Julie Nioche / Voleuse / Des pales assassines

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Ph. A. Rizza

 

 

Julie Nioche :


Des pales assassines


Au delà de la performance, Voleuse, créée en mai 2012 au Manège de Reims, pose une grande question à laquelle la chorégraphe semble ne pas avoir pensé, à savoir celle de la survie de certaines espèces animales telles que les oiseaux soumis aux constructions toujours plus dérangeantes de l’Homme face à la nature. Car, ce que nous montre en fait Voleuse, c’est une confrontation des corps de quatre danseuses à un espace mouvant potentiellement dangereux, en l’occurrence une gigantesque hélice qui s’élève et s’abaisse dans un lieu relativement restreint au sein duquel les interprètes évoluent. Et si ces dernières semblent jouer avec les énormes pales de la machine, leur résister, les dompter, se les approprier, les défier, elles restent en même temps pleinement conscientes du danger qu’elles représentent, ces lames pouvant à tout moment leur couper la tête en les happant dans leur tourbillon. Une confrontation de l’Homme avec la machine qui méritait d’être évoquée, au delà de la fascination hypnotique qu’elle peut provoquer.  
Mais l’on ne peut alors s’empêcher de penser à un problème que, bien souvent, on ignore et dont seuls quelques naturalistes ont actuellement pris conscience, celui des mortalités massives engendrées par les éoliennes sur les oiseaux et chauve-souris qui vivent et évoluent dans les zones où elles ont été édifiées. En voulant bien faire, l’Homme s’efforce chaque jour de mettre au point de nouveaux instruments et de nouvelles technologies pour améliorer son confort et son existence. Les éoliennes ont été conçues pour accroître la production de courant dont nous avons de plus en plus besoin. Mais il n’évalue pas toujours immédiatement les effets secondaires des inventions ou produits qu’il crée. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le délai pour voir apparaître sur le marché un nouveau produit est si long. Or, il faut savoir que les éoliennes, conçues exactement sur le même principe que l’hélice réalisée par la scénographe Virginie Mira pour le spectacle, décapitent chacune, suivant l’endroit où elles ont été disposées, plusieurs centaines de représentants de la gent ailée par an, espèces pour d’aucunes en voie de disparition. Une hécatombe dont on aurait bien pu se passer…

J.M. Gourreau


Voleuse / Julie Nioche, Théâtre de la Cité Universitaire, du 9 au 18 Novembre 2012, dans le cadre de "New Settings 2012", un programme de la fondation d’entreprise Hermès.

Julie Nioche / Voleuse / Théâtre de la Cité Internationale / Novembre 2012

Commentaires (1)

1. Un oiseau passant par là 24/11/2012

Je ne peux m'empêcher de réagir à la deuxième partie de votre texte qui m'a quelque peu choquée. Premièrement les éoliennes ne sont pas là pour accroitre la production d'électricité mais pour remplacer des moyen de production d'électricité qui sont polluants et très dangereux comme le nucléaire et les énergies fossiles, pétrole etc.
Deuxièmement, les dégâts causés par des éoliennes sur les oiseaux sont à prendre en compte mais il ne faudrait pas non plus grossir le tableau inutilement : je vous conseille de lire à ce sujet le dernière partie du site de la LPO >> "Le taux de mortalité varie de 0 à 60 oiseaux par éoliennes et par an...A titre de comparaison, le réseau routier serait responsable de la mort de 30 à 100 oiseaux par km, le réseau électrique de 40 à 120 oiseaux par km…"
http://www.eolien-biodiversite.com/contenu/,eoliennes-et-oiseaux,21

Bien à vous,

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