Julien Derouault / Le temps brûle / Les diables verts / One man show

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Photos R. Gil

Julien Derouault :

 

One man show

 

A chacun son show : pour Marie-Claude Pietragalla, ce fut, il y a quelque temps, La tentation d’Eve ; pour son compagnon, Julien Derouault, c’est aujourd’hui Le temps brûle. Un spectacle totalement atypique, hybride, mêlant les genres avec bonheur, une sorte de poésie dansée dont le point de départ est un poème d’Aragon datant de 1960, La nuit des jeunes gens. Une œuvre étrange, intemporelle, mystique, voire fantasmagorique, dans laquelle le poète évoque les nuits de son passé. Une pièce qui laisse une large part à l’improvisation et dans laquelle la danse ne fait qu’illustrer la poésie, tout comme la musique jazz du trompettiste virtuose David Enhco et l’étonnante composition électro hip hop de Malik Berki qui s’appuie sur des bruits de rue les plus divers. Un spectacle qui s’éloigne et se démarque donc des œuvres chorégraphique traditionnelles dans lequel les amateurs de danse risquent de ne pas trouver tout à fait leur compte car, sur les cinq artistes en scène, seul Julien Derouault est danseur et, aussi… récitant ! Un homme orchestre qui, certes, ne se départit pas de ses atouts de danseur mais qui, de ce fait, se trouve contraint de garder un peu de souffle pour son rôle théâtral…

Cela dit, cette pièce ne s’inscrit pas à proprement parler dans le cadre de la « Pietragalla Compagnie » mais dans celle des « Diables verts », fondée en 2010 par Julien Derouault et trois jeunes musiciens prodiges, le pianiste Clément Simon, le trompettiste David Enhco, le DJ issu de la scène électro et du hip hop, Malik Berki. Leur a été associé un graphiste et manipulateur d’objets, Marcel Bataillaud, qui illustre, par ses projections sur un écran en fond de scène, les propos du poète. Marie-Claude Pietragalla quant à elle n’intervient dans le spectacle que comme metteur en scène. L’intérêt de l’œuvre réside donc avant tout dans son éclectisme, chacun des artistes ayant bien trouvé sa place et mettant parfaitement en valeur son art, même si Julien Derouault, un peu à l’étroit sur la scène, ne peut réellement exploiter sa virtuosité et ses atouts. Mais il n’en reste pas moins un spectacle agréable tant à l’œil qu’à l’oreille, plein d’entrain et d’allant.

 

J.M. Gourreau

 

Le temps brûle, par les Diables verts, Piétragalla Compagnie, Espace Pierre Cardin, Paris, mars 2012. 

Julien Derouault / Le temps brûle / Les diables verts / Espace Cardin / Mars 2012

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