Hofesh Schechter / Uprising / The art of not looking back / Théâtre des Abbesses

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Photo Ben Rudick

 

 

 

 

                     Photo M. Andrews                                                                                                                      Photo Dee Conway

 

Hofesh Shechter :

Une énergie libératrice

 

Il est sur tous les fronts. Après avoir présenté son étonnant Violet Kid avec le Cedar Lake Contemporary Ballet dernièrement à Créteil, le voilà cette fois avec sa propre compagnie au Théâtre des abbesses à Paris avec deux œuvres qui se complètent tout en s’opposant : Uprising qui avait été donné en février 2010 au Théâtre de la Ville (voir article sur ce site à cette date) et une création de 2011, The art of not looking back.

Uprising est une pièce très intense, toute en contrastes, qui met en scène sept hommes à la gestuelle physique et sauvage, scandée par des pulsations ou martèlements réguliers, parfois assourdissants, auxquels sont surajoutés des bruitages électroniques révélant un musicien rompu à la musique rythmique : à ses débuts à la Batsheva Dance Company en effet, on retrouve Hofesh Shechter percussionniste et batteur pour Ohad Naharin ! Les musiques qui accompagnent aujourd’hui ses chorégraphies, qu’elles soient ou non composées par lui-même, sont d’ailleurs toujours très cadencées, électrisantes, conférant aux danseurs une énergie étonnante. D’où ces courses effrénées mais toujours parfaitement contrôlées, réglées comme par un métronome ; leur puissance et leur énergie viennent en partie des ensembles agencés en légion, qui alternent avec des passages plus lents confiés à des solistes, souvent mis en valeur dans un cercle de lumière, eux aussi animés d’une grande violence intérieure. Autre caractéristique de l’art d’Hofesh Shechter, la mise en scène d’une atmosphère cinématographique sombre, glauque, souvent brumeuse, entrecoupée de contre-jours saisissants.

The art of not looking back, de la même veine, est cette fois, dévolu à six danseuses, elles aussi sous « haute tension », qui laissent littéralement déborder leur énergie intérieure jusqu’à l’hystérie la plus totale. Une gestuelle dans l’urgence, électrisante et torturée, toutefois entrecoupée de pauses permettant de se reprendre et respirer, sur une musique tonitruante tout aussi rythmée, entrecoupée d’impressionnants hurlements et cris déchirants. Des pantins désarticulés dans la lumière blafarde, semblant par instants atteints d’une agitation épileptiforme désordonnée évoquant la tristement célèbre danse de Saint-Guy, se libérant brutalement de leurs démons. Impressionnant autant qu’hypnotisant.

J.M. Gourreau

Uprising et The art of not looking back / Hofesh Shechter, Théâtre des Abbesses, du 14 au 29 Février 2012.

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