José Montalvo / Y Olé ! / Plongeon dans son enfance

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Photos P. Berger

 

 

 

José Montalvo :

Plongeon dans son enfance

 

Sa générosité et son charisme sont incommensurables. Il se bat sur tous les fronts pour abolir les barrières entre les peuples, les engager à fraterniser; leur offrir la liberté, leur révéler les beautés cachées de la nature pour mieux les protéger... Montalvo est en effet un homme réellement étonnant et sa dernière création, Y Olé! en est le reflet. C'est un spectacle qui célèbre la vie dans une atmosphère de fête, un diptyque qui, curieusement, juxtapose des œuvres qui n'ont entre elles rien de commun, tel ce Sacre du printemps à la sauce flamenco dans lequel les castagnettes et le claquement des talons du zapateado remplacent par instants les percussions rythmées de Stravinsky, Sacre suivi d'une espagnolade plus poétique et plus profonde dans laquelle le chorégraphe évoque des scènes de son enfance et le souvenir de son père, Andalou de Jaén.

Pourquoi cet étonnant, voire détonnant et déroutant mélange de genres? Tout simplement parce que la vie est ainsi faite, parce que ce chef d'œuvre musical et chorégraphique qu'est le Sacre a toujours fasciné José Montalvo, et ce, depuis son enfance, le suivant partout, à tout moment. Il faut dire aussi que ce chorégraphe aime tout particulièrement juxtaposer les objets avec des éléments qui n'ont strictement aucun rapport entre eux, comme il a pu le montrer à diverses reprises au cours de son œuvre. Y Olé lui remémore les fêtes des années cinquante où, tout gamin encore, il s'éclatait dans ces grandes fiestas d'automne fréquentées par tous les peuples méditerranéens à l'issue des vendanges notamment. "Je veux célébrer la jouissance de chanter et de danser," confiait-il à ses danseurs au cours de la création du ballet. Une troupe multinationale à laquelle il a adjoint des chanteurs et danseurs de Séville et de Cordoue... Eblouissants, soit dit en passant...Et, bien sûr, la danse flamenco va s'acoquiner avec le hip-hop tout en faisant un clin d'œil à la danse classique et aux danses de caractère...  Un mélange de styles surprenant mais loin d'être déplaisant, bien au contraire, de plus servi par un vocabulaire aussi varié qu'original... Extravagances que l'on retrouve d'ailleurs dans le décor brossant entre autres un arbre fleuri le houppier en bas et les racines en l'air, perdant en pluie ses fleurs, leurs pétales s'élevant comme par magie vers le ciel... Délire surréaliste en hommage au peintre catalan Salvador Dali? Valencia il est vrai n'est pas si loin que cela de Figueras...

Mais ce qui retient davantage l'attention dans ce spectacle, c'est cette ode à la vie, cette envie, voire ce besoin de danser qui anime tous les exécutants, quelles que soient leurs aptitudes et compétences. Un mixage du plus heureux effet émaillé de chansons que Montalvo fredonnait durant son enfance et qui donnent chaud au cœur.

J.M. Gourreau

Y Olé ! / José Montalvo, Théâtre National de Chaillot, du 17 juin au 3 juillet 2015.

José Montalvo / Y Olé ! / Théâtre de Chaillot / Juin 2015

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