Josef Nadj / Paysage inconnu / Un indéfinissable parfum de mystère

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Photos S. Charrier

Josef Nadj :

Un indéfinissable parfum de mystère

 

Il ne cessera jamais de nous surprendre, laissant toujours planer un évanescent parfum de mystère. Les énigmes que Josef Nadj nous livre, émaillées de métamorphoses, de transformations, de mutations en tout genre ont cependant toutes trait aux évènements qui ont baigné son enfance, aux paysages qu’il a traversés, aux images qui lui restent après avoir tout oublié, comme s’il voulait les faire ressurgir pour les revivre avant de nous les faire partager. Paysage inconnu est un nouveau volet de cette saga qui se déroule toujours dans les contrées de son enfance, ces mornes plaines de Voïvodine, en ex-Yougoslavie, étrange terrain de jeu visuel et sonore au sein duquel on retrouve les thèmes chers au chorégraphe, entre autres le dédoublement de la personnalité et l'homme aux prises avec la mort. En fait, cette œuvre s’avère dans le prolongement de deux pièces précédentes, Journal d’un inconnu, créé en 2002 pour la Biennale de Venise, et Paysage après l’orage, créé en 2006 pour le Festival d’Avignon. On y retrouve le chorégraphe aux prises avec lui-même, face à une nature dévastée voire exsangue, aussi sobre que sombre, dans des situations ubuesques habilement suggérées par l'envoûtante musique du hongrois Akosh Szelevenyi et du français Gildas Etevenard. Leur partition fait appel à toutes sortes d’instruments aussi bizarres qu'étranges, tels ces trois vieilles baignoires qui, après avoir été détournées de leur usage initial, ont retrouvé une nouvelle jeunesse une fois intégrées à la mise en scène. Par instants d’ailleurs, l’osmose entre musiciens et danseurs est telle que les premiers interfèrent avec beaucoup de bonheur dans le jeu des seconds et vice-versa. Il ressort de cette confrontation avec Ivan Fatjo et les deux musiciens un autoportrait fort attachant dévoilant de nouvelles facettes de ce singulier personnage aux basques poussiéreuses, toutefois difficilement déchiffrables de prime abord si l'on ne fait pas référence à l'ensemble de son œuvre.

J.M. Gourreau

Nadj 01Paysage inconnu / Josef Nadj, Le Cent-quatre, Paris, du 17 au 25 septembre 2014.

Josef Nadj / Paysage inconnu / Cent-Quatre / Septembre 2004

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