Concert dansé / K. Saporta, Le Dansoir, Paris, Avril 2008.

                                                                                                            Photo J.M. Gourreau                                                                        

 

Karine Saporta :

 

Un nouveau lieu pour les arts vivants

 

Il y a longtemps qu’elle y travaillait. Quasiment sans relâche depuis trois ans. Son pouvoir de persuasion et sa pugnacité ont eu raison de tous les problèmes techniques qui sont apparus au fil du temps. C’est grâce au soutien sans limites de la Présidence et de la Direction de la BNF et de la mairie du XIIIè, de la Société d’économie mixte Rive Gauche et de la Ville de Paris qu’elle a pu vaincre, petit à petit, les mille et un obstacles qui se dressaient devant elle, pour ouvrir enfin son fameux « Dansoir »… Un lieu que Karine voulait à l’image du Cabaret sauvage de la Villette, un chapiteau tout de bois, de velours et de miroirs où il fait bon vivre, où l’on peut se ressourcer dans un site culturel qui fait rêver, à deux pas de la Seine. S’installer sur le parvis de la Bibliothèque Nationale de France, pouvait-on rêver mieux ?

Bien que conçu par une chorégraphe, ce nouveau lieu de spectacle, qui vit le jour en mars dernier, n’est cependant pas totalement dévolu à la danse. Chaque année durant 6 mois, de novembre à mai, l’art de Terpsichore s’y mariera avec ceux de Calliope, d’Euterpe et de Polymnie… Il est vrai que ce théâtre musico-chorégraphico-poétique sous chapiteau n’est pas un lieu comme les autres. Quelques tables harmonieusement disposées tout autour de la scène centrale permettent aux spectateurs de s’asseoir à leur guise tout en sirotant un verre, voire d’attendre les artistes pour pouvoir échanger quelques mots avec eux à l’issue de la représentation. C’est peut – être cette convivialité qui fait qu’il règne en ces lieux une chaleur, un bien être à nul autre pareil. Le spectateur s’y sent chez lui à tout moment, parfaitement à l’aise. Des formules fort originales sont proposées à sa sagacité : ainsi, des « dîners des plaisirs » alternent avec des « soirées partagées danse/musique », des bals ou des concerts dansés. C’est dans cet esprit que la maîtresse des lieux, après avoir invité le Quatuor à cordes de l’Ensemble Intercontemporain, a imaginé une chorégraphie des plus originales sur deux pièces répétitives de Steeve Reich, le maître en la matière : Violin Phase et Different trains ont ainsi donné naissance à un étonnant mouvement chorégraphique perpétuel que deux vidéastes d’Explosive TV se sont encore ingéniés à rendre plus fascinant.


                                                                                                                                                                 J.M. Gourreau

 

Concert dansé / K. Saporta, Le Dansoir, Paris, Avril 2008.

 

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