Hommage à Jérôme Robbins / Palais Garnier / On attendait mieux...

                                                                                                                                                   

Hommage à Jérôme Robbins :

 

On attendait mieux...

 

 En sol / J. Robbins                                                                          Triade / B. Millepied

Photos S.Mathé                                                                                                                                                                                                                                       

Lorsque des ballets comme En Sol n’ont ni thème ni argument, ils doivent être impérativement exécutés avec une rigueur sans faille. Ce qui n’était malheureusement pas le cas pour la dernière représentation de l’œuvre, le 8 mai dernier. Son premier mouvement tout particulièrement pêchait par une exécution trop approximative dans ses ensembles, bras et jambes des danseurs du corps de ballet n’étant, tant s’en fallait, pas toujours au même niveau... Ce n’était peut-être qu’un problème d’échauffement car le troisième mouvement fut à la hauteur de ce que l’on pouvaiattendre du corps de ballet de cette « Grande Maison ». Déception d’ailleurs bien vite oubliée, tant Emilie Cozette que Florian Magnenet, qui en étaient les deux solistes, firent preuve d’une sensibilité et d’une légèreté extraordinaires, remportant un triomphe bien mérité.

Etait-il judicieux d’inscrire, dans un hommage à Robbins, une œuvre de Benjamin Millepied ?

Triade donna en effet l’impression d’être le vilain petit canard de la soirée, tant son style était différent de celui des ballets de Robbins. Certes, Benjamin Millepied a bien été l’élève de ce maître, certes son univers lui est familier, mais cette œuvre, créée en 2008 sur cette même scène, se démarque totalement, par son style alambiqué, des autres pièces inscrites au même programme. Il n’en reste pas moins qu’elle fut interprétée de façon magistrale, entre autres, par Marie-Agnès Gillot, Dorothée Gilbert, Vincent Chaillet et Nicolas Paul.

In the night est peut-être l’œuvre la plus connue de Robbins, du moins la plus dansée sur la scène du Palais Garnier. Là encore, les interprètes se révélèrent parfaits chacun dans leur rôle, en particulier Mélanie Hurel et Mathias Heymann, un couple d’une légèreté et d’une aisance remarquables, éthéré à souhait, et Delphine Moussin, accompagnée par Stéphane Bullion, tous deux empreints d’une grande délicatesse et d’un romantisme exacerbé.

La soirée se terminait par une des pièces fétiches de Robbins, The concert, pochade désopilante qui relate les heurts et malheurs que peuvent rencontrer les interprètes d’un ballet au cours de sa représentation sur scène, et dans laquelle le chorégraphe a dû autant se faire plaisir à la réaliser que les interprètes à l’exécuter. Un bijou particulièrement apprécié dans un écrin de pourpre et d’or.


J.M. Gourreau

 

En sol, In the night et The concert / Jérôme Robbins, Triade / B. Millepied, Opéra Garnier, Mai 2010.

Commentaires (1)

1. mimylasouris (site web) 21/08/2010

Je savais bien que je devais arriver quelque part sur un point de désaccord. Non tant sur Emilie Cozette, qui ne m'a pas emballée (ce n'était pas la même représentation, bénéfice du doute), que sur la pièce de Benjamin Millepied qui m'a bien davantage enthousiasmée qu'En sol (The Concert est hors comparaison en raison de sa veine comique). Certes plus sombre que le reste de la soirée (In the night est plein d'étoiles), les solo, duo, trio, quatuor tricolores m'ont fascinée par leurs gestes toujours intelligents et incisifs. Bon, bon, je retourne bavarder sur mon propre blog ^^

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