Europadanse / Drôle de danse / Théâtre des Champs -Elysées

                                                                              

                                                                                                     Blé noir / T.Malandain

                                                                                                                                          Photos M. Logvinov

       

       Europa danse : drôle de danse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Europa danse : Drôle de danse

 

Sous le signe de l’humour et de la bonne humeur

 

On ne pouvait pas trouver un titre plus juste : la prestation offerte par ces jeunes est en effet irrésistible de drôlerie. Outre le feu sacré, ils ont le feu aux fesses… Toujours prêts à faire les 400 coups pour amuser leur public. Ils le savent et s’en donnent à cœur  joie !

En prenant le parti de l’humour et de la dérision, Jean-Albert Cartier a visé à nouveau dans le mille. Cette réussite n’était évidemment pas due au hasard : un tel découvreur de talents et ses acolytes connaissaient bien sûr la valeur d’un Nikolaïs, d’un Thierry Malandain, d’une Blanca Li ou d’une Marcia Barcellos : des chorégraphes qui aiment faire partager leur humour, leur entrain et leur joie de vivre ! Pas étonnant que, dans la salle, les rires aient fusé tout au long du spectacle, et que la joie et la bonne humeur aient pu se lire sur tous les visages à l’issue de la soirée…

Il faut dire que le programme était fort bien composé : une suite de courtes œuvres enchaînées les unes aux autres avec beaucoup de bonheur, à commencer par la célèbre pièce de Nikolaïs, Tensile involvement, dont la magie des formes géométriques mouvantes due à la manipulation judicieuse de cordes élastiques étonne toujours. Moins connu, Stool dance du même chorégraphe captiva l’attention par les « dérapages » chorégraphiques entraînés par les dissonances (volontaires) de la musique du David Darling Ensemble. Suivait Blé noir, un duo de Thierry Malandain certes un peu morbide mais, au fond, plein de fraîcheur et de spontanéité, mettant en scène une aguichante empoisonneuse bretonne, conduisant à la tombe les prétendants qui ne lui convenaient pas…

Les trois sœurs est une pièce que le chorégraphe hollandais Alexander Ekman avait remonté pour Europa Danse en 2006. L’œuvre, fort drôle, met en scène trois phtisiques toussant et crachant à qui mieux mieux, dont l’une se soignera en croquant des cubes de glace et en s’arrosant d’eau glacée. Effet du traitement garanti !

Inutile de revenir sur le talent de Blanca Li. Cette chorégraphe espagnole a joué sur les sons, parfois incongrus, de sifflets et appeaux de toutes sortes avec une parfaite désinvolture. Quant à Marcia Barcellos, autre pince sans rire de la danse, son Oratorio Mongol, plein de finesse, d’humour et de fantaisie, n’est pas sans évoquer le Ballet mécanique de Kurt Joos mis dans un contexte de comique de situation agrémenté de moult jeux de mots et discours pour ne rien dire…

La palme revenait à Mats Ek, lequel, dans Pas de danse, a mis en scène deux couples aux sentiments opposés sur une musique populaire suédoise, très touchante et entraînante à la fois. Et, finalement, c’est le plaisir de danser et de vivre qui se communiquait à la salle subjuguée.

Gageons qu’un spectacle aussi éclectique et interprété avec une telle maîtrise, ces 19 jeunes danseurs européens (5 nationalités) n’auront aucun mal à trouver chausson à leur pied leur permettant de donner le meilleur de leur talent. 

 

J.M. Gourreau

 

Drôle de danse / Europa Danse, Théâtre des Champs –Elysées, Paris, Novembre 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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