Claire Jenny / Echo / Le miroir de la vie

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Photos J.M. Gourreau

 

 

Claire Jenny - Etienne Aussel :

Le miroir de la vie

 

Jouer avec sa propre image, l'observer, l'interroger, tenter d'évaluer à travers elle ses propres capacités, sonder ses limites et, du même coup, celles de ses pairs, chercher à les connaître, apprendre à vivre ensemble avec un langage commun... Voilà peut-être l'expérience  que tente de nous faire vivre  Claire Jenny au travers de sa dernière pièce, Echo, qui s'est, pour l'occasion, acoquinée avec le vidéaste Etienne Aussel. Si José Montalvo avait déjà utilisé le procédé du dédoublement de ses personnages, lesquels se dématérialisaient pour naviguer en 3D dans un espace ludique après avoir gagné un autre monde par le truchement d'un écran, Etienne Aussel, lui, les a également dématérialisés mais pour les enfermer dans une vaste boîte blanche qu'ils devront explorer sous tous les angles et toutes les coutures avant de pouvoir réintégrer leur corps originel. Réel et virtuel s'interpénètrent et dialoguent ainsi dans la plus parfaite harmonie.

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Deux fragiles univers par conséquent, accolés par des fils invisibles, l'un à l'avant-scène, celui de Claire Jenny avec cinq danseurs de chair et d'os, l'autre à l'arrière, celui d'Etienne Aussel, avec leurs doubles dématérialisés. Deux vases communicants sur le trajet desquels vont s'établir divers dialogues qui évoluent peu à peu pour finir par converger. Des connivences naissent, des dialogues en jaillissent. Deux miroirs ne reflétant pas toujours la même réalité, l'une sans doute déformée par un ego démesuré, cette pièce étant sous-tendue par l'œuvre de Christopher Lasch,  La culture du narcissisme, qui explore les racines et les ramifications de la pathologie narcissique dans la culture américaine du XXe siècle, ce en se basant sur des analyses psychologiques, culturelles, artistiques et historiques. Une œuvre dont on ne pourra sans doute pas saisir toute la portée philosophique mais qui s'avère ludique et fort agréable tant aux yeux qu'aux oreilles, grâce à l'originalité de sa mise en scène et les accents de la poignante musique d'Arvo Pärt que la chorégraphe a su utiliser à bon escient et avec beaucoup de talent.

J.M. Gourreau

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Echo / Claire Jenny & Etienne Aussel, Atelier de Paris-Carolyn Carlson, 4 décembre 2015.

 

Claire Jenny / Echo / Atelier de Paris Carolyn Carlson / Décembre 2015

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