Gilles Verièpe / She-mâle / Le penchant masculin de la femme

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Gilles Verièpe :

Le penchant masculin de la femme

 

A bien y réfléchir, tous les travers mais aussi les bons côtés de l’homme se retrouvent chez la femme, certains exacerbés, d’autres plus ou moins contenus, d'autres encore inexprimés, ce en dehors de leur propre personnalité féminine. She-mâle questionne cette part de masculinité dans l’univers féminin, sous l’œil bien sûr de Gilles Verièpe. Si l’œuvre met en avant le côté naturellement efféminé du sexe dit faible également présent chez l’homme, elle relève aussi certaines pulsions plus spécifiquement masculines mais qui étreignent certaines de nos compagnes et qui les rendent dominantes. Verièpe a d’ailleurs particulièrement bien mis ce côté en valeur : d’entrée de jeu, on remarque, pratiquement sans qu’elles se soient mis en avant, celles qui sont plus dominatrices que les autres, rien que par leur présence, leur allure, leur attitude, leur regard qui interpelle le spectateur, qui le dévisage, comme pour lui prouver leur force de caractère. Et bien évidemment, c’est sur celles-ci que notre œil va s’attacher, c’est sur celles-ci que notre regard va préférentiellement porter.

Ces sept femmes sont cependant toutes bien typées et réellement remarquables, chacune dans sa singularité, qu’elles soient mères, amies, amantes, domestiques, gouvernantes, cheffesses ou, tout simplement, femmes. Rien ne semble exagéré dans leurs attitudes, même si celles-ci peuvent parfois surprendre, peut-être parce que le chorégraphe s’est davantage attaché à elles : je pense notamment aux attitudes de domination ou de soumission qui nous ramènent brutalement à la réalité des faits que l’on peut observer dans l'existence : c’est tout de même difficilement soutenable, au moins pour un homme, de voir une femme au sol mise à mal, rudoyée, tabassée par ses congénères et traînée comme un paquet de linge sale, même si c’est parfois l’exacte et triste réalité des choses, même si l’on sait que, dans les classes moyennes, les femmes peuvent se comporter entre elles comme de véritables bêtes sauvages, sous couvert de la colère ou de la jalousie. Et là, incapables de se maîtriser, elles peuvent devenir bien plus hargneuses, cruelles, sadiques et diaboliques que les hommes.

Fort heureusement, ce côté violent, vengeur et rancunier particulièrement expressif, s’il frappe l’imagination, n’est de loin pas le seul à être mis en valeur dans cette pièce. Verièpe s’est en effet également attaché à mettre en avant, soutenu par la musique grave et profonde de Julien Carillo, leur douceur et leur intériorité qu’elles cachent bien souvent et qui font leur force.

J.M. Gourreau

Verriepe p1000130She-mâle / Gilles Verièpe, Théâtre de Rungis, 24 mars 2015. Dans le cadre de la 18è Biennale de danse du Val-de-Marne.

Gilles Verièpe / She-mâle / Théâtre de Rungis / Mars 2015

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