Karine Saporta / Cabaret Latin / Un monde de contrastes

 

 

Karine Saporta :

 

Un monde de contrastes

 

 Photos J.M. Gourreau

Ce qui, d’entrée de jeu frappe le spectateur, c’est cette préciosité, ce raffinement qui émanent à la fois tant des costumes du couple de danseurs qui ouvrent le spectacle que du lieu dans lequel il se trouve soudain transporté, d’un faste et d’un charme véritablement exquis, à nul autre pareil. Et puis, dès les premières notes de la Missa Criola qui ouvre le spectacle, cette chaleur, ce sentiment de plénitude et de bien-être qui l’étreignent font bientôt place au ravissement devant la beauté et la grâce langoureuse de ces danseurs dionysiaques, parfaitement à l’aise tant dans leurs mouvements que dans leurs chatoyants atours haute couture, chamarrés de pourpre. D’autant qu’ils semblent surgis comme par magie de la disparition de deux vierges qui, de la cour au jardin, veillaient religieusement de leurs alcôves sur la sérénité et la paix qui régnaient sous le chapiteau, tentant en vain de calmer les vagues de mugissements rageurs du dieu Eole qui avait précisément choisi cet instant de paix pour manifester sa colère.

Le penchant de Karine Saporta, la maîtresse de ces lieux idylliques, pour le côté latino-américain des arts est une plus qu’une évidence. Et cette œuvre, qui, en fait, est une recréation avec un nombre plus réduit de danseurs d’une pièce qui a connu un énorme succès pendant de nombreuses années, est une véritable croisière au travers des musiques et des danses d’Amérique latine, dans des lumières tamisées pleines de chaleur. Le voyage auquel nous sommes conviés nous emmène vers l’Argentine et les rythmes envoûtants du tango piazzolien et au Brésil, patrie de la samba, après avoir basculé dans la magie diabolique de la salsa, de la rumba et du boléro cubains. Avec toutefois un petit côté hispanisant qui est propre à la chorégraphe et dont elle ne peut se départir ! Un spectacle fastueux dans lequel Fridha Kahlo flirte avec Fernando Botero. Et, surtout, duquel il se dégage une couleur suave et une sensualité à nulle autre pareille, qui donnent envie d’aller sur scène rejoindre ces artistes, se mêler à leurs rythmes, leur enthousiasme, leur entrain.

On est bien loin, aux antipodes même, de cette violence apanage de ce Bal dans un couloir de fer ou de cette Carmen qui avaient fait la réputation de la chorégraphe dans les années 80 ; mais, dans ce cabaret baroque, ces rythmes qui font chaud au cœur se révèlent parfaitement de circonstance en cette période froide et neigeuse de la fin de l’année.

J.M. Gourreau

Cabaret latin / K. Saporta, Le Dansoir, Parvis de la Bibliothèque François Mitterrand, Paris, Décembre 2010.

Commentaires (1)

1. Don camilo (site web) 03/08/2011

Un très bon spectacle et très bien chorégraphié, et plein d'humour, aussi ! Un très bon moment !

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