Denise Namura / Michaël Bugdahn/ Villa / Si un jour je te quitte...

Si, un jour, je te quitte...

Photos J.M. Gourreau

  Denise Namura et Michael Bugdahn :

 

 

 

 

 

Un petit brin de nostalgie

 

                         Villa                                                                                                                                                                                                                              Villa              

Chaque chorégraphe a un style bien particulier qui le caractérise : ceux de Denise Namura et de Michael Bugdahn m’évoquent la gestuelle d’une petite souris affairée : un enchaînement de petits gestes signifiants et rapides, parfois amples et larges, des pas sautillés entrecoupés de brefs arrêts, une expression malicieuse et le regard interrogateur semblant dire : « Hein, je vous ai bien eus » ! Il est vrai que ces chorégraphes, qui font bien souvent appel à l’art du mime, ont toujours été pince-sans-rire…

Si j’évoque cela, c’est simplement pour dire que les deux dernières créations de la compagnie « A fleur de peau », marquent une rupture avec les œuvres précédentes : non dans le style mais dans l’esprit ; et, n’y aurait-il ce style attachant si particulier, il n’est pas certain qu’on la reconnaisse au premier coup d’œil.  

Si, un jour je te quitte je te garderai en moi à nu à vif à jamais est un exercice de style signé Michaël Bugdahn autour de la célèbre chanson de Brel, Ne me quitte pas... Diverses interprétations dans des styles variés ont donné l’occasion à six danseurs d’exprimer, de manière souvent fort différente, la pluralité des sentiments qui pouvaient les étreindre, que ce soit la tristesse du départ, la solitude, l’espérance du retour, tant du côté de celui qui reste que de celui qui part. Une gestuelle à la Charlot, parfois un peu désespérée, parfois pleine d’entrain, toujours légère, souvent humoristique.

D’un tout autre registre, Villa - fantaisie onirique, hommage au compositeur brésilien Heitor Villa Lobos, disparu il y a tout juste cinquante ans. En prélude à la pièce, une suite d’images évoquant certains passages de la vie de ce chaleureux artiste : mais méfiez-vous, il s'agit en fait d'un aperçu biographique à la Münchhausen où faits réels sont allègrement mêlés à des inventions farfelues. Le cadre posé, la danse se laisse guider par la musique. Rêve et réalité s’interpénètrent et se confondent. Images stroboscopées, décalages et exagérations volontaires aboutissent à un comique de situation du meilleur effet. L’univers décrit par petites touches, empreint d’une poésie indicible, est drôle, attachant et, parfois, mystérieux. Comme les fragments musicaux qui l’accompagnent, c’est un voyage plein de nostalgie que nous offrent les deux chorégraphes, un voyage qui commence mais qui semble loin de se terminer…

 

J.M. Gourreau

 

Si un jour je te quitte je te garderai en moi à nu à vif à jamais et Villa - fantaisie onirique / D. Namura et M. Bugdahn, Théâtre du Lierre, Paris, Novembre 2009.

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