Jean-Baptiste André / Qu'après en être revenu / Une fusion laissant encore à désirer

Jean-Baptiste André :

 

 

 

Une fusion laissant encore à désirer

 

L’idée de rencontre entre deux arts du mouvement est toujours excellente du fait de l’apport réciproque de l’un à l’autre, en l’occurrence de la danse au cirque, et inversement, les deux disciplines pouvant harmonieusement se compléter, comme on a déjà pu le voir à plusieurs reprises. Mais voilà : on ne s’improvise pas chorégraphe comme on ne s’improvise pas non plus metteur en scène, compositeur ou librettiste. Même si l’on a parfaitement assimilé les techniques mettant en œuvre ces divers arts.

Et c’est là le problème survenu à Jean-Baptiste André, circassien diplômé du Centre national des arts et du cirque, spécialiste ès équilibres sur les mains, danseur-interprète entre autres chez Philippe Découflé, Herman Diephuis, Christian Rizzo ou François Verret. Si ce jeune artiste se révéla en effet capable d’enchaîner harmonieusement de très belles figures d’équilibre, celles-ci en revanche n’en constituaient pas pour autant une chorégraphie digne de ce nom du fait de leur lassante répétitivité, leitmotiv dont la monotonie fut quasiment sans appel.

Rien pourtant au départ ne laissait présager un tel écueil. Et surtout pas pas son argument, particulièrement alléchant. L’idée en effet était d’amener trois êtres aussi solitaires que dissemblables à se rencontrer et parvenir, grâce à leur courage et à leur ténacité, à une sorte de fusion à l’issue d’un voyage commun vers une terre immaculée et rêvée. Sujet qui avait en outre le mérite de faire appel à plusieurs disciplines artistiques pour les aiguiller vers le même chemin. Le début de l’œuvre mit parfaitement en exergue le caractère des trois protagonistes, chacun avec sa spécificité. Mais le vocabulaire utilisé s’avéra très vite manquer de diversité, les mêmes images – roulades, spirales, pirouettes, vrilles, saltos et diverses autres figures de cirque – faisant souvent l’objet d’enchaînements serrés, bien que l’œuvre progressât régulièrement et inéluctablement vers la fusion des corps. Dommage car, par instants, la fusion de deux puis des trois corps avait quelque chose de magique, voire de fascinant, que l’on n’avait pas coutume de voir dans les différents spectacles chorégraphiques qui nous ont été servis ces dernières années.

 

J.M. Gourreau

 

Qu’après en être revenu / Jean-Baptiste André, Grande halle de la Villette, dans le cadre du Festival Hautes tensions, Avril 2011.

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