Junior Ballet du Conservatoire National de Danse de Paris

Des Chaussées / M. Merzouki

Junior Ballet du Conservatoire de Paris :

 

Des jeunes pleins de fougue et d’entrain

 

 

Il est toujours fort intéressant et très instructif pour les amateurs de danse de pouvoir assister aux représentations du Junior ballet du Conservatoire, tant classique que contemporain car, pour ces jeunes danseurs en instance d’intégrer une compagnie, c’est souvent la première fois qu’ils présentent un spectacle parfaitement élaboré devant un public de connaisseurs ou d’ « aficionados ». En effet, les conditions dont ils bénéficient, tant techniques qu’artistiques, sont généralement excellentes, et ces jeunes artistes font bien évidemment le maximum pour se présenter sous leur meilleur jour, sachant qu’il peut y avoir un directeur de compagnie à la recherche d’interprètes dans la salle… Le Conservatoire National de Danse est en effet une pépinière de jeunes talents dans laquelle puisent, bien sûr, non seulement les chorégraphes français mais aussi les étrangers… Et puis, les programmes proposés sont généralement composés d’œuvres pleines d’allant, fort plaisantes et agréables à regarder, bien souvent peu connues du public, quand il ne s’agit pas de créations…

Cela dit, pour cette série de représentations, nos jeunes émules ont eu la chance de pouvoir bénéficier, dans Septet de Cunningham, le premier des ballets présentés, de deux jeunes pianistes du Conservatoire National de Musique de Paris. Ce qui ajoutait un « plus » nettement appréciable à l’œuvre. Ce ballet est une pièce de jeunesse rarement donnée du chorégraphe, la première qu’il présenta au public lorsqu’il fonda, en 1953, la Merce Cunningham Dance Company. S’il ne s’agit pas d’une œuvre majeure de ce pionnier de la danse moderne, elle n’en est pas moins fort intéressante car la musique de Satie, Trois morceaux en forme de poire, « colle » parfaitement à la danse, alors que, dans ses œuvres ultérieures, le chorégraphe se fera un malin plaisir à dissocier musique et danse. Mais cela reste malgré tout un ballet très difficile à interpréter et que nos jeunes danseurs ont eu malheureusement bien du mal à maîtriser…

Sunset Fratell / Gallotta

Photos L. Philippe

La seconde œuvre du programme, Sunset Fratell de Jean-Claude Gallotta, est une pièce assez sombre qui met en scène les derniers moments d’un jeune homme qui vient d’avoir un accident de scooter et dont le frère va mourir dans ses bras. Les interprètes ont ici parfaitement assimilé le style du chorégraphe, sa gestuelle ampoulée prolongée à l’infini, entrecoupée d’une certaine rudesse (mouvements de taïchi) et, surtout, sa très grande générosité, mettant bien en avant la complicité mais aussi les pointes de désaccord, voire d’hostilité entre les deux frères.

 

 

D’un tout autre style, la création de Mourad Merzouki, un des pionniers du hip-hop qui conçut pour le Junior Ballet une œuvre d’une très grande originalité confrontant jeux de jambes (et de pieds) dans le hip-hop et le contemporain. Une pièce pleine d’humour et d’une drôlerie irrésistible, même si l’on peut souligner que le thème a déjà été utilisé par le passé.

 

J.M. Gourreau

 

Septet / Cunningham, Sunset Fratell / Gallotta, Des Chaussées / Merzouki, Conservatoire de La Villette, Paris, Novembre 2009.

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