut-être pas très original quant à lui, une baignoire baladeuse sans ses tuyaux, un lampadaire-douche, un tourne disque flanqué de quelques vinyles et un canapé-accordéon, sans doute l'objet le plus original et parfaitement fonctionnel, fait de lames de carton gaufré pouvant se déplier en long, en large ou en hémicycle, tout comme un bandonéon.

Au début du spectacle, un homme tout guilleret émerge de derrière les cartons, s'empare d'un disque et joue avec comme un gamin qui découvre son existence pour la première fois. Apparait alors une main de derrière le mur, laquelle lui tend un autre microsillon. L'homme se l'approprie en abandonnant le premier sur le sol, le faisant lui aussi virevolter tous azimuts, tout en décrivant de belles arabesques. Une façon comme une autre de dépeindre sa joie de vivre, d'exprimer son insouciance, son bonheur de danser. De joyeux ébats au cours desquels, en déplaçant les cartonnages, il découvre une nymphette dans une baignoire éclairée par un lampadaire-douche. N'y voyez aucun sujet de polémique, cette égérie n'est pas dévêtue... Il n'empêche, notre joyeux drille viendra bien vite la rejoindre. Une initiation sans préjugés et en toute innocence aux plaisirs de la chair...

Au fil du temps, deux autres couples viendront se mêler aux ébats, confortant cette ambiance ludique, chaleureuse et bon enfant: des rencontres amicales où l'on parle de tout et de rien, où chacun, qu'il soit poète ou philosophe, peut s'exprimer librement et en toute quiétude dans une atmosphère de tendresse, d'échange et de partage, où tout le monde semble heureux de retrouver l'autre, de vivre intensément l'instant présent. Il ne se passe rien de vraiment tangible mais la danse, toujours expressive, se situe parfois aux confins des arts du théâtre ou du cirque: tantôt nerveuse et violente, tantôt fluide et coulée, elle s'avère parfaitement adaptée à chacune des situations mises en scène, une pléiade d'instants de vie qui se succèdent, se juxtaposent, s'interpénètrent, se perpétuent, la vie n'étant qu'un éternel recommencement. Pour eux, tout se passe dans la joie et dans la bonne humeur: ils sont heureux de vivre et nous font partager leur bonheur.

J.M. Gourreau

Les pétitions du corps / Chloé Hernandez & Orin Camus, Atelier de Paris Carolyn Carlson, La Cartoucherie, Vincennes, 13 et 14 octobre 2016.

 

Chloé Hernandez & Orin Camus / Les pétitions du corps / Atelier de Paris Carolyn Carlson / Octobre 2016

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