Josef Nadj / Atem, le souffle / Esotérique et mystérieux

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Photos S. Charrier

Josef Nadj :

 

Esotérique et mystérieux

 

Un huis-clos, terriblement oppressant, au sein duquel se trouvent deux êtres, un homme en noir, sans visage, fantomatique et inquiétant, et une jeune et belle femme en blanc, d’une pâleur de la mort. Un indéfinissable parfum de mystère sourd de cette boîte noire d’à peine quatre mètres sur trois, partiellement ouverte vers les spectateurs, truffée de portes dérobées, lucarnes cachées, passages secrets et autres trappes, favorisant les multiples apparitions et disparitions qui vont survenir tout au long du spectacle. Une étrange chambre, seulement éclairée par les quatre bougies d’un candélabre, au sein de laquelle évoluent durant près d’une heure et demie ces deux personnages, Josej Nadj lui-même et  la fabuleuse Anne-Sophie Lancelin que l’on avait déjà pu voir dans l’œuvre précédente du chorégraphe, Cherry-Brandy. Un va-et-vient énigmatique qui semble cependant centré autour d’un simple bâton, lien entre ces deux êtres qui paraissent se chercher sans parvenir à se trouver, mais desquels émane une indéfinissable attirance, à mi chemin entre le désir et l’amour. Deux être hors du temps, dotés de pouvoirs surnaturels et magiques qui nous font presque peur. Il ne se passera pourtant rien de réellement tangible, comme si le chorégraphe n’avait cherché qu’à tenir en haleine le spectateur en lui faisant partager quelques visions plus ésotériques les unes que les autres, dans le seul et unique but de faire ressurgir du tréfonds de notre mémoire, les images de certains contes qui, enfants, ont pu nous angoisser, voire même nous tourmenter. Ainsi peut-on voir au début de la pièce, Anne-Sophie Lancelin s’emparer, après la disparition mystérieuse de son inquiétant ange gardien, d’un balai évoquant indéniablement celui des sorcières d’Harry Potter ou celles des contes de fée de notre enfance…

En fait, la clé de ce spectacle est une gageure imaginée par la productrice de la quadriennale de Prague, Milena Stoicevic, qui avait proposé, entre autres à Josef Nadj, de réaliser un spectacle dans une boîte de quatre mètres sur quatre, et de le produire durant quatre heures par jour… Défi bien évidemment relevé par le chorégraphe et qui donna naissance à Atem, terme allemand qui signifie le souffle, issu d’un poème de Paul Celan qui a servi de base à ce spectacle, lequel, à sa création, pouvait être observé par les spectateurs au travers d’un mur vitré ! D’autres idées ont cependant préludé à ce spectacle, en particulier la célèbre gravure Melancholia d’Albrecht Dürer, peut être un autoportrait que le peintre de Nüremberg réalisa en 1515, et qui hantait le chorégraphe depuis sa plus tendre enfance. Bref, un univers dans lequel on retrouve avec un immense plaisir le Nadj prestidigitateur et magicien, grand pourvoyeur de mystères et d’énigmes, qui nous avait émerveillé à ses débuts.

J.M. Gourreau

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Melancholia  / A. Dürer

Atem, le souffle / Josef Nadj, Le Centquatre, Paris, du 3 au 28 avril 2012.

Josef Nadj / Atem le souffle / Le Centquatre Paris / Avril 2013

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