Garry Stewart / Be Yourself / A la recherche de son identité

 

 

 

 

 

Photos C. Herzfeld

 

Garry Stewart :

 

A la recherche de son identité

 

Voilà un chorégraphe qui a du punch... On attendait en effet de l’australien Garry Stewart une danse puissante, nerveuse, sauvage, électrisante et électrisée. On n’a pas été déçu. Toute la première partie du spectacle, très physique, fait appel aux extraordinaires qualités de ces danseurs asexués, rompus tant aux arts martiaux et à la gymnastique qu’à toutes les disciplines chorégraphiques, de la danse classique à la breakdance en passant par la danse contemporaine et le hip-hop. Un véritable festival de cascades d’une précision extrême à l’issue desquelles on se demande comment les interprètes font pour ressortir avec tous leurs abattis, intacts… Ce qui peut également étonner, c’est  que la pièce soit basée sur un thème qui ne transparaît pas du tout, tout au moins dans la première partie de cette œuvre intitulée Be your self (Sois toi-même). Or la genèse du ballet nous apprend que pour développer ce thème qui, à bien y réfléchir, n’est autre que celui de sa propre identité, le chorégraphe a non seulement fait appel à un expert en bouddhisme, Jampa Gendun, mais encore s’est plongé dans les écrits du philosophe écossais du 18ème siècle David Hune, pour finalement aboutir à cette idée pour le moins curieuse - c’est en tout cas ce que l’on constate en analysant le spectacle - que, pour être soi-même, il faut retomber en enfance ou, du moins, garder son âme d’enfant et se livrer à des divertissements, luttes, combats, voire joutes, à l’instar des jeux du cirque inventés dès la plus haute antiquité pour distraire tant le peuple que ses dirigeants… Or, être soi-même ne consiste sans doute pas seulement à dominer ou écraser les autres, encore que… 

Mais Be your self va fort heureusement bien au-delà. En effet, Garry Stewart s’est aussi entouré, dans la réalisation de ce spectacle, de deux célèbres architectes new-yorkais, Diller et Scofidio, d’un photographe, Chris Herzfeld, ainsi que d’un scénographe, Charles Renfro.  Ces quatre compères ont conçu un dispositif scénique amovible étonnant, sorte de dune évolutive blanc moiré qui permet aux danseurs de ne laisser émerger qu’une partie de leur corps, souvent seulement les membres, lesquels se détachent du tronc, s’assemblent ou se désassemblent pour mieux se reconstituer ensuite comme par magie au gré des sons, - souffles, halètements, grincements, craquements, grésillements électriques - savamment distillés par Brendan Woithe, et qui ne sont pas sans évoquer les Variations pour une porte et un soupir de Pierre Henry. Dans cet espace intemporel, des lumières stroboscopées et des projections géométriques mouvantes du plus bel effet sillonnent comme un courant électrique ce plan incliné, dessinant des images serpentesques colorées qui vont finalement réunir et donner vie à ces fragments de corps, leur conférant à nouveau l’identité qu’ils avaient perdue.

J.M. Gourreau

Be Yourself / Garry Stewart, Théâtre de la Ville, Février 2010.

 

Prochaines représentations :

-         Martigues, Théâtre des Salins, 15 et 16 Mars 2011 

-         Annecy, Bonlieu, 22 et 23 Mars 2011 

 

 

 

Commentaires (1)

1. Spectacle enfants (site web) 18/08/2011

C'est un formidable spectacle, Garry Stewart est un sacrè phénomène et ses réalisations sont bourrées de talent.

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