Edmond Russo et Shlomi Tuizer / Embrace / Une réelle complicité

 

russo-e-et-tuizer-s-embrace-micadanses-09-janv-2012.jpgrusso-e-et-tuizer-s-embrace-micadanses-05-janv-2012.jpgEdmond Russo et Shlomi Tuizer :

 

 

Photos J.M. Gourreau

 

                                  

 Une réelle complicité

 

Dès les premières minutes du spectacle, on ne peut s’empêcher de penser au film culte d'Eric Toledano et Olivier Nakache, Les intouchables. Edmond Russo et Shlomi Tuizer nous font en effet partager leur connivence avec une telle délicatesse que l’on ne peut qu’admettre le fait que leur relation homosexuelle soit une relation pure, vraie, sincère, consommée. Leur complicité, leur partage, la force de leurs étreintes ne font que s’affirmer tout au long de l’œuvre, leur amour l’un pour l’autre est évident, leur aventure entachée d’aucune ombre. Tout est parfaitement huilé, magnifiquement rôdé, d’autant que leur technique est prodigieuse, et pour cause : l’un a débuté sa carrière au sein du Ballet National de Lyon, l’autre dans la prestigieuse Batsheva Dance Company. Leur danse, basée sur une chorégraphie faisant alterner face-à-face en miroir et courbes aériennes harmonieuses prolongées à l’infini, d’une étonnante épure, alliait douceur et moelleux, surtout dans les moments où la musique de Oren Bloedow se faisait prégnante et enveloppante, ce qui ne fut malheureusement pas toujours le cas : en effet, les chorégraphes-interprètes recherchèrent, peut-être pour enrichir leur œuvre, la complicité d’un poète en la personne de Christina Clark, laquelle composa un texte certes imagé et attendrissant mais récité en anglais, - une détestable habitude, soit dit en passant ! - dont la déclamation monopolisait inutilement l’attention de spectateurs non nécessairement familiarisés avec la langue de Shakespeare, les détournant de l’action dansée sur scène. Autre petit bémol qui m’apparut rompre inutilement cette merveilleuse harmonie, le fait que les protagonistes aient renouvelé à plusieurs reprises et sans raison apparente leurs vêtements de scène, ce qui ne se justifiait pas et qui, là encore, cassait inutilement le rythme.

Il n’en reste pas moins le fait qu’Embrace s’avère être une œuvre fraîche et touchante de par son expressivité et son exceptionnelle interprétation qui, manquant peut-être un peu de spontanéité, aurait sans doute été encore plus percutante si elle avait été interprétée par un couple d’homosexuels venant tout juste de découvrir l’amour.

J.M. Gourreau

 

Embrace / Edmond Russo et Shlomi Tuizer, Micadanses, Paris, Janvier 2012, dans le cadre du festival Faits d’hiver

Edmond Russo et Shlomi Tuizer / Embrace / Micadanses / Janvier 2012

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