Erika Zueneli / Allein / Les vicissitudes de notre monde

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Photos J.M. Gourreau

 

Erica Zueneli :

Les vicissitudes de notre monde

 

Au travers d’Allein, sa dernière création, Erika Zueneli a tenté de faire partager au spectateur sa vision actuelle de la misère et de la violence qui imprègnent notre monde. Une vision noire, fébrile, houleuse, empreinte de pessimisme et de fatalisme. Mais ce n’est sans doute pas sa seule motivation et, vraisemblablement, pas la plus prégnante. Ce spectacle réunit en effet trois performers, le chanteur Jean Fürst que l’on a pu voir entre autres au sein de diverses compagnies de danse-théâtre comme celle de Karine Ponties ou celle de Nicole Mossoux-Patrick Bonté, le compositeur et musicien Rodolphe Coster, membre de différents groupes musicaux tels Baum, Poni ou Flexa Lyndo, et elle-même que l’on a pu admirer comme chorégraphe dans Tournois (voir au 01.04.10 dans ces mêmes colonnes) ou, encore, dans Tant’amati en 2013 : ce spectacle remporta le prix de la critique Théâtre et Danse pour l’année 2013-2014. Trois artistes d’obédience, de formation et d’esthétique par conséquent très différentes, néanmoins réunis bien évidemment pour donner leur vision de ce thème mais aussi et surtout dans un but de partage, celui de leur expérience propre, en mettant en commun leurs arts et leurs moyens d’expression respectifs dans un dialogue censé nourrir, enrichir et démultiplier l’image que chacun d’eux pouvait se faire de ce propos. La construction de la pièce, dans laquelle Erika confiait à chacun des protagonistes l’élaboration et la maîtrise d’une des parties, ne permit pas (volontairement ?) l’obtention de l’unité souhaitable, mais aboutit plutôt à l’élaboration d’un patchwork, certes de matières et de couleurs par instants complémentaires, mais d’un manque d’unité criant. Chacun des intervenants en effet, qu’il s’agisse du musicien, du chanteur ou de la danseuse, après avoir conquis sa place de soliste, prenait le pas sur les deux autres, comme pour se faire valoir, sans quasiment leur laisser la moindre chance de l’accompagner. Il n’en reste pas moins une œuvre intéressante qui montre à nouveau la préoccupation des jeunes artistes pour les vicissitudes du monde d’aujourd’hui.

J.M. Gourreau

Allein ! / Erika Zueneli, Centre culturel de Wallonie-Bruxelles, 23 et 24 janvier 2018, dans le cadre du festival « Faits d’hiver ».

 

Erika Zueneli / Allein / centre culturel de Wallonie-Bruxelles / Janvier 2018

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