Irina Lyakhovskaya et Timofey Kuljabin / Bez Slov / Un théâtre dansé ludique

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Photos J.M. Gourreau

 

 

Irina Lyakhovskaya et Timofey Kuljabin :

 

Un théâtre dansé ludique

 

L’amour, c’est un sport, surtout quand

il y en a un des deux qui ne veut pas…

Jean Yanne

 

Il en faut de l’imagination pour décliner, durant plus deux heures, l’amour sous toutes ses facettes ! La chorégraphe russe Irina Lyakhovskaya et le jeune metteur en scène Timofey Kuljabin en ont sans doute à revendre si l’on en juge par le spectacle Bez Slov qu’il viennent de présenter sur la scène de l’Espace Culturel André Malraux du Kremlin Bicêtre, dans le cadre de la 3ème édition du festival des cultures russes et russophones RussenKo. Fondateurs du Théâtre académique dramatique de Novossibirsk, " le Flambeau rouge ", ces deux artistes se produisent pour la première fois en France. Leur spectacle, mélange de danse contemporaine, de théâtre et de mime s’avère gai, inventif et d’une irrésistible drôlerie, bien que s’essoufflant un peu à l’issue de l’œuvre, ce que l’on peut aisément comprendre. Huit joyeux drilles, quatre hommes et quatre femmes, se mettent en effet en devoir, dans les trois parties qui composent la soirée, de montrer le bonheur et les bienfaits que peuvent provoquer les flèches de Cupidon mais aussi tout ce qui peut survenir lorsque l’amour s’émousse, et ce, sur divers chants et mélodies populaires françaises ou anglaises de la Belle époque (Ne me quitte pas...), voire sur des airs d’amour célèbres du répertoire classique.

La première partie, est consacrée aux approches séductrices : regards en coin, indifférence feinte, sensualité exacerbée, baisers volés, caresses timides, enlacements… inconvenants... Tout le registre de la séduction y passe. Les gags succèdent aux gags. On rit de bon cœur. On s’y croit presque. Au blanc et au jaune succède le rouge. La flamme, alors, est déclarée ! Les étreintes se font plus violentes et la passion dévastatrice, les caresses ont perdu de leur tendresse pour devenir sauvages et osées, les situations embarrassantes et comiques abondent, tout cela étant évoqué sur un ton badin, dans un style presque comédie musicale. Par moments, on n’est pas loin du grand guignol. La dernière partie de l’œuvre est noire. Les crises de jalousie poussent au crime. Les amoureux sont éconduits sans tambour ni trompette. Adieu, mon rêve, l’amour se révélant cruel et sans pitié ! Un très émouvant final sur un des plus grands airs de Madame Butterfly de Puccini nous ramène à la brutale réalité de la vie, mais on a passé un très bon moment.

J.M. Gourreau

 

Bez Slov / Timofey Kuljabin et Irina Lyakhovskaya, Le Flambeau rouge, Centre Culturel André Malraux, Le Kremlin Bicêtre, 28 Janvier 2012.

Irina Lyakhovskaya et Timofey Kuljabin / Bez Slov / Le Kremlin Bicêtre / Janvier 2012

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