Julien Lestel / Corps et âmes / La relève

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Photos Lucien Sanchez

 

Julien Lestel :

La relève

 

Non, la danse classique ne se meurt pas à petit feu dans notre douce France, bien que les compagnies dans ce domaine se comptent aujourd’hui sur les doigts de la main, et que les chorégraphes se fassent plus rares encore ! Mais il arrive que certains jeunes loups aient le courage de tenter de se frayer un chemin… et de sortir de l’ombre ! Souvenez-vous, c’était au Théâtre des Champs Elysées, lors du gala des Etoiles du XXIème siècle, le 21 septembre 2012 : deux jeunes danseurs, Julien Lestel et Gilles Porte, se distinguaient par un duo, Les Âmes Frères, qu’ils avaient créé quatre ans plus tôt mais qui n’avait pas eu l’heur d’être remarqué à sa juste valeur jusqu’alors. Un tremplin qui valut à Julien Lestel une reconnaissance méritée, comme on vient de le voir à l’Opéra de Massy où les spectateurs n’ont pas boudé leur plaisir à l’issue de la représentation de Corps et Âmes. Un spectacle néoclassique d’une originalité, d’une beauté et d’une fluidité époustouflantes, dans lequel, à l’instar d’un Thierry Malandain, on retrouve parfois une petite note de danse contemporaine et, même, de tango argentin ; un ballet sans réel argument, entièrement réglé sur des musiques très éclectiques du compositeur Karol Beffa, musicien franco-suisse d’origine polonaise, docteur en musicologie, par ailleurs philosophe, historien et diplômé de Normale Sup. où il est en outre maître de conférences… Un parcours tout aussi étonnant que celui de Julien Lestel qui entre à l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris à 11 ans sans pouvoir en suivre totalement la scolarité du fait d’une stature jugée insuffisante, taille qu’il acquiert cependant quelques mois plus tard lors de son entrée au Conservatoire National Supérieur de danse de Paris, d’où il ressort au bout de trois ans avec un premier prix. Engagé en tant que danseur-étoile au Ballet National de Marseille, il s’essaye à la chorégraphie, y prend goût et fonde sa compagnie en juillet 2006. A l’heure actuelle, ce jeune chorégraphe, en résidence à l’Opéra de Massy pour 3 ans, n’a pas créé moins de six ballets, d’essence néoclassique bien sûr, qui se caractérisent, à l’instar de Corps et Âmes, par une très grande musicalité, une recherche systématique de la beauté des lignes et de l’expressivité du geste, ainsi que par une légèreté et une délicatesse se rapprochant de l’immatérialité chère aux Romantiques. Il se dégage en outre de Corps et Âmes une grande émotion, peut être due au fait que le chorégraphe y a mis toute son âme. Il faut préciser qu’il est servi par une dizaine de danseurs exceptionnels, rompus aux disciplines tant classiques que contemporaines. Si certains mouvements peuvent sembler parfois un peu athlétiques, voire tarabiscotés, ils sont toujours parfaitement au diapason de la musique et empreints d’une certaine douceur et d’une grande humanité. Il faut également souligner que ces pièces doivent une partie de l’aura qu’elles dégagent au talent de Max Haas qui les a nimbées de prodigieuses lumières et d’éclairages nuancés savamment distillés. Tout serait parfait si les danseurs dans leurs ensembles faisaient preuve d’une cohésion encore plus parfaite, ce qui ne saurait sans doute tarder vu les niveaux technique et artistique de la compagnie.

J.M. Gourreau

 

Corps et Âmes / Julien Lestel, Opéra de Massy, 16 et 17 février 2013.

 

Prochaines représentations du spectacle :

- Palais des Princes, Orange, 23 novembre 2009

- Théâtre de Narbonne, Scène Nationale, novembre 2013.

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