Compagnie nationale de danse d'Espagne José Martinez /

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Photo Emmanuel Donny

Compagnie Nationale de danse d'Espagne José Martinez :

 

Retrouvailles

 

C'est sans doute avec une grande émotion que José Martinez, transfuge du Ballet de l'Opéra  de Paris, retrouve la capitale, non en tant que danseur-étoile mais comme directeur de l'une des plus prestigieuses compagnies de danse d'Espagne. Lorsqu’il quitta le Palais Garnier en juillet 2011 suite à l’invitation du Ministère de la Culture espagnol pour prendre la direction de la Compagnie Nationale de Danse, alors sous l’égide de Nacho Duato, il avait pour mission de recréer un répertoire classique en ramenant les 44 danseurs de la compagnie sur les pointes. Cela se fit lentement, progressivement mais sûrement et sans heurts car les bases techniques des artistes de cette troupe étaient excellentes. Au début, quelques chorégraphes comme Kylian, Preljocaj ou Forsythe acceptèrent de lui confier de remonter certaines de leurs œuvres pour la saison qui s’ouvrait. Puis, peu à peu, José Martinez élargit le répertoire de la compagnie à différents styles en créant lui-même quelques ballets tels Sonatas en 2012 puis Raymonda divertimento l’année suivante, et en faisant également appel à différents jeunes chorégraphes, tels l’israélien Itzik Galili ou le madrilène Alejandro Cerrudo.

Ce sont entre autres des pièces de ces deux chorégraphes qu’il a choisi de présenter à Paris pour la première venue à Paris du nouveau ballet national d'Espagne* dont il a désormais la charge. Avec Casi-Casa de Mats Ek, ces trois pièces,  très différentes les unes des autres, sont en effet très représentatives des aptitudes et du travail de cette toute jeune compagnie. Itzik Galili est un chorégraphe qui fit ses premières armes au sein de la Bat-Dor Dance Company puis de la Batsheva Dance Company. Ses premières pièces, Double time et Old cartoon, datent de 1990. Il s’installe aux Pays-Bas en 1991 et y fonde sa propre troupe de ballet. Tout son art réside dans ses aptitudes à équilibrer l'abstraction et la narration avec finesse, créant des œuvres dynamiques parsemées de tours et de sauts d’une très grande puissance, qui vont même jusqu’à épuiser totalement les interprètes comme on a pu le voir dans Sub, une pièce d’endurance pour 7 danseurs, créée à Amsterdam en 2009 par le Ballet Rambert.

D’une toute autre facture, Extremely close du chorégraphe espagnol Alejandro Cerrudo, surtout connu aux USA pour ses créations pour la Hubbard Street Dance de Chicago. Extremely close est en effet la seconde pièce créée pour cette compagnie américaine, une œuvre un peu mystérieuse mais très sensuelle, toute en douceur, sur une partition répétitive pour piano de Phil Glass et de Dustin O'Halloran. Les huit danseurs évoluent avec beaucoup d'élégance sur un tapis de plumes blanches tombées des cintres en jouant avec trois panneaux mobiles tournicotant en tous sens sur le plateau, donnant l'impression de patineurs dans un paysage enneigé.

La dernière pièce de ce programme, Casi-Casa, est signée de Mats Ek. Il s'agit en fait d'un "condensé" d'Appartement, une œuvre que ce chorégraphe avait créé en 2000 pour le Ballet de l'Opéra de Paris et dont José Martinez avait été l'un des interprètes, dansant en particulier le "solo du fauteuil" en ouverture du ballet, lequel évoque avec beaucoup de finesse et d'humour certaines relations humaines telles que l'amour, la haine ou les difficultés de communication entre les hommes... Un programme par conséquent très éclectique qui met parfaitement en valeur les exceptionnelles facultés d’une compagnie de grande valeur avec laquelle il faudra désormais compter.

J.M. Gourreau

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Photos Jesus Vallinas

Sub / Itzik Galili, Extremely close / Alejandro Cerrudo, Casi-casa / Mats Ek, Compagnie de danse d'Espagne José Martinez, Théâtre des Champs-Elysées, du 27 au 29 janvier 2015.

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