Frank Micheletti / Bien sûr, les choses tournent mal / Un regard sans grand espoir sur notre avenir

Frank micheletti 01Frank miheletti 06Frank micheletti 3

Frank micheletti 05Frank micheletti 04

 

 

Photos Sem Brundu

 

 

 

Frank Micheletti :

Un regard sans grand espoir sur notre avenir

 

L'Homme est en train de détruire son univers. De tous les côtés. Par tous les bouts. Et plus on avance dans le temps, plus sa frénésie d'extermination est grande. "J'espère que je me trompe", écrivait Stephen Emmott dans Dix milliards  "mais toutes les données scientifiques indiquent que j'ai raison. Je pense que nous sommes foutus".  Ce sont sur ces lignes que s'est appuyé Frank Micheletti  pour élaborer le premier volet d'un diptyque, Bien sûr, les choses tournent mal, œuvre dont le second volet, Something is wrong verra le jour l'année prochaine. Tous nos actes, toutes nos entreprises se font aujourd'hui dans l'urgence, sans regard ni réflexion sur le long terme, précipitant notre fin. L'ordre a fait place au désordre et cette chorégraphie, d'une force extrême, accompagnée et soutenue par une partition musicale de la même puissance, en rend parfaitement compte. Or, c'est cela qui est étonnant: la pièce dans son ensemble donne une impression de chaos et d'apocalypse, alors que les 19 fragments disparates qui la composent sont aussi structurés que signifiants. Des concepts aussi divers que "Comment nous nous plaçons nous-mêmes en dehors de nous-mêmes", "Qu'est-ce qu'avoir, qu'est-ce que ne pas avoir"? "Au bord du monde, conscient de son évaporation" ou, encore, "Le spectre de l'impulsion est infini", sont jetés pêle-mêle sur le plateau, sciemment accolés sans apparente logique mais qui démontrent l'incohérence et l'anarchie dans lesquelles nous vivons aujourd'hui et, surtout, l'effondrement inéluctable de la civilisation occidentale.

 Ces propos sont magistralement traités aussi efficacement par la musique que par la danse, ces deux arts parvenant à entrer en résonance, se conjuguer, s'interpénétrer pour aboutir à une œuvre impulsive, nerveuse, rythmée, tourmentée, sauvage, agrémentée de violentes "piques" qui éclatent comme des étincelles tout en étant en parfaite adéquation avec la ligne mélodique, ce qui les rend paradoxalement agréables à l'œil et d'un lyrisme étonnant. Parfois, cette symbiose entre musique et danse se rompt pour faire place à un dialogue, je pense notamment à ce sublime duel entre le batteur Sheik Anorak et la danseuse Esse Vanderbruggen, jeu de questions-réponses un peu désespéré au cours duquel toutes les portes se ferment et tout s'écroule. Les mouvements composés de figures sophistiquées, à la limite de l'acrobatie, s'enchainent à un rythme étourdissant. Le raffinement de la danse, sa richesse et son inventivité mettent parfaitement en valeur le désarroi du chorégraphe face à la lente mais inéluctable destruction de notre monde, entre autres par l'urbanisation galopante et la pollution, et ce, grâce aux atouts et au talent de ses quatre interprètes, Gabriela Ceceña, Idio Chichava, Sara Tan et Esse Vanderbruggen, je me devais de le souligner...

J.M. Gourreau

Bien sûr, les choses tournent mal / Frank Micheletti, Kubilai Khan Investigation, Atelier de Paris Carolyn Carlson, Paris, 9 octobre 2015.

Frank Micheletti / Bien sûr les choses tournent mal / Atelier Carolyn Carlson /Octobre 2015

Commentaires (1)

1. Ronalddycle (site web) 22/05/2017

viagrasansordonnancefr.com viagrasansordonnancefr

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau