Hofesh Schechter / Cult, Fragments, Disappearing act / Une danse dans l'urgence fort attachante

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Photos Victor Frankowski

Hofesh Schechter:

Une danse dans l'urgence fort attachante

 

Fils spirituel d'Ohad Navarin, Hofesh Schechter ne déroge pas à sa ligne de conduite depuis 2003. Et ce que j'écrivais dans ces mêmes colonnes en février 2012 à propos de Uprising et de The art of not looking back  reste de ce fait toujours d'actualité et s'applique pareillement aux œuvres qu'il nous est donné de voir aujourd'hui: même écriture alambiquée et torturée, même gestuelle physique et sauvage scandée par des bruitages, pulsions ou martèlements aussi réguliers qu'assourdissants, même débauche d'énergie chez les danseurs au service d'une gestuelle disloquée et de courses effrénées toujours parfaitement contrôlées, mêmes éclairages violents et contrejours brutaux qui surprennent, voire dérangent...

Une ligne de conduite on ne peut plus évidente comme l'on a pu en juger après avoir goûté les trois pièces inscrites au programme, les deux premières, Fragments et Cult datant respectivement de 2003 et 2004, donc de ses débuts comme chorégraphe, et Disappearing act, créée cette année. Si Fragments évoque  les relations parfois difficiles au sein d'un couple, Cult met en scène de façon fort réaliste les jeux de pouvoir et leurs conséquences. Curieusement, c'est peut-être Disappearing act l'œuvre la plus sage, la plus attachante aussi, de par le parfum de mystère qui s'en dégage, de par sa structure moins sophistiquée, de par la jeunesse qui émane de ses huit très jeunes interprètes. Il s'agit en fait ni plus ni moins que d'une sorte de sabbat, d'une danse tribale qui attire et qui inquiète tout à la fois, d'une danse dans l'urgence comme si cette horde d'exécutants courait après le temps, devant se presser pour arriver à son but ultime. En fait, Hofesh Schechter semble toujours être dans l'urgence, comme s'il avait peur de lasser son public. Sa danse frénétique, impulsive, tarabiscotée est cependant fort attachante, voire poignante car elle vous embarque dans un maelström d'images et de sons dont il est difficile de sortir. Et, finalement, la fin du spectacle arrive alors que l'on a l'impression qu'il vient à peine de commencer...

J.M. Gourreau

Cult, Fragments, Disappearing act / Hofesch Schechter, Théâtre des abbesses, Paris, du 4 au 20 mai 2015.

des Abbesses, du 4 au 20 mai 2015.

Hofesh Schechter / Cult Fragments Disappearing act / Théâtre des abbesses / Mai 2015

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